Une dizaine d'entreprises mèneraient actuellement des activités d'exploration pétrolière et gazière au Maroc, selon les déclarations de la ministre Leila Benali. Le fait nouveau, présenté comme significatif, tient à l'arrivée d'investisseurs marocains dans ce secteur, longtemps dominé par des opérateurs étrangers.
L'information mérite d'être regardée sans euphorie excessive. Oui, l'exploration est indispensable pour connaître réellement le potentiel du sous-sol national et maritime.
Oui, le cadre juridique marocain est régulièrement présenté comme compétitif pour attirer les capitaux à risque. Mais exploration ne veut pas dire découverte, et découverte ne signifie pas production rentable.
Le Maroc a déjà connu plusieurs séquences d'espoir autour du gaz offshore, notamment sur la façade atlantique. Jusqu'ici, le pays n'a pas basculé dans le cercle des producteurs majeurs. Sa dépendance aux importations de produits énergétiques reste une donnée structurelle de l'économie nationale.
L'arrivée d'acteurs marocains peut néanmoins avoir du sens. Elle permettrait de développer une expertise locale, de mieux maîtriser les données géologiques et de faire émerger une chaîne de valeur nationale autour des services énergétiques. À condition que l'investissement ne soit pas guidé par une illusion de rente rapide.
Le Maroc devra tenir ensemble deux impératifs : explorer raisonnablement ses ressources potentielles et poursuivre, sans recul, sa stratégie renouvelable. Le soleil, le vent et l'efficacité énergétique ne sont pas des solutions de secours. Ils restent le socle le plus solide d'une indépendance énergétique réaliste.