FEC renforce son contrôle interne : une étape décisive vers une gouvernance bancaire plus solide au Maroc


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Lundi 19 Janvier 2026

Dans un contexte financier marocain de plus en plus exigeant, le Fonds d’équipement communal (FEC) s’apprête à lancer une vaste révision de son dispositif de contrôle interne. Cette démarche stratégique répond à une double ambition : se conformer aux prescriptions strictes de Bank Al-Maghrib et anticiper les risques inhérents à son rôle d’établissement de crédit spécialisé dans le financement des collectivités territoriales. À l’heure où les attentes réglementaires évoluent plus vite que jamais, le FEC mise sur l’expertise externe pour renforcer sa gouvernance et asseoir durablement sa crédibilité.



L’annonce est tombée comme un signal fort. Face au renforcement continu des exigences de gouvernance et des standards prudentiels, le Fonds d’équipement communal (FEC) du Maroc s’engage dans une révision approfondie de son dispositif de contrôle interne. Cela peut sembler technique pourtant, l’enjeu est bien plus vaste qu’un simple ajustement administratif. Il s’agit, en réalité, d’aligner l’institution sur les normes les plus avancées du secteur bancaire, y compris dans des domaines aussi sensibles que la maîtrise des risques financiers et l’efficacité des mécanismes de surveillance.
 

À Rabat, dans les couloirs de l’ancien siège d’Oudayas où le FEC a ses quartiers, l’ambiance est à la mobilisation. Plusieurs cadres rencontrés confient, sous couvert d’anonymat, qu’« un tel chantier n’avait pas été envisagé de façon aussi structurée depuis des années ». Et pour cause : l’institution, certes déjà bien équipée sur le plan des pratiques internes, reconnaît elle-même la nécessité d’une revue indépendante et approfondie, externe à son organisation, pour mettre à l’épreuve la robustesse de ses processus de contrôle.
 

L’une des pièces maîtresses de ce renforcement est la circulaire n° 4/W/2014 du Wali de Bank Al-Maghrib, qui fixe les grandes lignes du système de contrôle interne que doivent mettre en place tous les établissements de crédit marocains. Ce texte, en vigueur depuis octobre 2014, exige une adéquation du dispositif de contrôle à la taille, au profil de risque et à la complexité des activités de chaque institution. Les objectifs : prévenir les défauts de gestion, fiabiliser les informations financières, et garantir la conformité réglementaire des opérations courantes.
 

Pour le FEC dont le rôle historique est d’appuyer financièrement les communes, les provinces et les régions marocaines dans leurs projets d’infrastructures locales cet alignement réglementaire prend une dimension stratégique. Créé en 1959 et transformé en établissement de crédit spécialisé à la fin du XXᵉ siècle, il est aujourd’hui sous la supervision directe de Bank Al-Maghrib, la banque centrale marocaine qui supervise l’ensemble du secteur bancaire national.
 

Concrètement, le FEC a lancé un appel d’offres pour recruter un cabinet d’études externe. Sa mission : accompagner la Direction des risques et du contrôle permanent (DRCP) dans une restructuration profonde de ses outils et méthodes de surveillance. Il s’agit d’apporter un appui technique conforme aux meilleures pratiques bancaires modernes et d’offrir une plus grande clarté au fonctionnement interne du contrôle permanent.
 

Pourquoi une telle démarche maintenant ? Un regard attentif sur l’évolution du cadre prudentiel marocain répond à la question. Bank Al-Maghrib, en tant qu’autorité de supervision bancaire, n’a cessé de renforcer ses exigences qualitatives notamment autour du pilotage des risques (crédit, liquidité, marché, opérationnel) et de la transparence des institutions financières. En cela, l’effort du FEC s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation du secteur financier national une évolution qui prend tout son sens dans un environnement économique mondial incertain.
 

Sur le terrain, les conséquences concrètes de cette initiative pourraient être perceptibles à plusieurs niveaux. D’abord, une gouvernance interne plus robuste garantit une meilleure résilience face aux aléas financiers et aux risques opérationnels. Ensuite, en renforçant ses contrôles internes, le FEC améliore sa capacité à offrir des services financiers sécurisés et efficaces aux collectivités locales, au bénéfice de projets de proximité essentiels pour le développement territorial.
 

Cette opération intervient aussi à un moment où la coopération internationale s’intensifie. Des partenaires comme la Banque africaine de développement ont récemment renforcé leur soutien au FEC, notamment avec des lignes de financement substantielles une démonstration supplémentaire de la confiance accordée à l’institution mais aussi de l’importance de disposer d’une structure de contrôle à toute épreuve.
 

À l’issue du chantier, attendu d’ici les prochains mois, le FEC vise non seulement une conformité accrue aux standards prudentiels marocains, mais aussi une maîtrise plus fine des risques, un gage de pérennité pour ses opérations et une assurance supplémentaire pour ses partenaires institutionnels.


Dans un Maroc qui investit fort dans ses territoires et encourage une gouvernance économique solide, l’initiative du FEC pour renforcer son contrôle interne n’est pas seulement une réponse réglementaire : elle illustre la maturité croissante du système financier national. À travers ce chantier ambitieux, le pays affirme sa volonté d’inscrire ses institutions dans une dynamique durable, au bénéfice des collectivités locales et de l’ensemble des citoyens.





Lundi 19 Janvier 2026
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