Hantavirus : une mission scientifique lancée à Ushuaïa pour identifier un possible rongeur vecteur.


Rédigé par Salma Chmanti Houari le Vendredi 15 Mai 2026

Les autorités sanitaires argentines vont déployer une mission scientifique à Ushuaïa afin de rechercher la présence éventuelle de rongeurs porteurs d’hantavirus.

Cette enquête intervient après l’apparition d’un foyer d’infection à bord du navire de croisière Hondius, parti de cette ville située à l’extrême sud de l’Argentine.



​Une mission scientifique attendue la semaine prochaine

Une équipe de l’Institut Malbran de Buenos Aires se rendra la semaine prochaine à Ushuaïa, en Terre de Feu, afin de mener des recherches sur une possible présence de rongeurs porteurs d’hantavirus. Cet institut est considéré comme la principale référence argentine en infectiologie et en épidémiologie.

L’objectif de cette mission est de déterminer si des rongeurs présents dans la région ont pu être à l’origine du foyer infectieux observé à bord du navire de croisière Hondius.

Le directeur de l’épidémiologie de la province de Terre de Feu, Juan Petrina, a indiqué que des prélèvements sur des rongeurs seraient réalisés dans les prochains jours afin de confirmer ou d’écarter cette hypothèse. Le nombre exact d’animaux qui devront être capturés n’a toutefois pas été précisé. 

​Le navire Hondius au cœur de l’enquête sanitaire

Le paquebot Hondius avait quitté Ushuaïa le 1er avril avant qu’un foyer d’infection ne soit détecté en pleine mer.

Selon les données communiquées par l’Organisation mondiale de la santé au 13 mai, onze cas liés à cette infection ont été recensés, dont trois décès. 

Les autorités sanitaires cherchent désormais à comprendre où et comment les premiers passagers ont pu être contaminés.

Les soupçons se concentrent notamment sur la période précédant l’embarquement du navire à Ushuaïa, dernière étape connue du voyage de plusieurs passagers avant le départ de la croisière. 

La piste d’un rongeur local étudiée par les scientifiques

Les chercheurs s’intéressent particulièrement à une éventuelle présence locale du “raton colilargo”, un rat à longue queue considéré comme vecteur de la souche andine du hantavirus.

Cette souche est la seule connue pour pouvoir se transmettre d’humain à humain. 
Les autorités rappellent toutefois qu’aucun cas d’hantavirus n’a officiellement été signalé dans la province de Terre de Feu depuis que la déclaration de cette maladie est devenue obligatoire en Argentine en 1996.

Selon plusieurs responsables sanitaires locaux, le rongeur vecteur identifié dans d’autres régions andines du pays ne vivrait normalement pas dans cette zone située à l’extrême sud du territoire argentin.

Mais un doute persiste autour d’une éventuelle sous-espèce locale, raison pour laquelle cette mission scientifique a été décidée. 

Une enquête toujours ouverte sur l’origine de la contamination

À ce stade, les autorités argentines n’ont pas confirmé l’origine exacte de la contamination.

Les investigations se poursuivent autour des déplacements des premiers passagers contaminés, notamment un couple néerlandais ayant voyagé plusieurs mois en Amérique du Sud avant d’embarquer sur le Hondius. 

Parmi les lieux étudiés figure notamment une décharge située près d’Ushuaïa, régulièrement fréquentée par des observateurs d’oiseaux.

Des responsables locaux et plusieurs habitants se montrent toutefois sceptiques concernant cette hypothèse, rappelant qu’aucun cas de hantavirus n’y a jamais été recensé jusqu’à présent. 

​Les autorités locales craignent un impact sur le tourisme

À Ushuaïa, cette affaire suscite également des inquiétudes économiques.
La ville, souvent surnommée “la ville du bout du monde”, accueille chaque année de nombreux touristes attirés par les croisières polaires et les expéditions vers l’Antarctique.

Les autorités locales craignent désormais que cette affaire sanitaire affecte l’image touristique de la région.

Le directeur de l’épidémiologie de Terre de Feu a même estimé que la probabilité d’une contamination à Ushuaïa était “pratiquement nulle”, évoquant la possibilité d’une campagne de discrédit visant la destination touristique.




Vendredi 15 Mai 2026
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