IA générative : outil, auteur et responsabilité intellectuelle


Par Dr Az-Eddine Bennani

Depuis l’irruption de l’intelligence artificielle générative dans l’espace public, une confusion persistante s’est installée entre outil, auteur et pensée. Cette confusion nourrit une accusation devenue trop facile : assimiler l’usage de l’IA à une forme de plagiat. L’amalgame est non seulement infondé, il est intellectuellement paresseux et scientifiquement erroné.

Le plagiat, dans la tradition universitaire, est un acte précis : l’appropriation non déclarée d’un contenu identifiable produit par un autre auteur humain, avec l’intention de dissimuler la source. Or, une IA générative n’est pas un auteur. Elle n’a ni intention, ni conscience, ni responsabilité intellectuelle. Elle ne revendique aucune paternité. Elle ne produit pas une pensée ; elle assiste l’expression d’une pensée humaine.



Assimiler l’IA à une source de plagiat revient à ignorer sa nature même.

Une IA générative fonctionne par recombinaison statistique de formes linguistiques. Elle n’élabore ni cadre théorique, ni posture scientifique, ni vision du monde.

Elle ne fait que proposer des formulations possibles à partir d’instructions humaines. La pensée, la cohérence, l’orientation et la responsabilité demeurent intégralement humaines.

La question essentielle n’est donc pas l’outil utilisé, mais ce qui est dit, d’où cela vient et dans quelle continuité intellectuelle cela s’inscrit.

Une vision construite sur plus de vingt-cinq ans de travaux, nourrie par des recherches, des terrains, des responsabilités académiques et professionnelles, ne surgit pas par génération automatique.

L’histoire de la recherche est pourtant claire : les outils ont toujours évolué.

Le traitement de texte n’a pas supprimé l’auteur. Les logiciels statistiques n’ont pas remplacé le raisonnement. Les moteurs de recherche n’ont pas aboli l’esprit critique.

L’IA générative s’inscrit dans cette continuité : elle accélère, structure et clarifie, mais ne pense pas à la place de l’humain.

Il faut le dire clairement : l’intégrité scientifique ne se mesure pas à l’absence d’outils, mais à la responsabilité du propos.

Celui qui assume publiquement l’usage raisonné de l’IA, qui peut défendre ses idées, en retracer l’origine et en assumer les conséquences, respecte pleinement l’éthique académique.

L’IA générative ne vole aucune pensée. Elle met au contraire en lumière celles qui existent déjà. Ce qu’elle révèle, parfois crûment, c’est la différence entre avoir des idées et en avoir peur.

Par Dr Az-Eddine Bennani


Mardi 13 Janvier 2026

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