Japon : le projet de train à sustentation magnétique franchit une étape décisive


Rédigé par Salma Chmanti Houari le Mardi 14 Juillet 2026

Après plusieurs années de discussions, la compagnie ferroviaire JR Tokai a obtenu l'accord de la préfecture de Shizuoka pour poursuivre son ambitieux projet de train à sustentation magnétique. Cette infrastructure, estimée à 60 milliards d'euros, doit à terme relier Tokyo à Osaka à une vitesse pouvant atteindre 500 km/h, tout en soulevant des défis techniques, environnementaux et économiques.



Un accord met fin à une décennie de blocage

Le projet de train à sustentation magnétique porté par JR Tokai vient de franchir une étape majeure. Le 7 juillet, la préfecture de Shizuoka a donné son accord après la conclusion d'un compromis portant sur les mesures de protection de l'environnement, levant ainsi le principal obstacle qui freinait le chantier depuis plusieurs années.
 

Présenté dès 2017 et soutenu par le gouvernement japonais, le projet avait été retardé en raison des inquiétudes exprimées par les autorités locales concernant ses conséquences sur les ressources en eau. Initialement prévue en 2027, la mise en service de la ligne a donc été reportée.
 

Selon le gouverneur de la préfecture de Shizuoka, Yasutomo Suzuki, les échanges avec JR Tokai ont permis d'apporter des réponses aux préoccupations environnementales, ouvrant la voie à l'approbation du projet. De son côté, le président de JR Tokai, Niwa Shunsuke, a affirmé que la compagnie mettrait tout en œuvre pour accélérer sa réalisation.


Une technologie capable d'atteindre 500 km/h

Contrairement au Shinkansen, cette nouvelle ligne reposera sur la technologie de la sustentation magnétique, qui permet au train de circuler sans contact avec les rails grâce aux forces magnétiques.
 

L'objectif est de relier Tokyo et Nagoya, distantes de 370 kilomètres, en seulement 40 minutes, avec une vitesse maximale de 500 km/h.
 

Cette technologie impose toutefois des contraintes importantes. En raison de sa vitesse élevée, le train ne peut négocier des virages serrés, ce qui nécessite la construction de tunnels sur près de 90 % du tracé entre Tokyo et Nagoya.
 

C'est précisément cet aspect qui avait suscité les réserves de la préfecture de Shizuoka, préoccupée par les conséquences que ces travaux pourraient avoir sur les nappes phréatiques.


Un investissement colossal aux retombées attendues

Le coût du projet est estimé à 11.000 milliards de yens, soit environ 60 milliards d'euros.
 

JR Tokai prévoit, à terme, de prolonger cette ligne jusqu'à Osaka. Si cette extension voit le jour, le trajet entre les deux grandes métropoles japonaises pourrait être effectué en un peu plus d'une heure, contre environ deux heures vingt actuellement.
 

Selon le quotidien économique Nihon Keizai Shimbun, cette liaison favoriserait la création d'un vaste ensemble urbain de 66 millions d'habitants, dont le produit intérieur brut atteindrait environ 330.000 milliards de yens.
 

Le journal estime que la réduction des temps de trajet pourrait faciliter les déplacements professionnels, renforcer les coopérations entre entreprises et encourager la mobilité des étudiants et des travailleurs entre les grandes villes et les régions.

La nouvelle ligne constituerait également une alternative en cas d'interruption du réseau Shinkansen à la suite d'une catastrophe naturelle.
 

Pour obtenir l'accord des autorités locales, JR Tokai s'est engagée à verser des compensations financières sans limitation de durée si les travaux venaient à provoquer un assèchement des nappes phréatiques.


Des délais encore longs et une rentabilité sous surveillance

Malgré cette avancée, la réalisation du projet reste inscrite dans le temps long. D'après le Mainichi Shimbun, la liaison entre Tokyo et Nagoya ne pourrait entrer en service qu'à partir de 2036 au plus tôt.
 

Le prolongement jusqu'à Osaka nécessiterait ensuite au moins une dizaine d'années supplémentaires.
 

Par ailleurs, la hausse des coûts constitue un autre défi majeur. Le budget du projet a déjà doublé par rapport aux estimations initiales, passant de 5.500 à 11.000 milliards de yens. Dans ce contexte, JR Tokai reconnaît que l'inflation représente aujourd'hui l'une des principales incertitudes pesant sur la rentabilité de cette infrastructure.





Mardi 14 Juillet 2026
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