Huile d’olive : les producteurs marocains misent sur une récolte exceptionnelle en 2026


Rédigé par Salma Chmanti Houari le Jeudi 21 Mai 2026

Après plusieurs campagnes marquées par la sécheresse et la flambée des prix, les professionnels de l’oléiculture affichent un optimisme inédit pour 2026.

Grâce à une pluviométrie plus favorable et à l’entrée en production de nombreux investissements agricoles réalisés ces dernières années, le Maroc pourrait connaître une récolte historique d’olives et une baisse progressive des prix de l’huile d’olive.



Une campagne qui suscite l’espoir dans le secteur

Les acteurs de la filière oléicole s’attendent à une saison particulièrement prometteuse. Plusieurs producteurs interrogés par Médias24 évoquent même une récolte record pour 2026.

Deux principaux facteurs expliquent cet optimisme.

D’abord, les précipitations enregistrées durant la saison agricole actuelle, jugées plus favorables que lors des dernières années marquées par un important stress hydrique.

Ensuite, de nombreuses plantations lancées ces dernières années commencent désormais à atteindre leur pleine phase de production.


Une filière devenue stratégique pour l’agriculture marocaine

Au fil des années, l’oléiculture s’est imposée comme l’un des piliers majeurs de l’agriculture nationale. Selon les données relayées dans l’article, la filière représente environ 5 % du PIB agricole marocain et près de 65 % de la surface arboricole du Royaume.
 

La progression est particulièrement marquante sur les quinze dernières années. La superficie consacrée aux oliviers est passée d’environ 770.000 hectares à plus de 1,2 million d’hectares, portée notamment par les programmes du Plan Maroc Vert puis de la stratégie Génération Green.
 

Cette expansion a été soutenue par différents mécanismes : subventions à la plantation, modernisation des équipements, irrigation localisée, mécanisation des récoltes et accompagnement technique des exploitations agricoles. 


L’accompagnement technique au cœur des performances

Au-delà des aides financières, les professionnels mettent aujourd’hui en avant l’importance du suivi technique pour améliorer les rendements et la qualité des exploitations.

Le programme Al Moutmir, cité dans l’article, a notamment déployé plus de 7.300 plateformes de démonstration dédiées à l’olivier dans différentes régions du Maroc.

Ces plateformes permettent de comparer les méthodes agricoles traditionnelles avec des pratiques optimisées en matière d’irrigation, de fertilisation et de gestion agronomique.

Selon les données présentées, les parcelles accompagnées ont enregistré des rendements supérieurs de 25 % par rapport aux parcelles classiques.

La productivité de l’eau aurait également progressé de 31 %, tandis que les marges bénéficiaires des exploitations suivies auraient augmenté de 27 %.


Des variétés plus intensives gagnent du terrain

L’article souligne également l’évolution des méthodes de culture utilisées dans certaines exploitations marocaines.

Dans plusieurs régions, des variétés espagnoles comme Arbequina ou Arbosana sont de plus en plus utilisées pour leur entrée rapide en production et leur compatibilité avec les récoltes mécanisées.

Selon certains professionnels cités, ces systèmes intensifs combinant densité élevée, goutte-à-goutte et pilotage technique permettraient d’obtenir de meilleurs rendements.

Toutefois, aucune donnée officielle ne confirme pour l’instant une généralisation de ces performances à l’ensemble du secteur. 


Des prix de l’huile d’olive en baisse après les fortes hausses

Ces dernières années, les prix de l’huile d’olive ont fortement augmenté sous l’effet des épisodes successifs de sécheresse.

En 2024, certaines bouteilles dépassaient les 100 DH le litre après une campagne particulièrement faible.

Aujourd’hui, les professionnels constatent un recul important des prix.

Selon les estimations relayées dans l’article, le prix du marché se situerait désormais entre 35 et 40 DH le litre pour certaines ventes, tandis que l’huile d’olive extra vierge conditionnée est commercialisée à partir de 55 DH le litre dans plusieurs points de vente.

Cette baisse est directement liée aux perspectives d’une récolte plus abondante et à l’amélioration progressive des conditions agricoles.


Une filière qui reste confrontée à plusieurs défis

Malgré ces perspectives encourageantes, le secteur demeure confronté à plusieurs enjeux structurels.

Le stress hydrique reste une préoccupation majeure pour l’agriculture marocaine, même si l’olivier est considéré comme une culture relativement plus résistante que d’autres espèces fruitières.
 

Les professionnels soulignent également que les investissements nécessaires pour créer une plantation moderne restent élevés, malgré les aides publiques disponibles.

Pour les producteurs, l’enjeu consiste désormais à maintenir cette dynamique tout en améliorant la rentabilité, la qualité et la gestion durable des ressources en eau.





Jeudi 21 Mai 2026
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