Gestion de l’eau : la démonstration tranquille d’un État qui anticipe


Par Said Temsamani

Les pluies exceptionnelles qui ont récemment arrosé plusieurs régions du Royaume auraient pu constituer un test de vulnérabilité. Elles se sont transformées en un exercice grandeur nature de gouvernance maîtrisée.

Intenses, concentrées sur des laps de temps réduits, ces précipitations ont surtout mis en lumière la capacité des institutions publiques à anticiper, coordonner et sécuriser un phénomène climatique devenu, par nature, imprévisible.



Loin de toute improvisation, la situation hydrologique des barrages apparaît aujourd’hui stable et sous contrôle.

Ce constat n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’un choix stratégique clair : placer la gestion de l’eau au cœur de l’action publique, avec une vigilance permanente et une lecture fine des risques.

Dans un contexte marqué par la raréfaction structurelle de la ressource, chaque épisode pluvieux devient un enjeu de souveraineté, exigeant précision, sang-froid et décision.

Sous l’impulsion des Hautes Orientations Royales, le ministère de l’Équipement et de l’Eau déploie une gouvernance fondée sur l’anticipation plutôt que sur la réaction.

Les opérations de lâchers d’eau, conduites de manière progressive et rigoureusement encadrée, relèvent d’une logique de prévention responsable. Elles traduisent une priorité absolue : protéger les populations, préserver les infrastructures et optimiser la valorisation de la ressource hydrique.

La tenue régulière de la Commission de veille quotidienne illustre cette méthode de travail fondée sur la continuité et l’expertise.

Réunissant responsables sectoriels et gestionnaires des bassins hydrauliques, cette instance agit comme un centre nerveux de décision, où les données hydrologiques, les prévisions météorologiques et les capacités des ouvrages sont analysées avec une rigueur quasi chirurgicale. Ici, la gestion du risque ne se décrète pas, elle se construit, heure par heure.

Au-delà de l’actualité immédiate, cet épisode confirme une réalité souvent sous-estimée : le Maroc ne se contente plus de subir les contraintes climatiques, il les intègre dans une stratégie de long terme. La maîtrise des apports, l’anticipation des scénarios extrêmes et la coordination territoriale dessinent les contours d’un modèle de gestion hydrique moderne, pragmatique et résilient.

En filigrane, c’est un message de confiance qui se dégage.

Dans un monde confronté à une instabilité climatique croissante, la capacité à gérer l’eau avec méthode et lucidité devient un marqueur de maturité étatique.

Le Royaume en apporte aujourd’hui une démonstration calme, précise et résolument tournée vers l’avenir.


Vendredi 6 Février 2026

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