Intelligence artificielle : le Maroc progresse, mais les classements demandent un peu de prudence


Rédigé par La rédaction le Mardi 14 Juillet 2026



Plusieurs chiffres circulent sur la position du Maroc dans la gouvernance mondiale de l'intelligence artificielle. Une vérification s'impose : les indices ne mesurent ni la même chose ni le même nombre de pays.

Le Maroc serait-il classé 63ᵉ mondial pour la gouvernance de l'intelligence artificielle ? L'affirmation, largement reprise, demeure difficile à rattacher à un indice international de référence mesurant précisément cette notion. Elle semble mélanger plusieurs tableaux : préparation gouvernementale, adoption économique, infrastructures numériques ou capacité d'externalisation.
  Le Government AI Readiness Index 2025, publié par Oxford Insights, évalue 195 gouvernements selon leur capacité à mettre l'IA au service de l'intérêt public. Dans ce classement, le Maroc occupe la 87ᵉ position, après avoir gagné quatorze places en un an.
  Cette progression n'est pas anecdotique. Le Royaume a engagé une stratégie visant à développer des centres d'intelligence artificielle liés aux universités, des capacités nationales de cloud et de stockage, ainsi qu'une législation spécifique. Le gouvernement ambitionne également de former 200.000 diplômés aux compétences liées à l'IA et de créer 50.000 emplois dans ce domaine d'ici 2030.
  Mais la préparation technologique ne vaut pas encore gouvernance aboutie. Celle-ci suppose des règles sur les données personnelles, la transparence des algorithmes, la responsabilité en cas d'erreur et l'utilisation de l'IA par les administrations.
  Le Maroc avance, certes. Il lui reste à transformer les annonces, les centres d'excellence et les partenariats en mécanismes vérifiables.
  La bataille des classements attire les titres. Celle des institutions solides décidera du reste.




Mardi 14 Juillet 2026
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