Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc a franchi une étape institutionnelle avec le feu vert des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, rapporte Jeune Afrique. Cette validation fait suite à la signature, à la mi-juillet, d’un accord intergouvernemental. Elle prépare la création d’une société de projet chargée des levées de fonds et d’une haute autorité appelée à superviser la construction.
Le tracé envisagé relierait le Nigeria au Maroc en traversant treize pays africains sur environ six mille kilomètres, avant une connexion au marché européen. Jeune Afrique évalue le coût du projet à vingt-cinq milliards de dollars. Ces données décrivent toutefois une ambition et non un ouvrage déjà financé ou construit : la mobilisation des capitaux, la coordination entre États et l’exécution technique restent les étapes décisives.
Pour le Maroc, l’intérêt est direct. Le projet pourrait renforcer son rôle de liaison énergétique entre l’Afrique de l’Ouest et l’Europe, mais son utilité devra aussi se mesurer aux raccordements locaux, à la sécurité d’approvisionnement et aux retombées industrielles. Le feu vert politique ne règle pas le risque financier, ni les calendriers propres à un chantier transfrontalier de cette ampleur.
La prochaine information réellement déterminante sera donc la structure de financement : répartition des fonds propres et de la dette, garanties, engagements des partenaires et phasage des travaux. Pour les entreprises marocaines susceptibles de suivre les marchés d’ingénierie, de construction ou de services, distinguer les accords institutionnels des contrats effectivement attribués évite de transformer une perspective stratégique en certitude commerciale.