Finances publiques, recettes fiscales et déficit budgétaire : le Maroc consolide ses équilibres macroéconomiques en 2025


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mardi 27 Janvier 2026

Dans un environnement international marqué par les tensions géopolitiques, le protectionnisme commercial et l’aggravation des risques climatiques, le Maroc a réussi à préserver ses équilibres macroéconomiques en 2025. L’exécution de la loi de finances affiche une nette progression des recettes fiscales, un financement soutenu des priorités sociales et un déficit budgétaire maîtrisé. Un exercice budgétaire qui confirme, sans triomphalisme, la trajectoire de consolidation engagée ces dernières années.



Un contexte mondial contraignant, une économie nationale résiliente

L’année 2025 n’a pas été un long fleuve tranquille pour les économies mondiales. Croissance atone, chaînes d’approvisionnement fragilisées, multiplication des mesures protectionnistes : le décor était peu favorable. C’est dans ce cadre que l’économie marocaine a évolué, comme l’a rappelé Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, lors de son intervention du lundi 26 janvier à la Chambre des représentants.
 

Malgré ces vents contraires, plusieurs signaux témoignent d’une capacité de résistance réelle. L’agriculture, après une année 2024 particulièrement éprouvante, a enregistré un redressement notable avec une croissance de 4,6%, contre une contraction de 4,8% un an plus tôt. Les activités non agricoles, déjà solides, ont poursuivi sur leur lancée, affichant une croissance de 4,6%, confirmant le rôle moteur de l’industrie, des services et du BTP.
 

Cette dynamique s’est traduite concrètement sur le terrain. Les ventes de ciment ont progressé de 8,2%, illustrant la continuité des chantiers publics et privés, tandis que le secteur touristique a franchi un seuil symbolique en dépassant les 20 millions de visiteurs, en hausse de 14% sur un an.


Recettes fiscales en hausse : un levier central de la loi de finances 2025

C’est sur le front budgétaire que l’année 2025 marque un tournant significatif. L’exécution de la loi de finances a généré 424 milliards de dirhams de recettes ordinaires, en hausse de 53 milliards de dirhams par rapport à 2024, soit une progression de 14,2%.
 

Cette performance repose avant tout sur la vigueur des recettes fiscales, en augmentation de 14,7%, avec un taux de réalisation de 107%, dépassant les prévisions initiales. L’impôt sur les sociétés s’est particulièrement distingué, passant de 71,1 à 91,4 milliards de dirhams, soit une hausse de 28,6%, reflet à la fois de meilleurs résultats des entreprises et de l’impact progressif des réformes fiscales.
 

La TVA a suivi la même tendance, atteignant 97,7 milliards de dirhams, contre 89,3 milliards un an auparavant. Même constat pour l’impôt sur le revenu qui, malgré un coût de réforme estimé à plus de 8 milliards de dirhams, a progressé de 9,4%, à 65,4 milliards de dirhams. Les droits de douane et la taxe intérieure de consommation ont également enregistré des hausses respectives de 12,9% et 13,8%.


Priorités sociales, investissement public et maîtrise du déficit

L’enjeu n’était pas seulement de collecter davantage, mais de mieux redistribuer. L’amélioration des recettes a permis de financer l’augmentation de 15 milliards de dirhams des dépenses de personnel, conséquence directe du dialogue social, ainsi que la généralisation de la protection sociale, dont le coût a atteint 37,7 milliards de dirhams.
 

Le budget a également soutenu le pouvoir d’achat et la compensation, à hauteur de 17,7 milliards de dirhams, tout en maintenant l’appui à des secteurs stratégiques comme l’électricité, l’eau potable et la reconstitution du cheptel.
 

L’investissement public n’a pas été sacrifié. Les émissions ont progressé de 6,7%, pour atteindre 125,3 milliards de dirhams, avec un taux d’exécution de 76%, jugé satisfaisant au regard de la complexité des projets engagés.
 

Résultat : le déficit budgétaire est resté contenu à 3,5% du PIB, conformément aux prévisions, tandis que la dette du Trésor a reculé à 67,2% du PIB, amorçant une décrue progressive.

Sans céder à l’autosatisfaction, l’exécution de la loi de finances 2025 confirme une orientation claire : renforcer la soutenabilité budgétaire tout en maintenant l’effort social et l’investissement. Dans un monde instable, cette trajectoire prudente mais volontariste constitue un signal de crédibilité économique, particulièrement scruté par les investisseurs et les partenaires internationaux. Le véritable défi reste désormais de transformer cette solidité macroéconomique en croissance inclusive et durable, au bénéfice direct des citoyens.





Mardi 27 Janvier 2026
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