Le signal est clair. Le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, en partenariat avec l’Agence de développement du digital (ADD), vient de dévoiler une liste attendue dans l’écosystème : celle des 300 startups marocaines retenues pour participer à la 4e édition de GITEX Africa Morocco, prévue du 7 au 9 avril 2026 à Marrakech.
Derrière l’annonce, il y a une mécanique bien rodée. Pour la quatrième année consécutive, l’initiative « Morocco 300 » prend en charge 95 % des frais de participation. Un détail ? Pas vraiment. Dans les faits, ce soutien change la donne pour de jeunes structures souvent contraintes par des budgets limités. “Sans ce type d’accompagnement, certaines startups ne franchiraient jamais le cap de l’international”, glisse un acteur de l’écosystème, croisé lors d’un précédent salon.
Car GITEX Africa n’est pas un événement comme les autres. Placé sous le Haut patronage royal, il s’impose progressivement comme un carrefour stratégique de l’innovation en Afrique. Un lieu où les idées circulent vite, où les rencontres peuvent valoir bien plus qu’un financement.
Pour les startups sélectionnées, l’enjeu dépasse la simple exposition. Elles auront l’occasion de présenter leurs solutions, tester leur attractivité face à des investisseurs, et surtout, nouer des partenariats. C’est souvent là que tout se joue. Une discussion informelle, un contact bien placé… et parfois, un projet change d’échelle.
Dans les prochains jours, les candidates retenues recevront un email détaillant les modalités de leur participation. Une formalité administrative, certes, mais aussi le début d’un sprint. Car derrière la vitrine, la pression est réelle : convaincre, séduire, se démarquer.
Ce dispositif s’inscrit dans une dynamique plus large. Le Maroc ne se contente plus d’accompagner l’innovation, il cherche à la structurer, à la projeter. Avec constance. Et sans excès de communication.
Reste une question, presque en filigrane : combien de ces 300 startups transformeront l’essai ? L’histoire récente montre que tout ne se joue pas sur scène, mais souvent après, dans les mois qui suivent.
À Marrakech, en avril, il ne s’agira pas seulement d’exposer des projets. Il sera question d’ouvrir des portes. Et, pour certains, de ne plus jamais revenir au point de départ.