Téhéran ferme la porte au dialogue
S’exprimant à la télévision d’État, Mohammad Mokhbar a affirmé que l’Iran n’avait « aucune confiance dans les Américains » et qu’il n’existait « aucune base pour une négociation ». Cette position intervient alors que plusieurs initiatives diplomatiques tentent d’obtenir une désescalade du conflit déclenché le 28 février 2026 par des frappes conjointes américaines et israéliennes.
La Turquie s’est notamment proposée comme médiateur. Le président Recep Tayyip Erdoğan a appelé à un cessez-le-feu et à l’ouverture d’un dialogue entre Washington, Tel-Aviv et Téhéran. Mais ces tentatives restent pour l’instant sans effet. Dans les premières heures du conflit, Donald Trump avait évoqué l’existence de possibles « voies de sortie ». Le président américain a ensuite durci sa position, estimant qu’il était désormais « trop tard » pour négocier.
Le détroit d’Ormuz au cœur de la confrontation
Sur le terrain stratégique, les Gardiens de la Révolution affirment contrôler totalement le détroit d’Ormuz, passage par lequel transite environ 20 % du commerce mondial de pétrole. Cette annonce a immédiatement secoué les marchés énergétiques. Le prix du baril a franchi la barre des 80 dollars à l’ouverture des places européennes, reflétant les inquiétudes sur l’approvisionnement mondial.
Frappes intensifiées sur Téhéran
L’armée israélienne a annoncé mercredi une nouvelle série de frappes visant des centres de commandement à Téhéran. Selon le Pentagone, les États-Unis auraient frappé près de 2 000 cibles iraniennes depuis le début des opérations militaires. Par ailleurs, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a indiqué que des avions Rafale avaient intercepté et neutralisé des drones iraniens visant les Émirats arabes unis, soulignant l’extension régionale des opérations.
Une succession incertaine après la mort d’Ali Khamenei
Le conflit a également provoqué un choc politique majeur en Iran avec la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué samedi lors des premières frappes à l’âge de 86 ans, après 36 ans au pouvoir. Des funérailles nationales doivent débuter mercredi soir à la mosquée Imam Khomeini de Téhéran, avant une inhumation prévue à Machhad. La désignation de son successeur, qui relève de l’Assemblée des experts, reste pour l’instant incertaine.
Un conflit qui s’installe
Entre frappes militaires, tensions énergétiques et blocage diplomatique, la crise semble s’inscrire dans la durée. La position affichée par Téhéran – refuser toute négociation et se préparer à une guerre prolongée – confirme que le conflit pourrait entrer dans une phase plus longue et plus imprévisible.