À Munich, Ismaël Saibari entre dans une nouvelle dimension. Arrivé cet été en provenance du PSV Eindhoven, le milieu marocain découvre progressivement l’intensité des entraînements, la qualité de l’effectif bavarois et les attentes qui accompagnent le maillot du Bayern.
Mais derrière cette nouvelle étape se cache un parcours construit au fil des années. Dans les colonnes du magazine « 51 », Saibari raconte les difficultés rencontrées durant son enfance, le rôle déterminant de ses parents et la mentalité qui lui a permis de franchir les différents obstacles.
Le Bayern, un rêve devenu réalité
Saibari avait déjà pu mesurer la dimension du Bayern la saison dernière, lorsque le PSV Eindhoven avait affronté le club allemand en Ligue des champions. Cette confrontation a renforcé son envie de rejoindre la formation bavaroise.
Impressionné par l’intensité du jeu et surtout par la mentalité des joueurs du Bayern, le Marocain s’est rapidement projeté dans ce nouvel environnement.
Son entraîneur, Vincent Kompany, lui a également confirmé que son profil correspondait aux exigences du club. Offensif, capable de se montrer dangereux devant le but mais également de participer aux tâches défensives, Saibari entend désormais répondre aux attentes de son nouveau coach.
Sa philosophie tient en une phrase : « Je ne peux pas jouer à 90 %. Je donne toujours 100 %. »
Une mentalité qui ne date pas de son arrivée en Allemagne, mais qui accompagne le joueur depuis son enfance.
Un père exigeant, une mère au cœur des épreuves
Derrière le footballeur se trouve avant tout une histoire familiale.
Lorsqu’il était enfant, son père l’accompagnait régulièrement au parc pour travailler ses qualités techniques. Ayant remarqué que son fils utilisait davantage son pied droit, il insistait pour qu’il travaille également son pied gauche.
Ces séances, parfois difficiles pour un enfant de 10 ou 11 ans, ont progressivement contribué à développer sa polyvalence et son exigence envers lui-même.
Sa mère a, elle aussi, joué un rôle essentiel dans son enfance. Né avec les pieds tournés vers l’intérieur, Saibari avait dû suivre un traitement pour corriger leur position. Sa mère a traversé cette période à ses côtés, allant jusqu’à le porter durant la nuit alors qu’il devait porter des chaussures métalliques destinées à corriger ses pieds.
Des souvenirs qui ont profondément marqué le joueur et expliquent pourquoi il considère aujourd’hui ses parents comme ses principales sources d’inspiration.
Du Maroc à l’Europe
L’histoire familiale de Saibari est également celle d’un parcours migratoire. Ses parents ont quitté le Maroc à la recherche de meilleures conditions de vie, d’abord pour l’Espagne, puis pour la Belgique.
Dans ces nouveaux pays, ils ont dû reconstruire leur vie sans réseau ni moyens importants. Ils ont finalement élevé quatre enfants et transmis à Ismaël une valeur essentielle : le travail et la persévérance permettent de surmonter les obstacles.
Cette philosophie accompagne aujourd’hui le milieu marocain dans sa carrière professionnelle.
Cinq langues et un rôle de rassembleur
Le parcours de Saibari a également été marqué par plusieurs changements de pays. Espagne, Belgique, Pays-Bas : chaque étape lui a imposé de nouveaux défis et une nouvelle capacité d’adaptation.
L’arrivée en Belgique a notamment été compliquée par la barrière de la langue. Aux Pays-Bas, il a ensuite découvert une philosophie de jeu davantage basée sur la possession et le jeu au sol, un style qui correspondait à ses qualités techniques.
Aujourd’hui, Saibari parle cinq langues : l’anglais, l’espagnol, le français, l’arabe et le néerlandais. À Munich, il souhaite désormais apprendre l’allemand afin de faciliter son intégration.
Cette facilité à communiquer lui avait déjà permis de jouer un rôle important au sein du vestiaire du PSV. Il aidait notamment les jeunes joueurs et les nouveaux arrivants à s’intégrer, tout en servant parfois de traducteur lors de certaines réunions.
Une responsabilité qu’il connaît bien. Lorsqu’il était lui-même passé du centre de formation à l’équipe première, d’autres joueurs l’avaient accompagné dans cette transition. À son tour, il a voulu transmettre cette aide aux nouveaux venus.
Le numéro 34, un hommage à Abdelhak Nouri
Parmi les confidences les plus fortes de Saibari figure également son histoire avec Abdelhak Nouri, l’ancien grand espoir de l’Ajax dont la carrière a été brutalement interrompue après son malaise lors d’un match amical en 2017.
Saibari ne connaissait pas personnellement Nouri avant cet accident. Au fil du temps, il s’est toutefois rapproché de lui et de sa famille et continue notamment à lui rendre visite.
Lorsqu’il a rejoint le Bayern Munich, le Marocain a choisi de porter le numéro 34, en hommage à Nouri. Un choix particulièrement symbolique puisque c’est Nouri lui-même qui lui avait attribué ce numéro.
Saibari raconte également que Nouri avait manifesté sa joie lorsqu’il avait appris son transfert au Bayern.
Un nouveau chapitre à Munich
À travers ses confidences, Ismaël Saibari dévoile donc une personnalité façonnée bien au-delà du football. Derrière le jeune milieu offensif qui s’apprête à évoluer sous le maillot du Bayern se trouve une histoire faite de sacrifices, d’adaptation et de travail.
Son arrivée en Bavière représente l’aboutissement de nombreuses années d’efforts, mais aussi le début d’un nouveau défi.
À Munich, Saibari veut désormais continuer à progresser, s’imposer au sein de l’effectif bavarois et contribuer à la conquête de nouveaux titres. Avec, en ligne de mire, une ambition qui dépasse les terrains : rendre fiers ceux qui l’ont accompagné depuis ses premiers pas dans le football.