La publication du dernier rapport de Transparency International sur l'indice de perception de la corruption place le Maroc au 91e rang mondial pour l'année 2025. Si une légère amélioration technique est notée, le Royaume reste englué dans une zone critique qui alimente la défiance des citoyens, et particulièrement celle d'une jeunesse en quête de méritocratie et de justice sociale.
Crise de confiance : la corruption mine l'engagement politique des jeunes
Le verdict de Transparency International est tombé, et il résonne comme un avertissement sévère pour les décideurs politiques marocains. Classé 91e sur l'échelle mondiale de la perception de la corruption, le Maroc peine à s'extraire de la zone endémique des pays où la corruption est perçue comme systémique. Bien que le gouvernement mette en avant une légère progression par rapport aux années précédentes, attribuable à la digitalisation de certaines procédures administratives, le ressenti sur le terrain reste amer. Pour l'ONG internationale comme pour les acteurs locaux, les lois existent, mais leur application souffre d'un manque de volonté politique et de l'absence de reddition des comptes effective.
Ce classement éclaire le fossé grandissant entre la jeunesse marocaine et la sphère politique. Pour une génération diplômée mais confrontée au chômage, la corruption n'est pas un concept abstrait, mais une réalité quotidienne : le "piston" pour obtenir un stage, les pots-de-vin pour accéder à un service public, ou le favoritisme dans les marchés publics. Cette culture de l'impunité nourrit un sentiment de "Hogra" (injustice et humiliation) qui se traduit par un rejet massif des urnes et des institutions. Le manque de confiance en la vie politique n'est donc pas un caprice générationnel, mais une réaction rationnelle face à un système perçu comme verrouillé et inéquitable.
Les conséquences de cette stagnation sont lourdes pour l'avenir du pays. Au-delà du coût économique, estimé à plusieurs points de PIB, la corruption agit comme un puissant moteur de l'émigration. De nombreux jeunes talents choisissent l'exil non seulement pour des raisons salariales, mais pour évoluer dans des environnements où la règle de droit prime sur le clientélisme. Transparency International appelle le Maroc à dépasser les effets d'annonce et à renforcer l'indépendance de la justice et des instances de contrôle. Sans un choc de moralisation de la vie publique, la réconciliation entre l'État et sa jeunesse restera un vœu pieux.
Ce classement éclaire le fossé grandissant entre la jeunesse marocaine et la sphère politique. Pour une génération diplômée mais confrontée au chômage, la corruption n'est pas un concept abstrait, mais une réalité quotidienne : le "piston" pour obtenir un stage, les pots-de-vin pour accéder à un service public, ou le favoritisme dans les marchés publics. Cette culture de l'impunité nourrit un sentiment de "Hogra" (injustice et humiliation) qui se traduit par un rejet massif des urnes et des institutions. Le manque de confiance en la vie politique n'est donc pas un caprice générationnel, mais une réaction rationnelle face à un système perçu comme verrouillé et inéquitable.
Les conséquences de cette stagnation sont lourdes pour l'avenir du pays. Au-delà du coût économique, estimé à plusieurs points de PIB, la corruption agit comme un puissant moteur de l'émigration. De nombreux jeunes talents choisissent l'exil non seulement pour des raisons salariales, mais pour évoluer dans des environnements où la règle de droit prime sur le clientélisme. Transparency International appelle le Maroc à dépasser les effets d'annonce et à renforcer l'indépendance de la justice et des instances de contrôle. Sans un choc de moralisation de la vie publique, la réconciliation entre l'État et sa jeunesse restera un vœu pieux.