Ceux qui publient ces messages pensent parfois faire de l’humour.
Mais ils oublient une réalité essentielle : entre les deux drapeaux, il y a des enfants. Des enfants franco-marocains ou maroco-français. Des enfants nés de la mixité, de l’amour, de l’exil, des études, du travail, des mariages, des familles recomposées, des histoires croisées entre les deux rives de la Méditerranée.
Pour eux, ce match n’est pas seulement un match. Il touche à leur nom, à leur langue, à leur maison, à leurs grands-parents, à leurs vacances, à leur accent, à leur école, à leurs souvenirs, à leurs deux appartenances.
L’un de ces enfants m’a dit une phrase d’une grande sagesse : « Dans tous les cas, l’un de mes deux pays sera forcément en demi-finale. »
Cette phrase devrait nous arrêter. Elle dit mieux que bien des discours ce que signifie grandir entre deux histoires, deux cultures, deux fidélités. Elle ne nie pas la compétition. Elle ne refuse pas la passion. Elle rappelle seulement que, pour certains enfants, le match France-Maroc n’est pas une guerre symbolique. C’est une rencontre entre deux parties d’eux-mêmes.
Un adulte peut vivre ce match comme une rivalité sportive. Un enfant binational peut le recevoir comme une injonction identitaire. Lorsqu’il lit que l’un des deux pays doit être humilié, effacé, méprisé ou renvoyé à une image dégradante, il ne voit pas seulement une équipe attaquée. Il voit une partie de lui-même blessée. Il ne comprend pas pourquoi les adultes transforment une fête sportive en procès d’appartenance.
La France et le Maroc ne sont pas deux blocs étrangers l’un à l’autre. Ils sont liés par des histoires complexes, parfois douloureuses, souvent fécondes, toujours vivantes. Des familles marocaines vivent en France depuis plusieurs générations. Des Français vivent, travaillent, enseignent, entreprennent ou aiment au Maroc.
Des enfants portent les deux cultures sans contradiction. Ils mangent le couscous et la baguette, parlent parfois français, arabe, darija, amazigh, ou mélangent tout avec naturel. Ils peuvent vibrer pour Achraf Hakimi et admirer Kylian Mbappé. Ils peuvent aimer les Lions de l’Atlas et les Bleus sans trahir personne.
Pour eux, ce match n’est pas seulement un match. Il touche à leur nom, à leur langue, à leur maison, à leurs grands-parents, à leurs vacances, à leur accent, à leur école, à leurs souvenirs, à leurs deux appartenances.
L’un de ces enfants m’a dit une phrase d’une grande sagesse : « Dans tous les cas, l’un de mes deux pays sera forcément en demi-finale. »
Cette phrase devrait nous arrêter. Elle dit mieux que bien des discours ce que signifie grandir entre deux histoires, deux cultures, deux fidélités. Elle ne nie pas la compétition. Elle ne refuse pas la passion. Elle rappelle seulement que, pour certains enfants, le match France-Maroc n’est pas une guerre symbolique. C’est une rencontre entre deux parties d’eux-mêmes.
Un adulte peut vivre ce match comme une rivalité sportive. Un enfant binational peut le recevoir comme une injonction identitaire. Lorsqu’il lit que l’un des deux pays doit être humilié, effacé, méprisé ou renvoyé à une image dégradante, il ne voit pas seulement une équipe attaquée. Il voit une partie de lui-même blessée. Il ne comprend pas pourquoi les adultes transforment une fête sportive en procès d’appartenance.
La France et le Maroc ne sont pas deux blocs étrangers l’un à l’autre. Ils sont liés par des histoires complexes, parfois douloureuses, souvent fécondes, toujours vivantes. Des familles marocaines vivent en France depuis plusieurs générations. Des Français vivent, travaillent, enseignent, entreprennent ou aiment au Maroc.
Des enfants portent les deux cultures sans contradiction. Ils mangent le couscous et la baguette, parlent parfois français, arabe, darija, amazigh, ou mélangent tout avec naturel. Ils peuvent vibrer pour Achraf Hakimi et admirer Kylian Mbappé. Ils peuvent aimer les Lions de l’Atlas et les Bleus sans trahir personne.
C’est cela que les réseaux sociaux oublient trop vite : la binationalité n’est pas une faiblesse.
Elle n’est pas une ambiguïté. Elle n’est pas une demi-appartenance. Elle est une richesse, une passerelle, une mémoire élargie. Elle apprend à ne pas enfermer l’identité dans un seul drapeau. Elle rappelle que l’on peut appartenir à plusieurs histoires sans être divisé intérieurement.
Pour ma part, je ne cache pas mon souhait : j’espère la victoire du Maroc. Je l’espère parce qu’elle ouvrirait au Maroc la porte d’une demi-finale. Je l’espère aussi parce que je rêve de voir les Lions de l’Atlas aller jusqu’au bout et ramener, un jour, la Coupe du monde au Maroc.
La France a déjà connu cette immense joie à deux reprises. Le Maroc, lui, porte encore ce rêve comme une attente nationale, africaine, arabe, amazighe, diasporique. Espérer la victoire du Maroc n’est pas détester la France. C’est souhaiter qu’un autre peuple, un autre pays, une autre jeunesse puisse à son tour vivre cette joie historique.
Il faut pouvoir dire cela simplement, sans agressivité et sans haine. Soutenir le Maroc ne m’oblige pas à mépriser la France. Aimer le Maroc ne m’interdit pas de reconnaître la grandeur du football français. La passion sportive devient belle lorsqu’elle permet d’exprimer une préférence sans transformer l’adversaire en ennemi.
Le football a cette force extraordinaire de faire battre les cœurs. Mais il a aussi cette fragilité : il peut réveiller les simplifications les plus brutales.
Dans l’euphorie d’un match, certains se croient autorisés à dire ce qu’ils n’oseraient pas dire dans une salle de classe, à une table familiale ou devant un enfant. Pourtant, l’écran ne protège pas de la responsabilité. Un visuel publié, une phrase partagée, une moquerie identitaire peuvent rester longtemps dans la mémoire d’un enfant.
Il ne s’agit pas d’interdire la passion. Il ne s’agit pas de neutraliser la joie, les chants, les couleurs, les blagues ou les pronostics. Le sport vit aussi de cette énergie. Mais il y a une différence entre encourager son équipe et humilier l’autre. Il y a une différence entre soutenir le Maroc et insulter la France.
Il y a une différence entre aimer la France et mépriser le Maroc. Il y a une différence entre la ferveur populaire et la blessure symbolique.
Pour ma part, je ne cache pas mon souhait : j’espère la victoire du Maroc. Je l’espère parce qu’elle ouvrirait au Maroc la porte d’une demi-finale. Je l’espère aussi parce que je rêve de voir les Lions de l’Atlas aller jusqu’au bout et ramener, un jour, la Coupe du monde au Maroc.
La France a déjà connu cette immense joie à deux reprises. Le Maroc, lui, porte encore ce rêve comme une attente nationale, africaine, arabe, amazighe, diasporique. Espérer la victoire du Maroc n’est pas détester la France. C’est souhaiter qu’un autre peuple, un autre pays, une autre jeunesse puisse à son tour vivre cette joie historique.
Il faut pouvoir dire cela simplement, sans agressivité et sans haine. Soutenir le Maroc ne m’oblige pas à mépriser la France. Aimer le Maroc ne m’interdit pas de reconnaître la grandeur du football français. La passion sportive devient belle lorsqu’elle permet d’exprimer une préférence sans transformer l’adversaire en ennemi.
Le football a cette force extraordinaire de faire battre les cœurs. Mais il a aussi cette fragilité : il peut réveiller les simplifications les plus brutales.
Dans l’euphorie d’un match, certains se croient autorisés à dire ce qu’ils n’oseraient pas dire dans une salle de classe, à une table familiale ou devant un enfant. Pourtant, l’écran ne protège pas de la responsabilité. Un visuel publié, une phrase partagée, une moquerie identitaire peuvent rester longtemps dans la mémoire d’un enfant.
Il ne s’agit pas d’interdire la passion. Il ne s’agit pas de neutraliser la joie, les chants, les couleurs, les blagues ou les pronostics. Le sport vit aussi de cette énergie. Mais il y a une différence entre encourager son équipe et humilier l’autre. Il y a une différence entre soutenir le Maroc et insulter la France.
Il y a une différence entre aimer la France et mépriser le Maroc. Il y a une différence entre la ferveur populaire et la blessure symbolique.
Ce quart de finale devrait être une leçon de maturité.
Il devrait permettre aux parents, aux enseignants, aux éducateurs, aux journalistes, aux influenceurs et aux responsables publics de dire aux enfants : vous avez le droit d’aimer les deux. Vous avez le droit de porter deux maillots.
Vous avez le droit de chanter deux hymnes. Vous avez le droit d’être heureux si l’un gagne et triste si l’autre perd. Vous n’avez pas à prouver votre loyauté en rejetant une partie de vous-mêmes.
Les enfants de la mixité sont souvent plus sages que les adultes. Ils savent que leur père peut avoir un pays de naissance, leur mère un autre, leurs grands-parents une autre mémoire, et eux-mêmes une identité encore plus large. Ils ne demandent pas que les adultes effacent les différences. Ils demandent simplement qu’on ne transforme pas ces différences en blessures.
Ce match France-Maroc doit être regardé comme ce qu’il est : une grande rencontre sportive entre deux grandes nations de football, deux peuples passionnés, deux jeunesses créatives, deux histoires liées. Il y aura un vainqueur sur le terrain. Il ne doit pas y avoir de perdants dans les familles.
Demain, certains enfants regarderont le match avec un parent marocain et un parent français. D’autres avec des cousins qui supportent le Maroc et des amis qui supportent la France. Certains hésiteront, d’autres choisiront une équipe pour le jeu, pour un joueur, pour un souvenir, pour une émotion du moment. Respectons cela. Ne faisons pas de leur choix d’un soir un test d’identité.
La vraie victoire, au-delà du score, serait que ce match laisse aux enfants une belle image des adultes : des adultes capables d’aimer leur équipe sans salir l’autre, de célébrer sans exclure, de rire sans blesser, de transmettre la fierté sans produire le rejet.
France-Maroc n’est pas seulement un quart de finale. C’est aussi un miroir de nos sociétés métissées. Et dans ce miroir, les enfants franco-marocains et maroco-français doivent pouvoir se reconnaître sans honte, sans peur et sans déchirure.
Qu’ils puissent dire simplement : ce soir, deux pays que j’aime jouent l’un contre l’autre. Et quel que soit le résultat, je ne perdrai aucune partie de moi-même.
Vous avez le droit de chanter deux hymnes. Vous avez le droit d’être heureux si l’un gagne et triste si l’autre perd. Vous n’avez pas à prouver votre loyauté en rejetant une partie de vous-mêmes.
Les enfants de la mixité sont souvent plus sages que les adultes. Ils savent que leur père peut avoir un pays de naissance, leur mère un autre, leurs grands-parents une autre mémoire, et eux-mêmes une identité encore plus large. Ils ne demandent pas que les adultes effacent les différences. Ils demandent simplement qu’on ne transforme pas ces différences en blessures.
Ce match France-Maroc doit être regardé comme ce qu’il est : une grande rencontre sportive entre deux grandes nations de football, deux peuples passionnés, deux jeunesses créatives, deux histoires liées. Il y aura un vainqueur sur le terrain. Il ne doit pas y avoir de perdants dans les familles.
Demain, certains enfants regarderont le match avec un parent marocain et un parent français. D’autres avec des cousins qui supportent le Maroc et des amis qui supportent la France. Certains hésiteront, d’autres choisiront une équipe pour le jeu, pour un joueur, pour un souvenir, pour une émotion du moment. Respectons cela. Ne faisons pas de leur choix d’un soir un test d’identité.
La vraie victoire, au-delà du score, serait que ce match laisse aux enfants une belle image des adultes : des adultes capables d’aimer leur équipe sans salir l’autre, de célébrer sans exclure, de rire sans blesser, de transmettre la fierté sans produire le rejet.
France-Maroc n’est pas seulement un quart de finale. C’est aussi un miroir de nos sociétés métissées. Et dans ce miroir, les enfants franco-marocains et maroco-français doivent pouvoir se reconnaître sans honte, sans peur et sans déchirure.
Qu’ils puissent dire simplement : ce soir, deux pays que j’aime jouent l’un contre l’autre. Et quel que soit le résultat, je ne perdrai aucune partie de moi-même.