Fondation des Trois Cultures : André Azoulay célèbre le socle commun des spiritualités


Rédigé par le Lundi 16 Mars 2026

À la Fondation des Trois Cultures, André Azoulay appelle à défendre l’altérité et le dialogue interreligieux, face aux fractures et aux tentations d’exclusion.



À l’occasion d’une rencontre organisée durant le mois de Ramadan à la Fondation des Trois Cultures de la Méditerranée, André Azoulay, Conseiller du Roi du Maroc, a livré une allocution centrée sur la coexistence interreligieuse et le respect de l’altérité. Dans un contexte international traversé par de multiples tensions, il a insisté sur l’impératif de préserver le dialogue entre les différentes spiritualités.

S’adressant à une assemblée réunie pour un moment de partage, il a rappelé l’enracinement historique du modèle de coexistence au Maroc et en Andalousie, espaces où les confessions ont bâti un socle commun de valeurs. Évoquant la question de l’identité, André Azoulay s’est appuyé sur sa trajectoire de Juif marocain et un enseignement fondateur reçu dans sa jeunesse: rester fidèle à sa foi suppose de respecter ceux qui ne la partagent pas, et d’œuvrer pour que les siens se soucient des autres comme d’eux-mêmes. Il a souligné que l’exercice de sa religion est indissociable du respect des croyances d’autrui, ce qui implique de garantir à chacun les mêmes droits à la dignité et à la justice.

Dressant le diagnostic du présent, il a décrit une époque marquée par les fractures, les violences, le déni de l’altérité, les tentations d’exclusion et les mirages de la rupture. Face à ces défis, il a rappelé la vocation de la Fondation des Trois Cultures, initiée il y a vingt-cinq ans par le Roi Hassan II et aujourd’hui soutenue par le Roi Mohammed VI: être une sentinelle au service de l’universalisme, maintenir vivante « la lumière de la paix et de l’écoute ».

En conclusion, André Azoulay a exhorté l’auditoire à l’engagement, refusant toute posture de spectateur silencieux ou indifférent « lorsque le danger est à nos portes ». Affirmant que « sans l’altérité, il ne reste rien », il a plaidé pour une résistance active au rejet de la différence et pour une pédagogie du respect: « le dire, l’enseigner, l’expliquer » afin de contrer le déni de l’Autre. Il a clos son propos par une image forte, comparant la mission de la Fondation à une « lampe d’Aladin dont le monde a besoin » pour continuer d’illuminer le chemin de la diversité.

 




Lundi 16 Mars 2026
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