Inflation au Maroc : l’IPC recule de 0,6% en février 2026


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mercredi 18 Mars 2026

En février 2026, l’inflation au Maroc marque un léger repli sur un an. Derrière cette accalmie apparente, les chiffres du Haut-Commissariat au Plan révèlent une réalité plus nuancée, entre baisse des produits alimentaires et hausse persistante de certains postes sensibles.



Selon les dernières données du Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’indice des prix à la consommation (IPC) a reculé de 0,6% en février 2026 par rapport au même mois de 2025. Une baisse qui tranche avec les tensions inflationnistes observées ces dernières années, mais qui mérite d’être décortiquée.
 

Dans le détail, cette évolution s’explique d’abord par une diminution notable des prix des produits alimentaires, en recul de 2% sur un an. Une respiration pour les ménages marocains, dont le budget reste largement absorbé par l’alimentation. À l’inverse, les produits non alimentaires ont enregistré une légère hausse de 0,4%, traduisant des pressions toujours présentes sur certains postes de dépenses.
 

Mais derrière cette moyenne annuelle, la dynamique mensuelle raconte une autre histoire. Comparé à janvier 2026, l’IPC a progressé de 0,5% en février. Une hausse tirée principalement par les produits alimentaires (+0,8%), alors que les produits non alimentaires ont, eux aussi, légèrement augmenté (+0,3%). Comme souvent, ce sont les marchés de produits frais qui ont donné le tempo.
 

Les hausses les plus marquées concernent les poissons et fruits de mer (+4,5%), suivis des fruits (+2,1%) et des viandes (+1,6%). Les légumes, eux, ont progressé de 1%, tandis que des produits du quotidien comme le lait, le fromage, les œufs ou encore le café et le thé ont connu une augmentation plus modérée (+0,4%). À l’inverse, certaines catégories ont offert un répit : les huiles et graisses ont chuté de 2,2%, et les boissons non alcoolisées ont légèrement reculé (-0,4%).
 

Côté produits non alimentaires, la hausse reste contenue mais ciblée. Les carburants, notamment, ont augmenté de 3,1%, un facteur qui pèse indirectement sur l’ensemble de la chaîne des prix, du transport aux biens de consommation.
 

Sur le plan territorial, les disparités sont bien réelles. Oujda et Tanger enregistrent les plus fortes hausses mensuelles (+1,4%), suivies de Tétouan (+1,2%). Fès, Kénitra et Al Hoceima affichent des progressions de 0,7%, tandis que Casablanca, Rabat et Settat restent relativement modérées (+0,3%). À l’inverse, certaines villes comme Safi (-0,4%) ou encore Guelmim et Errachidia (-0,2%) connaissent une légère détente des prix.
 

Un autre indicateur mérite l’attention : l’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à forte volatilité et les tarifs administrés. Celle-ci a progressé de 0,2% sur un mois, mais recule de 1,2% sur un an. Un signal souvent interprété par les économistes comme un marqueur plus stable des tendances de fond.
 

Au fond, ces chiffres traduisent une réalité ambivalente. Oui, la pression inflationniste globale semble se relâcher. Mais dans le quotidien des Marocains, les variations restent palpables, parfois même déroutantes d’un mois à l’autre. Dans une supérette de quartier à Rabat, un commerçant confiait récemment : « Les clients regardent chaque dirham. Même une petite hausse, ça se sent tout de suite. ».
 

Entre accalmie statistique et tensions persistantes sur certains produits clés, l’inflation au Maroc en février 2026 esquisse un équilibre fragile. Un signal à suivre de près, tant il conditionne le pouvoir d’achat et la confiance des ménages.





Mercredi 18 Mars 2026
Dans la même rubrique :