GITEX Africa 2026 : le Maroc met la mobilité électrique sur la pole position


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mardi 24 Mars 2026

À Marrakech, du 7 au 9 avril 2026, le GITEX Africa Morocco s’annonce comme le rendez‑vous incontournable pour qui veut comprendre la révolution en marche dans la mobilité électrique en Afrique — et, plus spécifiquement, au Maroc. Cette édition dépasse largement le cadre d’un salon technologique traditionnel pour devenir un reflet tangible des transformations économiques, industrielles et sociales qui redessinent le visage du continent.



Longtemps cantonné à des discussions prospectives, le secteur des véhicules électriques s’impose désormais comme un pilier de l’économie marocaine et africaine. Selon les projections industrielles disponibles, la puissance du marché africain des technologies de mobilité pourrait passer d’environ 17,4 milliards USD en 2025 à près de 28 milliards USD d’ici 2030, portée par l’essor des véhicules électriques, des transports intelligents et des solutions de recharge innovantes. 
 

L’un des aspects les plus remarquables de cette édition 2026 est la diversité des exposants autour de la mobilité électrique. Des constructeurs automobiles mondiaux certains déjà établis au Maroc, d’autres entrant sur le marché viennent présenter leurs dernières innovations. Des marques comme BYD, Dongfeng, Hyundai, Zeekr et même Tesla sont attendues, illustrant la montée en force des véhicules électrifiés sur le continent africain. Chez les visiteurs marocains, cette présence massive de constructeurs chinois et internationaux est perçue comme un signal fort : le Royaume devient une plateforme stratégique pour l’électromobilité. 
 

Autour de ces stands, des acteurs spécialisés dans les batteries, les solutions de suivi de flotte, les plateformes de mobilité ou les investissements innovants enrichissent le débat. Cela inclut des entreprises locales comme Afrimobility ou Maribat, et des plateformes internationales telles que Bolt (VTC) ou le groupe français TSG, qui travaillent tous à faire converger technologies, services et accessibilité dans une mobilité plus propre. 
 

Sur le plan national, l’évolution est nette. Après une croissance spectaculaire de plus de 80 % des ventes de véhicules électriques en 2025, le Maroc s’attend à poursuivre sur cette lancée en 2026. Les prévisions estiment que 7 237 unités de véhicules électriques pourraient être vendues cette année, soit une progression d’environ 36 % par rapport à 2025, avec une part de marché atteignant 3,4 % des immatriculations totales. 
 

Cette dynamique ne s’arrête pas aux simples chiffres de ventes. Elle se reflète également dans l’expansion des infrastructures de recharge. Aujourd’hui, le pays compte plusieurs centaines de points publics, notamment dans les grandes villes comme Casablanca, Rabat ou Marrakech, et travaille à multiplier par près de neuf ce réseau d’ici la fin 2026 afin de répondre à l’appétit grandissant des conducteurs de véhicules électrifiés. 
 

Pour beaucoup de Marocains que j’ai rencontrés dans les rues de Rabat ou Casablanca ces dernières semaines, la mobilité électrique n’est plus un concept lointain. “Quand on voit les bornes fleurir dans nos villes et les aides qui se multiplient, on se dit que le changement est possible”, confiait une entrepreneure tech à l’occasion d’un meetup sur l’innovation durable. Cette perception est cruciale pour un pays où la transition énergétique est aussi une transition culturelle.
 

Au‑delà du marché des véhicules, la mobilité électrique est aujourd’hui un vecteur d’emplois qualifiés et d’investissements industriels. Le Maroc attire des projets de production, que ce soit dans l’assemblage de véhicules, la fabrication de composants ou même à terme des giga‑usines de batteries. Cette stratégie s’inscrit dans une vision volontariste pour faire du Royaume un hub régional de la mobilité durable, compétitif non seulement en Afrique, mais aussi sur les marchés européens et mondiaux. 
 

Pour les pouvoirs publics, les partenaires industriels et les startups innovantes, le GITEX Africa Morocco 2026 n’est pas seulement une vitrine : c’est une plateforme stratégique de rencontres, de réseautage, de contrats et de financements. On y discute des politiques publiques, des infrastructures de recharge, de l’urbanisme intelligent, ou encore de la manière de rendre la mobilité propre plus accessible à un public plus large. Cela inclut aussi la question des incitations financières pour les particuliers ou les entreprises, un élément clé pour faire sauter les derniers verrous à une adoption de masse. 
 

À quelques jours de l’ouverture, l’effervescence autour du GITEX Africa 2026 illustre une réalité simple : le Maroc a fait de la mobilité électrique un enjeu stratégique, capable de drainer investissements, emplois et innovations. Mais le défi reste de transformer cette dynamique en changements structurels durables avec un réseau de recharge plus dense, une offre de véhicules plus abordable et des politiques publiques encore plus incitatives. Ce rendez‑vous à Marrakech n’est donc pas une simple foire commerciale. C’est un moment charnière pour le Maroc et pour l’Afrique un passage de la promesse à l’action, où l’avenir de la mobilité se débat aujourd’hui, entre défi technologique, impératif écologique et opportunité économique.





Mardi 24 Mars 2026
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