Goma : Une employée de l’Unicef tuée par un drone


Rédigé par PATRICIA GOMBO BOKI le Vendredi 13 Mars 2026

Une enquête pour crime de guerre a été ouverte après la mort de Karine Buisset, humanitaire française de 54 ans, tuée dans la nuit de mardi à mercredi par une frappe de drone à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). L’information a été rendue publique vendredi 13 mars, alors que les circonstances exactes de l’attaque restent à éclaircir.

Employée de l’Unicef, Karine Buisset se trouvait dans sa résidence située dans le quartier de Himbi, lorsqu’un drone a frappé le bâtiment. La ville de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, est contrôlée par le groupe rebelle M23 depuis janvier 2025 et demeure l’un des principaux foyers du conflit armé dans l’est du pays.



Une frappe de drone en pleine zone de conflit

Des témoins ont indiqué avoir entendu des détonations et le bruit de drones dans la nuit précédant l’attaque. La frappe qui a touché la maison de l’humanitaire n’a, à ce stade, fait l’objet d’aucune revendication officielle.

Des sources humanitaires et les secours sur place ont confirmé que la frappe avait atteint le bâtiment où résidait Karine Buisset, entraînant sa mort. Selon certaines sources sécuritaires, les frappes auraient visé des responsables ou des proches du groupe armé M23, la maison occupée par l’humanitaire ayant été touchée par erreur.

Les faits apparaissent liés au conflit armé opposant les forces congolaises au mouvement rebelle M23, actif dans l’est du pays.
 
Accusations et démentis autour de l’attaque  

Après l’attaque, le porte-parole du M23 a accusé l’armée de la République démocratique du Congo d’être responsable de la frappe. Les autorités congolaises ont, de leur côté, rejeté toute implication directe.

Le gouvernement de la RDC a exprimé sa “profonde tristesse” après le décès de l’humanitaire, tout en affirmant qu’il ne saurait entreprendre une action contraire aux valeurs qu’il défend. Les autorités ont également annoncé l’ouverture d’une enquête à Kinshasa afin d’établir les circonstances et l’origine des explosions.
 
Une vive réaction internationale  

La mort de Karine Buisset a suscité une forte émotion au sein des organisations humanitaires et de la communauté internationale. L’Unicef a fait part de sa profonde indignation, évoquant la perte d’une collègue engagée dans l’aide aux populations civiles.
 

Le président français Emmanuel Macron a appelé au respect du droit humanitaire et à la protection des personnels présents sur le terrain, tout en adressant le soutien de la nation aux proches de la victime.
 

De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exprimé son indignation, rappelant que les travailleurs humanitaires ne doivent jamais être pris pour cible, conformément au droit international.





Vendredi 13 Mars 2026
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