Grèce : Le scandale qui fragilise le pouvoir


Rédigé par PATRICIA GOMBO BOKI le Lundi 6 Avril 2026

Le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a demandé lundi 6 avril au parquet européen d’agir « sans délai » dans l’affaire de fraude présumée aux aides agricoles européennes, alors que le scandale prend une tournure de plus en plus politique à Athènes. Le chef du gouvernement a aussi réclamé la levée de l’immunité parlementaire de onze députés, tous issus, selon les médias grecs, de son parti conservateur, Nouvelle Démocratie.



Une affaire qui éclabousse la majorité

Dans une déclaration diffusée à la télévision publique, Kyriakos Mitsotakis a assuré vouloir s’adresser aux Grecs « sans détour ni faux-fuyants », qualifiant la procédure engagée contre les parlementaires de « développement sérieux ».
 

L’affaire a déjà entraîné la démission de deux ministres vendredi, eux aussi députés, en raison de leur implication présumée. Avec ces départs, quatre membres du gouvernement ont quitté leurs fonctions dans ce dossier, en incluant un précédent retrait survenu l’an dernier.
 

Selon la presse grecque, l’enquête vise également cinq anciens députés, un ancien ministre du Développement rural et de l’Alimentation ainsi qu’un vice-ministre du même portefeuille.

 
Une fraude présumée aux fonds européens  

Le parquet européen mène une enquête de grande ampleur sur des détournements présumés de subventions agricoles européennes depuis 2018. Le dossier a déjà conduit à des dizaines d’arrestations.
 

L’affaire implique des agriculteurs, mais aussi des personnes se faisant passer pour des exploitants agricoles, ainsi que des responsables politiques et des acteurs liés à l’Opekepe, l’organisme chargé d’attribuer ces aides, aujourd’hui dissout.
 

Le scandale met en lumière un système soupçonné d’avoir permis des abus autour de fonds destinés au secteur agricole.
 
Une séquence à haut risque politique  

Sous pression, Kyriakos Mitsotakis a dénoncé « le fléau des relations clientélistes » en Grèce, estimant qu’il s’agit d’un mal ancien profondément ancré dans la vie publique. Il a aussi regretté de ne pas avoir engagé plus tôt des mesures plus radicales.
 

À l’approche des législatives prévues l’an prochain, cette affaire affaiblit nettement son camp. Le Pasok, principal parti d’opposition au Parlement, réclame désormais des élections anticipées.





Lundi 6 Avril 2026
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