« Étoffes du temps » : dialogue esthétique entre mémoire et matière au Mandarin Oriental


Rédigé par le Jeudi 30 Avril 2026

La Galerie 208 présente « Étoffes du temps » au Mandarin Oriental Marrakech, une exposition mêlant les photographies de Majida Khattari et les sculptures minérales de Soumiya Jalal. Un hommage à la condition féminine entre histoire, textile et architecture.



Dans le cadre du Mois de la photographie, la Galerie 208 investit le Mandarin Oriental de Marrakech pour une exposition exceptionnelle intitulée « Étoffes du temps », qui se tiendra du 14 mai au 15 juillet 2026. Cet événement met en lumière une rencontre inédite entre deux figures majeures de la création contemporaine : la photographe franco-marocaine Majida Khattari et l’architecte Soumiya Jalal. À travers leurs œuvres, l’exposition interroge la condition féminine en explorant les liens entre mémoire, histoire et matière.  

Majida Khattari : un retour sous le signe de la subversion  

Après une absence de la scène artistique depuis 2019, Majida Khattari revient en force avec une installation qui s’étend sur près de 1 000 m². Fidèle à son approche critique de l’orientalisme du XVIIIe siècle, l’artiste déconstruit les représentations traditionnelles de la femme dans l’art européen. Là où la peinture classique figait les figures féminines dans des postures d’exotisme passif, Khattari renverse les codes en utilisant le vêtement et le drapé comme des outils de révélation. Son travail, qui mêle dessin, mise en scène corporelle et photographie, transforme l’excès ornemental en un acte de résistance esthétique et politique.  

Soumiya Jalal : l’architecture comme langage poétique  

En dialogue avec l’approche théâtrale de Khattari, l’architecte Soumiya Jalal propose une expression plus épurée, mais tout aussi évocatrice. Formée à Paris, Jalal mêle minéral et métallique pour créer des œuvres hybrides, à mi-chemin entre sculpture et textile. Ses créations, qu’elle qualifie de « dentelles contemporaines », marient cuivre, or et argent pour donner vie à des formes organiques et sensibles. Ces structures évoquent une féminité résiliente, où la fragilité des matériaux devient une force créative et une mémoire vivante.  

Une conversation esthétique autour de la condition féminine  

L’exposition « Étoffes du temps » ne se limite pas à une simple juxtaposition d’œuvres. Elle constitue un véritable dialogue entre deux démarches artistiques complémentaires. Comme l’explique Patricia Chicheportiche, fondatrice de la Galerie 208 : « Ces deux artistes féminines engagées partagent une vision commune de la finesse et de la mémoire. Leur conversation esthétique entre textile et architecture, entre image et structure, offre une traversée poétique où le corps devient une architecture de mémoire et le temps, une matière à sculpter. »  

La Galerie 208 : un acteur clé de l’art contemporain marocain  

Inscrite dans le cadre du Mois de la photographie à Marrakech, cette exposition confirme le rôle croissant de la Galerie 208 comme plateforme incontournable de l’art contemporain au Maroc. Avec « Étoffes du temps », la galerie propose une exploration unique des liens entre Orient et Occident, passé et présent, où la condition féminine est sublimée par l’art et la matière.  

Entre les photographies subversives de Majida Khattari et les structures poétiques de Soumiya Jalal, l’exposition invite les visiteurs à une réflexion profonde sur la mémoire, l’histoire et les récits féminins, tout en célébrant la richesse et la diversité de la création contemporaine.
 




Jeudi 30 Avril 2026
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