Le Maroc veut faire du gaming une industrie capable de générer jusqu’à trois milliards de dollars de recettes annuelles d’ici 2032, selon les déclarations de Mehdi Bensaïd. L’ambition est forte. Elle peut même sembler insolente pour un secteur encore jeune au Maroc, mais elle traduit une intuition juste : le jeu vidéo n’est plus un loisir marginal. C’est une industrie culturelle, technologique, éducative, sportive et économique.
Rabat mise sur la formation, l’innovation, l’incubation et l’attractivité. Le pari consiste à faire émerger des studios, des compétences, des talents graphiques, des développeurs, des scénaristes, des sound designers, mais aussi des passerelles vers l’e-sport, l’éducation, la santé ou la réalité virtuelle. D’autres sources évoquaient plutôt trois milliards de dirhams, ce qui montre déjà la nécessité de clarifier les chiffres et les périmètres.
L’enjeu est là : le Maroc veut-il seulement accueillir des événements et consommer des jeux produits ailleurs, ou produire ses propres univers ? Le pays dispose d’une jeunesse créative, connectée, culturellement hybride. Mais une industrie ne naît pas avec des annonces. Elle demande du financement patient, des écoles adaptées, de la propriété intellectuelle, des studios capables d’exporter, et un marché local qui ne méprise pas ses propres talents.
Le gaming peut devenir une filière sérieuse. Mais il faudra éviter le piège habituel : confondre l’écosystème avec l’événementiel.