Guerre contre l’Iran : le Sénat américain refuse de limiter les pouvoirs de Donald Trump


Rédigé par le Jeudi 5 Mars 2026

Le Sénat américain a rejeté mercredi une résolution visant à limiter les pouvoirs du président Donald Trump dans le conflit en cours contre l’Iran. Le texte, présenté par le sénateur démocrate Tim Kaine, a été repoussé par 53 voix contre 47, confirmant le soutien de la majorité républicaine à l’opération militaire menée par les États-Unis et Israël.



Un vote qui révèle les divisions du Sénat

Cette résolution demandait le retrait des forces américaines engagées dans des hostilités non autorisées par le Congrès. Elle avait été introduite fin janvier, avant même le déclenchement de la guerre, dans le but de rappeler que la Constitution américaine confie au Congrès le pouvoir de déclarer la guerre.

La majorité des républicains s’est rangée derrière le président. Le sénateur Rand Paul a été le seul élu de son parti à soutenir la résolution démocrate. À l’inverse, le démocrate John Fetterman, favorable à l’intervention militaire, a voté contre le texte.
 

Pour Tim Kaine et plusieurs élus démocrates, l’enjeu était de réaffirmer le rôle du Congrès dans les décisions militaires, face à un exécutif qu’ils jugent de plus en plus dominant depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en 2025. Le sénateur de Virginie critique depuis le début du conflit une intervention qu’il considère comme illégale. Selon lui, les Américains attendent davantage de mesures économiques que de nouveaux engagements militaires à l’étranger.
 

La question centrale de la « menace imminente »
 

Le débat politique à Washington porte en grande partie sur la justification juridique de l’intervention militaire. Après un briefing classé secret défense avec les responsables de l’administration, Tim Kaine a affirmé qu’aucune preuve n’avait été présentée sur l’existence d’une menace imminente de l’Iran contre les États-Unis.
 

Cette notion est essentielle dans le droit américain. Une loi adoptée en 1973 autorise en effet le président à engager une intervention militaire limitée sans l’accord préalable du Congrès si une urgence menace directement le pays. Dans son message annonçant l’opération militaire, Donald Trump avait évoqué précisément une telle menace, un argument contesté par l’opposition démocrate.
 

Un soutien républicain malgré des réserves
 

Le secrétaire d’État Marco Rubio a expliqué que la décision d’attaquer avait été prise après que Washington eut estimé qu’Israël préparait une frappe imminente contre l’Iran, rendant nécessaire de réduire les capacités de riposte de Téhéran. Malgré certaines critiques internes, les républicains du Sénat ont soutenu la stratégie du président. Plusieurs élus ont toutefois indiqué que ce soutien pourrait évoluer si le conflit devait se prolonger sur une longue période. Le sénateur Lindsey Graham, proche allié de Donald Trump, a pour sa part défendu l’intervention en affirmant que l’Iran représentait une menace sérieuse pour les États-Unis.
 

Une guerre qui pourrait durer plusieurs semaines
 

Une résolution similaire doit encore être examinée à la Chambre des représentants, mais son adoption apparaît peu probable. Le président républicain de la Chambre, Mike Johnson, s’est déjà prononcé contre toute limitation des pouvoirs du chef de l’État. Lors de briefings confidentiels, des responsables de l’administration américaine ont indiqué aux parlementaires que l’opération militaire pourrait durer plusieurs semaines. Ils ont également évoqué la possibilité de demander au Congrès des financements supplémentaires pour reconstituer les stocks d’armements du Pentagone.





Journaliste et étudiant malien en stage, passionné par la géopolitique, l'histoire et le sport.… En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 5 Mars 2026
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