Face à l’ampleur des réactions, la Fédération a rapidement publié un démenti, assurant que le sélectionneur était toujours en poste.
Un rétropédalage qui n’a toutefois pas dissipé le flou. Entre annonces catégoriques et communication institutionnelle, les supporters des Lions de l’Atlas restent plongés dans l’incertitude, à seulement quelques mois de la Coupe du Monde de la FIFA 2026.
Un contexte sportif sous tension
Si ces rumeurs ont pris une telle ampleur, c’est aussi en raison d’un climat sportif devenu plus exigeant. Après l’épopée historique du Mondial 2022, qui avait vu le Maroc atteindre les demi-finales, les attentes ont atteint un niveau inédit.
La dernière Coupe d'Afrique des Nations a ravivé les critiques. Choix tactiques, compositions d’équipe et gestion des moments clés ont été questionnés par une partie des observateurs et du public.
Porté par un élan populaire exceptionnel après 2022, Walid Regragui a vu son capital confiance s’effriter progressivement. Les débats télévisés se sont durcis, les réseaux sociaux se sont enflammés et la pression médiatique est montée d’un cran.
Plusieurs analyses ont pointé un manque d’adaptation dans certaines séquences décisives, une animation offensive jugée parfois prévisible et une difficulté à renouveler le discours après l’exploit mondial. D’autres critiques ont visé la gestion du vestiaire et une communication perçue comme plus défensive que fédératrice dans les moments de tension.
L’hypothèse d’une usure
Après avoir atteint un sommet historique, maintenir le même niveau d’adhésion et de performance relève d’un défi permanent. L’effet de surprise n’existe plus : les adversaires abordent désormais le Maroc avec davantage de respect, mais aussi une préparation tactique plus fine.
Dans ce contexte, l’idée d’une usure naturelle commence à circuler. Quatre années à la tête d’une sélection nationale dans un environnement aussi exposé peuvent laisser des traces. L’hypothèse d’un changement pour relancer une dynamique ou préserver l’héritage du Mondial 2022 n’apparaît plus totalement irréaliste.
Des successeurs déjà évoqués
En coulisses, malgré les tentatives d’apaisement de la FRMF, plusieurs profils sont déjà cités.
Dans une logique de continuité nationale, le nom de Tarik Sektioui revient avec insistance. Ancien international marocain, il présenterait un profil cohérent pour prolonger la dynamique d’un encadrement local.
À l’inverse, une option plus médiatique a alimenté les débats : celle de Xavi. Ancien entraîneur du FC Barcelone et figure emblématique du football mondial, il incarnerait un virage international fort. Toutefois, des contraintes personnelles et financières rendraient cette piste complexe.
Le profil de Mohamed Ouahbi attire également l’attention. Artisan du sacre mondial des U20, il symbolise la réussite du travail de formation engagé ces dernières années.
Enfin, le nom de Xabi Alonso a été évoqué. Mais son parcours, historiquement tourné vers le football de club, ainsi que les exigences financières d’un tel recrutement, compliqueraient cette option à court terme.
Un choix stratégique au-delà d’un homme
Derrière ces noms se dessinent plusieurs orientations : privilégier la continuité et l’identité nationale, opter pour un technicien international de renom ou miser sur la transition générationnelle.
Entre rumeurs persistantes, démentis fédéraux et agitation médiatique, la situation demeure floue. Une certitude toutefois : à l’approche du Mondial 2026, la FRMF ne peut se permettre une longue période d’instabilité.
Le dossier Regragui dépasse désormais la simple question d’un entraîneur. Il engage l’image, l’ambition et la stratégie du football marocain à l’aube d’un rendez-vous planétaire décisif.