Par Adnane Benchakroun
Fatigué de cette petite industrie numérique qui semble avoir découvert une formule particulièrement rentable : plus le Maroc traverse une difficulté, plus certains influenceurs, youtubeurs, podcasteurs et commentateurs autoproclamés jubilent devant leurs micros.
Une crise sociale ? Ils annoncent l’explosion.
Une tension diplomatique ? Ils prédisent l’isolement.
Une manifestation ? Le régime serait au bord du gouffre.
Un problème économique ? Le pays serait en faillite.
Une erreur gouvernementale ? C’est tout l’État qui serait défaillant.
Un fait divers grave ? Il devient immédiatement le symptôme d’une société entière en décomposition. Et lorsqu’aucun fait ne permet d’aller aussi loin, qu’importe : on invente une théorie.
On relie trois événements sans rapport entre eux. On convoque une mystérieuse « source bien informée ». On transforme une rumeur en hypothèse, puis l’hypothèse en quasi-certitude. Et l’on invite ensuite autour de la table les mêmes personnages, choisis moins pour éclairer le débat que pour confirmer le scénario catastrophe annoncé dans la miniature.
Bienvenue dans l’économie numérique du malheur.
La critique n’est pas le problème . Qu’on ne se méprenne surtout pas sur mon propos.
Mais critiquer son pays n’est pas le dénigrer.
Un journaliste doit pouvoir dénoncer la corruption, les inégalités, le chômage, les défaillances de l’école, les insuffisances de l’hôpital, les erreurs d’un ministre, les abus d'une administration ou les incohérences d’une politique publique.
Un citoyen peut être en colère contre son gouvernement et profondément attaché à son pays. Il peut demander des comptes à ses institutions précisément parce qu’il considère que son pays mérite mieux.
C’est même l’une des fonctions essentielles de la presse.
Mais quelque chose d’autre s’est installé dans une partie de notre espace numérique : la critique systématique comme modèle économique.
Ce n’est plus : « Voilà ce qui ne fonctionne pas. » C’est : « Rien ne fonctionne. »
Ce n’est plus : « Cette décision est mauvaise. » C’est : « Tout est pourri. »
Ce n’est plus : « Le Maroc traverse une crise. » C’est : « Enfin la preuve que tout ce que nous vous racontons depuis des mois était vrai. »
La nuance disparaît parce que la nuance clique moins bien.
Le catastrophisme est devenu un business
Il faut regarder le problème en face : l’économie de l’attention récompense rarement la modération. Une vidéo intitulée « Une situation difficile qui mérite une analyse nuancée » risque de faire moins d’audience que :
« C’EST FINI ! »
« LE MAROC AU BORD DE L’EXPLOSION ? »
« CE QU’ON VOUS CACHE ! »
« LE POUVOIR PANIQUE ! »
La mécanique est connue. Il faut une menace, un secret, un responsable, une révélation et, si possible, une catastrophe imminente. Plus le titre inquiète, plus on clique. Plus la miniature dramatise, plus on regarde. Plus le commentaire indigne, plus on partage. Plus les commentaires s’affrontent, plus l’algorithme est satisfait.
La colère est devenue un produit.
L’angoisse, une matière première.
Et le pessimisme, parfois, un fonds de commerce.
Le problème est que lorsque votre audience dépend du malheur, vous finissez inconsciemment — ou consciemment — par avoir besoin que les choses aillent mal.
Et lorsqu’elles ne vont pas suffisamment mal, il faut les présenter comme telles.
Le grand casting des nihilistes
Il existe ensuite une autre recette : les invités. Certains plateaux numériques semblent fonctionner comme des clubs privés où reviennent éternellement les mêmes prophètes de l’effondrement. Ils savent déjà ce qu’ils vont dire avant même de connaître le sujet.
Économie ? Catastrophe.
Diplomatie ? Échec.
Institutions ? Faillite.
Jeunesse ? Révolte imminente.
Élections ? Manipulation.
Réforme ? Diversion.
Investissement ? Propagande.
Résultat positif ? Chiffres suspects.
Résultat négatif ? Preuve définitive.
C’est intellectuellement très confortable : une théorie capable d’expliquer aussi bien une réussite qu’un échec ne peut jamais être démentie.
Mais ce n’est plus de l’analyse. C’est une grille idéologique fermée.
Et j’utilise volontairement le mot « nihilisme » non pas pour désigner toute opposition ou toute voix critique — ce serait absurde — mais cette posture particulière selon laquelle rien de ce que fait le pays ne peut jamais être reconnu comme positif, sincère ou utile.
Aimer son pays n’oblige pas à applaudir son gouvernement
C’est probablement là que nous devons retrouver un peu de maturité collective.
La patrie n’est pas le gouvernement.
Le Maroc n’est pas un ministre.
Le Maroc n’est pas une majorité parlementaire.
C’est une histoire, un territoire, une société, des millions de citoyens, des générations passées et celles qui arrivent.
On peut combattre politiquement un gouvernement sans souhaiter l’échec du pays.
On peut dénoncer une décision sans transformer chaque difficulté en procès du Maroc.
On peut être opposant sans devenir procureur permanent de sa propre nation.
Et inversement, défendre son pays ne signifie certainement pas nier ses problèmes.
Le patriotisme qui consiste à dire que tout va bien est aussi intellectuellement pauvre que le nihilisme qui affirme que tout va mal. Entre les deux existe un espace immense : celui de la lucidité.
Et nous, journalistes, ne sommes pas innocents
Il serait trop facile d’accuser uniquement les influenceurs.
Les médias traditionnels ont eux aussi participé à cette dérive.
Nous avons adopté leurs codes.
Nous avons raccourci les titres.
Durci les formulations.
Cherché le clic.
Transformé parfois l’interrogation en soupçon et le soupçon en titre.
Nous connaissons tous cette tentation. Parce qu’un média doit vivre. Parce qu’une rédaction doit payer ses journalistes. Parce que l’audience est mesurée en temps réel et que chaque article est désormais soumis au tribunal des statistiques.
Mais précisément : notre métier commence là où cette pression devrait s’arrêter.
Un journaliste n’est pas payé pour fabriquer la réalité la plus rentable.
Il est censé essayer de raconter la réalité la plus juste possible.
Même lorsqu’elle est moins spectaculaire.
Le Maroc a des problèmes. Beaucoup. Oui, le Maroc connaît des difficultés profondes.
Le chômage des jeunes est préoccupant. Les inégalités territoriales demeurent considérables. Le pouvoir d’achat pèse lourdement sur les familles. L’école publique reste confrontée à d’immenses défis. L’accès aux soins demeure inégal. La confiance envers certaines institutions s’érode. Une partie de la jeunesse exprime une frustration qu’il serait dangereux de mépriser.
Tout cela doit être écrit. Enquêté. Documenté. Débattu.
Mais le même Maroc construit aussi, investit, attire des industries, développe des infrastructures, connaît des réussites diplomatiques, produit des entrepreneurs, des ingénieurs, des chercheurs, des artistes et une nouvelle génération extraordinairement connectée au monde.
Pourquoi faudrait-il choisir entre ces deux Maroc ? Ils existent simultanément.
C’est précisément cette contradiction qui mérite d’être racontée.
Une crise nationale n’est pas une fête éditoriale
C’est probablement ce qui me dérange le plus.
Lorsque notre pays traverse une crise, j’observe parfois chez certains commentateurs une excitation presque palpable.
Enfin ! Enfin l’événement qui permettra de démontrer que tout était condamné.
Alors arrivent les directs interminables, les révélations invérifiables, les scénarios politiques construits en quelques heures, les témoignages sélectionnés parce qu’ils correspondent au récit recherché et les prédictions apocalyptiques.
Puis la crise passe. Le pays ne s’effondre pas.
Les prophéties disparaissent discrètement des fils d’actualité.
Personne ne revient expliquer : nous nous sommes trompés.
Et l’on attend la prochaine crise.
Nous avons besoin de critiques responsables, pas de fossoyeurs
Une démocratie vivante a besoin de journalistes agaçants.
De chroniqueurs insolents.
D’opposants déterminés.
D’intellectuels indépendants.
De citoyens qui refusent la langue de bois.
Elle n’a certainement pas besoin d’une presse docile transformée en service après-vente des institutions.
Mais elle n’a pas davantage besoin d’une industrie de la désespérance dont le modèle économique consiste à convaincre quotidiennement les Marocains que leur pays est foutu.Car à force de répéter à une société qu’elle n’a aucun avenir, on ne produit pas nécessairement une révolution.
On produit souvent quelque chose de beaucoup plus banal et de beaucoup plus dangereux : le découragement.
Et le découragement collectif finit par détruire ce que la critique prétendait améliorer.
Alors oui, continuons à dénoncer. Continuons à enquêter. Continuons à demander des comptes. Continuons à publier ce qui dérange.
Mais retrouvons une règle élémentaire : ne jamais souhaiter secrètement que la réalité soit pire simplement parce qu’une mauvaise nouvelle fait une meilleure émission.
Le Maroc n’a pas besoin qu’on lui mente.
Ni pour lui dire que tout va bien.
Ni pour lui expliquer que tout va mal.
Il a besoin qu’on lui dise la vérité. Même lorsqu’elle fait moins de vues.
Une crise sociale ? Ils annoncent l’explosion.
Une tension diplomatique ? Ils prédisent l’isolement.
Une manifestation ? Le régime serait au bord du gouffre.
Un problème économique ? Le pays serait en faillite.
Une erreur gouvernementale ? C’est tout l’État qui serait défaillant.
Un fait divers grave ? Il devient immédiatement le symptôme d’une société entière en décomposition. Et lorsqu’aucun fait ne permet d’aller aussi loin, qu’importe : on invente une théorie.
On relie trois événements sans rapport entre eux. On convoque une mystérieuse « source bien informée ». On transforme une rumeur en hypothèse, puis l’hypothèse en quasi-certitude. Et l’on invite ensuite autour de la table les mêmes personnages, choisis moins pour éclairer le débat que pour confirmer le scénario catastrophe annoncé dans la miniature.
Bienvenue dans l’économie numérique du malheur.
La critique n’est pas le problème . Qu’on ne se méprenne surtout pas sur mon propos.
Mais critiquer son pays n’est pas le dénigrer.
Un journaliste doit pouvoir dénoncer la corruption, les inégalités, le chômage, les défaillances de l’école, les insuffisances de l’hôpital, les erreurs d’un ministre, les abus d'une administration ou les incohérences d’une politique publique.
Un citoyen peut être en colère contre son gouvernement et profondément attaché à son pays. Il peut demander des comptes à ses institutions précisément parce qu’il considère que son pays mérite mieux.
C’est même l’une des fonctions essentielles de la presse.
Mais quelque chose d’autre s’est installé dans une partie de notre espace numérique : la critique systématique comme modèle économique.
Ce n’est plus : « Voilà ce qui ne fonctionne pas. » C’est : « Rien ne fonctionne. »
Ce n’est plus : « Cette décision est mauvaise. » C’est : « Tout est pourri. »
Ce n’est plus : « Le Maroc traverse une crise. » C’est : « Enfin la preuve que tout ce que nous vous racontons depuis des mois était vrai. »
La nuance disparaît parce que la nuance clique moins bien.
Le catastrophisme est devenu un business
Il faut regarder le problème en face : l’économie de l’attention récompense rarement la modération. Une vidéo intitulée « Une situation difficile qui mérite une analyse nuancée » risque de faire moins d’audience que :
« C’EST FINI ! »
« LE MAROC AU BORD DE L’EXPLOSION ? »
« CE QU’ON VOUS CACHE ! »
« LE POUVOIR PANIQUE ! »
La mécanique est connue. Il faut une menace, un secret, un responsable, une révélation et, si possible, une catastrophe imminente. Plus le titre inquiète, plus on clique. Plus la miniature dramatise, plus on regarde. Plus le commentaire indigne, plus on partage. Plus les commentaires s’affrontent, plus l’algorithme est satisfait.
La colère est devenue un produit.
L’angoisse, une matière première.
Et le pessimisme, parfois, un fonds de commerce.
Le problème est que lorsque votre audience dépend du malheur, vous finissez inconsciemment — ou consciemment — par avoir besoin que les choses aillent mal.
Et lorsqu’elles ne vont pas suffisamment mal, il faut les présenter comme telles.
Le grand casting des nihilistes
Il existe ensuite une autre recette : les invités. Certains plateaux numériques semblent fonctionner comme des clubs privés où reviennent éternellement les mêmes prophètes de l’effondrement. Ils savent déjà ce qu’ils vont dire avant même de connaître le sujet.
Économie ? Catastrophe.
Diplomatie ? Échec.
Institutions ? Faillite.
Jeunesse ? Révolte imminente.
Élections ? Manipulation.
Réforme ? Diversion.
Investissement ? Propagande.
Résultat positif ? Chiffres suspects.
Résultat négatif ? Preuve définitive.
C’est intellectuellement très confortable : une théorie capable d’expliquer aussi bien une réussite qu’un échec ne peut jamais être démentie.
Mais ce n’est plus de l’analyse. C’est une grille idéologique fermée.
Et j’utilise volontairement le mot « nihilisme » non pas pour désigner toute opposition ou toute voix critique — ce serait absurde — mais cette posture particulière selon laquelle rien de ce que fait le pays ne peut jamais être reconnu comme positif, sincère ou utile.
Aimer son pays n’oblige pas à applaudir son gouvernement
C’est probablement là que nous devons retrouver un peu de maturité collective.
La patrie n’est pas le gouvernement.
Le Maroc n’est pas un ministre.
Le Maroc n’est pas une majorité parlementaire.
C’est une histoire, un territoire, une société, des millions de citoyens, des générations passées et celles qui arrivent.
On peut combattre politiquement un gouvernement sans souhaiter l’échec du pays.
On peut dénoncer une décision sans transformer chaque difficulté en procès du Maroc.
On peut être opposant sans devenir procureur permanent de sa propre nation.
Et inversement, défendre son pays ne signifie certainement pas nier ses problèmes.
Le patriotisme qui consiste à dire que tout va bien est aussi intellectuellement pauvre que le nihilisme qui affirme que tout va mal. Entre les deux existe un espace immense : celui de la lucidité.
Et nous, journalistes, ne sommes pas innocents
Il serait trop facile d’accuser uniquement les influenceurs.
Les médias traditionnels ont eux aussi participé à cette dérive.
Nous avons adopté leurs codes.
Nous avons raccourci les titres.
Durci les formulations.
Cherché le clic.
Transformé parfois l’interrogation en soupçon et le soupçon en titre.
Nous connaissons tous cette tentation. Parce qu’un média doit vivre. Parce qu’une rédaction doit payer ses journalistes. Parce que l’audience est mesurée en temps réel et que chaque article est désormais soumis au tribunal des statistiques.
Mais précisément : notre métier commence là où cette pression devrait s’arrêter.
Un journaliste n’est pas payé pour fabriquer la réalité la plus rentable.
Il est censé essayer de raconter la réalité la plus juste possible.
Même lorsqu’elle est moins spectaculaire.
Le Maroc a des problèmes. Beaucoup. Oui, le Maroc connaît des difficultés profondes.
Le chômage des jeunes est préoccupant. Les inégalités territoriales demeurent considérables. Le pouvoir d’achat pèse lourdement sur les familles. L’école publique reste confrontée à d’immenses défis. L’accès aux soins demeure inégal. La confiance envers certaines institutions s’érode. Une partie de la jeunesse exprime une frustration qu’il serait dangereux de mépriser.
Tout cela doit être écrit. Enquêté. Documenté. Débattu.
Mais le même Maroc construit aussi, investit, attire des industries, développe des infrastructures, connaît des réussites diplomatiques, produit des entrepreneurs, des ingénieurs, des chercheurs, des artistes et une nouvelle génération extraordinairement connectée au monde.
Pourquoi faudrait-il choisir entre ces deux Maroc ? Ils existent simultanément.
C’est précisément cette contradiction qui mérite d’être racontée.
Une crise nationale n’est pas une fête éditoriale
C’est probablement ce qui me dérange le plus.
Lorsque notre pays traverse une crise, j’observe parfois chez certains commentateurs une excitation presque palpable.
Enfin ! Enfin l’événement qui permettra de démontrer que tout était condamné.
Alors arrivent les directs interminables, les révélations invérifiables, les scénarios politiques construits en quelques heures, les témoignages sélectionnés parce qu’ils correspondent au récit recherché et les prédictions apocalyptiques.
Puis la crise passe. Le pays ne s’effondre pas.
Les prophéties disparaissent discrètement des fils d’actualité.
Personne ne revient expliquer : nous nous sommes trompés.
Et l’on attend la prochaine crise.
Nous avons besoin de critiques responsables, pas de fossoyeurs
Une démocratie vivante a besoin de journalistes agaçants.
De chroniqueurs insolents.
D’opposants déterminés.
D’intellectuels indépendants.
De citoyens qui refusent la langue de bois.
Elle n’a certainement pas besoin d’une presse docile transformée en service après-vente des institutions.
Mais elle n’a pas davantage besoin d’une industrie de la désespérance dont le modèle économique consiste à convaincre quotidiennement les Marocains que leur pays est foutu.Car à force de répéter à une société qu’elle n’a aucun avenir, on ne produit pas nécessairement une révolution.
On produit souvent quelque chose de beaucoup plus banal et de beaucoup plus dangereux : le découragement.
Et le découragement collectif finit par détruire ce que la critique prétendait améliorer.
Alors oui, continuons à dénoncer. Continuons à enquêter. Continuons à demander des comptes. Continuons à publier ce qui dérange.
Mais retrouvons une règle élémentaire : ne jamais souhaiter secrètement que la réalité soit pire simplement parce qu’une mauvaise nouvelle fait une meilleure émission.
Le Maroc n’a pas besoin qu’on lui mente.
Ni pour lui dire que tout va bien.
Ni pour lui expliquer que tout va mal.
Il a besoin qu’on lui dise la vérité. Même lorsqu’elle fait moins de vues.
Un dernier conseil, même si je sais qu’il ne vous plaira pas forcément : ne jouez jamais contre votre propre pays.
Critiquez-le. Bousculez ses responsables. Interrogez ses institutions. Dénoncez leurs erreurs lorsqu’elles existent. C’est votre droit, et parfois même votre devoir. Mais ne franchissez pas cette ligne où la critique cesse d’être une exigence démocratique pour devenir une entreprise de démolition systématique.
Car, à force de vouloir avoir raison contre son pays, on finit parfois par applaudir tout ce qui peut l’affaiblir.
Et surtout, ne devenez pas les idiots de service d’intérêts étrangers, de réseaux d’influence ou d’officines dont les objectifs géopolitiques n’ont probablement rien à voir avec la liberté d’expression, la démocratie ou le bien-être des Marocains. Dans la bataille mondiale de l’information, les colères authentiques, les frustrations sociales et même les ego médiatiques peuvent être instrumentalisés.
Gardez votre indépendance. Gardez votre esprit critique. Gardez votre liberté de parole.
Mais gardez aussi une boussole.
On peut être sévère avec son gouvernement sans être hostile à son État et sans souhaiter son effondrement. On peut aimer profondément le Maroc sans fermer les yeux sur ses faiblesses.
Et lorsqu’arrivent les moments difficiles, souvenez-vous simplement de ceci : un pays se réforme en regardant ses défauts en face ; il ne se construit jamais en prenant plaisir à le voir trébucher.
Car, à force de vouloir avoir raison contre son pays, on finit parfois par applaudir tout ce qui peut l’affaiblir.
Et surtout, ne devenez pas les idiots de service d’intérêts étrangers, de réseaux d’influence ou d’officines dont les objectifs géopolitiques n’ont probablement rien à voir avec la liberté d’expression, la démocratie ou le bien-être des Marocains. Dans la bataille mondiale de l’information, les colères authentiques, les frustrations sociales et même les ego médiatiques peuvent être instrumentalisés.
Gardez votre indépendance. Gardez votre esprit critique. Gardez votre liberté de parole.
Mais gardez aussi une boussole.
On peut être sévère avec son gouvernement sans être hostile à son État et sans souhaiter son effondrement. On peut aimer profondément le Maroc sans fermer les yeux sur ses faiblesses.
Et lorsqu’arrivent les moments difficiles, souvenez-vous simplement de ceci : un pays se réforme en regardant ses défauts en face ; il ne se construit jamais en prenant plaisir à le voir trébucher.