Je n'aurais jamais cru voir cela de mon vivant : Le Maroc dans le Top 5 mondial du football

Entrer dans le Top 5 est un exploit. Y rester est une autre histoire.


Rédigé par le Jeudi 25 Juin 2026



Le Maroc entre dans le Top 5 mondial du football : bien plus qu'un classement, un basculement historique

Le vingt-cinq juin deux mille vingt-six restera, pour beaucoup de Marocains passionnés de football, comme une date particulière. Pas parce qu'un trophée a été soulevé ce jour-là. Pas parce qu'une finale a été remportée. Mais parce qu'un classement est venu confirmer ce que l'on pressentait depuis plusieurs années : le football marocain appartient désormais au premier cercle mondial.

Voir le Maroc cinquième au classement mondial, derrière seulement l'Argentine, la France, l'Espagne et l'Angleterre, et devant des nations comme le Brésil, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas ou le Portugal, relève presque de l'irréel.

Je n'aurais jamais cru vivre assez longtemps pour assister à cela.

Pour ma génération, le football marocain était celui des exploits magnifiques... mais isolés. Mexico en mille neuf cent quatre-vingt-six, la CAN de mille neuf cent soixante-seize, quelques qualifications héroïques, des générations talentueuses souvent contrariées par des problèmes d'organisation ou de gouvernance. Nous rêvions de rivaliser avec les grandes nations européennes et sud-américaines. Nous étions loin d'imaginer qu'un jour elles regarderaient le Maroc comme un concurrent direct.

Puis quelque chose a changé.

Ce changement n'est pas né en une seule Coupe du monde. Il est le fruit d'une vision Royale et de près de vingt ans d'investissements patients. Construction d'infrastructures, professionnalisation des clubs, création d'académies, développement de la formation, stabilité fédérale, amélioration de l'encadrement médical et scientifique, ouverture vers les talents de la diaspora... Rien n'est arrivé par hasard.

La demi-finale historique du Mondial deux mille vingt-deux n'était finalement pas un miracle. Elle était un avertissement adressé au monde.

Depuis, les Lions de l'Atlas ont cessé d'être l'équipe surprise. Ils sont devenus une équipe attendue, étudiée, respectée.

Le plus impressionnant est peut-être ailleurs.

En regardant le classement, on ne voit pas seulement dix équipes. On voit les plus grandes traditions de l'histoire du football mondial. L'Argentine de Maradona et Messi. La France de Platini, Zidane et Mbappé. L'Espagne du tiki-taka. L'Angleterre, berceau du football moderne. Le Brésil aux cinq Coupes du monde. L'Allemagne et sa culture de la victoire. L'Italie des défenses légendaires. Les Pays-Bas du football total. Le Portugal de Cristiano Ronaldo.

Et désormais, le Maroc. Cette simple phrase aurait semblé totalement irréaliste il y a encore quinze ans.

Certains objecteront qu'un classement FIFA reste un classement statistique. Ils auront raison... en partie.

Car derrière les chiffres se cache une réalité beaucoup plus profonde : les grandes nations considèrent aujourd'hui le Maroc comme un adversaire majeur. Elles préparent leurs matchs contre lui avec autant de sérieux que face aux meilleures sélections européennes ou sud-américaines.

Le respect ne se décrète pas. Il se gagne.Et il se gagne sur le terrain.

Cette cinquième place représente également une victoire collective. Celle des joueurs, évidemment, mais aussi des éducateurs anonymes, des clubs formateurs, des dirigeants qui ont parfois travaillé dans l'ombre, des familles qui ont accompagné ces jeunes talents, des supporters qui ont continué à croire même lorsque les résultats tardaient.

Le football est souvent le miroir d'une société.

Lorsqu'un pays apprend à planifier sur le long terme, à investir dans la jeunesse et à construire des institutions solides, les résultats finissent presque toujours par apparaître.

Le Maroc en apporte aujourd'hui une démonstration éclatante. Mais cette réussite ouvre une nouvelle responsabilité.

Entrer dans le Top 5 est un exploit. Y rester est une autre histoire.

Les attentes seront désormais immenses. Chaque compétition sera observée avec une pression nouvelle. Chaque contre-performance sera analysée différemment. Le statut d'outsider sympathique appartient désormais au passé.

Le Maroc joue désormais dans la cour des très grands. Et ce n'est peut-être que le début.

Car derrière cette génération exceptionnelle arrive déjà une nouvelle vague de jeunes talents issus des académies nationales et européennes. La Coupe d'Afrique des Nations organisée à domicile, puis la Coupe du monde de deux mille trente coorganisée avec l'Espagne et le Portugal, offrent au football marocain une perspective historique que peu de pays ont connue.

Il faudra rester humbles.

Continuer à former.
Continuer à investir.
Continuer à croire que le plus beau reste peut-être à écrire.

En regardant ce classement, je repense au jeune supporter que j'étais.

S'il m'avait entendu dire qu'un jour le Maroc dépasserait le Brésil, l'Allemagne, l'Italie, le Portugal et les Pays-Bas dans la hiérarchie mondiale, il aurait probablement souri avec incrédulité.

Aujourd'hui, cette image est sous nos yeux. Et elle nous rappelle une vérité que le sport enseigne mieux que tout autre domaine : les rêves les plus fous finissent parfois par devenir des statistiques officielles.

Le Maroc est cinquième nation mondiale de football.
Il y a quelques années encore, cette phrase relevait de la fiction.
Aujourd'hui, elle appartient à l'Histoire.




Jeudi 25 Juin 2026
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