Dr Anwar CHERKAOUI Acteur Associatif
Je vais voter.
Je ne vais pas rester chez moi.
Je vais me rendre au bureau de vote, prendre mon bulletin et participer au scrutin : devoir national et citoyen.
Mais je pourrais mettre un bulletin blanc. Pourquoi ?
Parce que voter ne signifie pas nécessairement donner automatiquement son adhésion à l'un des candidats.
Voter, c'est choisir.
Et lorsqu'aucun candidat ne parvient à convaincre, le bulletin blanc peut devenir une manière de participer tout en exprimant une insatisfaction.
Il faut toutefois être précis : au Maroc, le bulletin blanc n'est pas assimilé juridiquement à un vote exprimé en faveur d'un candidat.
Sa portée est surtout citoyenne, politique et symbolique.
Une élection n'est pas une fête de mariage
Une candidate entre dans une salle des fêtes au milieu des you-yous, des « zgharit », des applaudissements et d'une ambiance qui ressemble davantage à une cérémonie de mariage qu'à une rencontre politique.
Pourquoi pas ? La joie et la convivialité ont leur place dans une campagne.
Mais une élection n'est pas un mariage.
Le citoyen ne cherche pas seulement une ambiance festive.
Il veut connaître un projet : santé, éducation, emploi, transport, logement, administration, environnement, développement local.
La politique ne devrait pas être une compétition de décibels, mais une compétition de projets, de compétences, d'intégrité et de résultats.
Le citoyen n'est pas un simple spectateur d'une fête électorale.
Il est celui qui confie temporairement une partie de son pouvoir à un élu.
*Une candidature ne devrait pas être une question de Tazkiya*
Autre situation : un candidat sollicite l'investiture de son parti. Il ne l'obtient pas.
Il change alors d'étiquette et se présente sous les couleurs d'une autre formation.
La liberté de candidature existe, mais une question politique demeure :
Les convictions changent-elles réellement, ou est-ce la place sur la liste qui change, Tazkiya ?
Un parti ne devrait pas considérer un candidat comme sa propriété. Mais un candidat ne devrait pas non plus considérer un parti comme un simple véhicule électoral interchangeable.
La démocratie a besoin de compétition, mais elle a surtout besoin de convictions.
Le citoyen est donc en droit de demander : qu'est-ce qui motive cette candidature ?
Un projet politique ou une ambition personnelle ?
Où est le bilan du mandat précédent ?
C'est peut-être la question essentielle.
Un mandat parlementaire arrive à son terme.
L'élu sollicite à nouveau le suffrage des citoyens.
Mais quel bilan présente-t-il ?
Combien de propositions de loi a-t-il déposées ? Combien de questions a-t-il posées ?
Quels dossiers de sa circonscription a-t-il défendus ?
Quels problèmes a-t-il contribué à résoudre ?
Quelles promesses ont été tenues ?
Lesquelles ne l'ont pas été ?
Et pourquoi ?
Où est le document qui permet au citoyen de juger objectivement le travail accompli ?
Un élu ne devrait pas attendre la campagne suivante pour revenir demander des voix.
La reddition des comptes devrait accompagner tout le mandat.
Le citoyen ne devrait pas seulement entendre : « Votez pour moi. »
Il devrait également entendre : « Voici ce que j'ai fait de votre vote. »
Voter n'est pas donner un blanc-seing
Le vote est un acte de confiance.
Mais la confiance ne se décrète pas.
Elle se construit par la proximité, la compétence, la transparence et les résultats.
Pendant les campagnes électorales, les candidats vont à la rencontre des citoyens, serrent des mains, visitent les quartiers et présentent leurs promesses.
Mais que se passe-t-il après l'élection ?
Le véritable contrat démocratique devrait commencer le lendemain du scrutin.
L'élu devrait rester accessible, rendre compte de son action et expliquer ses décisions.
Un mandat public n'est pas une propriété personnelle. C'est une mission temporaire confiée par les citoyens.
Bulletin blanc ou abstention : deux messages différents
Il existe une différence entre ne pas aller voter et aller voter blanc.
L'abstention peut signifier : « Je ne participe pas. »
Le bulletin blanc peut signifier : « Je participe, mais aucune des offres qui me sont proposées ne me convainc suffisamment pour recevoir ma voix. »
Cette nuance mérite d'être entendue.
Le citoyen qui se déplace jusqu'au bureau de vote montre qu'il considère l'élection comme importante. Mais il peut également considérer que l'offre politique proposée ne répond pas à ses attentes.
Le bulletin blanc peut ainsi devenir un signal d'alarme adressé à la classe politique.
« Convainquez-moi »
Le bulletin blanc ne devrait pas être un geste de colère aveugle.
Il devrait être précédé d'un effort de réflexion.
Lire les programmes.
Écouter les candidats.
Examiner leurs bilans.
Comparer leurs propositions.
Connaître les enjeux de sa circonscription.
Et ensuite décider. Car le bulletin blanc n'a de véritable sens que lorsqu'il résulte d'un choix réfléchi.
Et si chaque élu présentait son bilan ?
Imaginons une nouvelle culture politique.
Avant chaque élection, chaque élu sortant présenterait un document simple : « Mon mandat en chiffres. »
Ses propositions de loi, ses questions parlementaires, ses interventions, les dossiers défendus, les engagements réalisés, ceux qui ne l'ont pas été et les raisons des éventuels échecs.
Le citoyen pourrait alors comparer les candidats sur autre chose que leur nom, leur notoriété, leur appartenance politique ou leur capacité à mobiliser une foule.
Il pourrait voter sur la base d'un bilan et d'un projet.
Je ne vote pas contre quelqu'un
Si je vote blanc, je ne vote pas nécessairement contre un candidat.
Je ne cherche pas à humilier.
Je ne cherche pas à boycotter la démocratie.
Je dis simplement : « Aucun de vous ne m'a suffisamment convaincu. »
Et cette phrase devrait être entendue.
Car une démocratie saine ne doit pas seulement compter les voix obtenues.
Elle doit également comprendre pourquoi certains citoyens ne trouvent personne à qui accorder leur confiance.
Alors oui, je vais voter.
Parce que je crois au vote.
Mais je pourrais voter blanc.
Parce que je crois également que mon vote n'est pas un cadeau.
C'est une responsabilité.
Et la confiance, elle, se mérite.
Un bulletin blanc n'est pas nécessairement un bulletin vide.
Il peut contenir un message très clair : « Convainquez-moi. Rendez-moi des comptes. Donnez-moi des résultats. Et alors, peut-être, je vous donnerai ma voix. »
Je ne vais pas rester chez moi.
Je vais me rendre au bureau de vote, prendre mon bulletin et participer au scrutin : devoir national et citoyen.
Mais je pourrais mettre un bulletin blanc. Pourquoi ?
Parce que voter ne signifie pas nécessairement donner automatiquement son adhésion à l'un des candidats.
Voter, c'est choisir.
Et lorsqu'aucun candidat ne parvient à convaincre, le bulletin blanc peut devenir une manière de participer tout en exprimant une insatisfaction.
Il faut toutefois être précis : au Maroc, le bulletin blanc n'est pas assimilé juridiquement à un vote exprimé en faveur d'un candidat.
Sa portée est surtout citoyenne, politique et symbolique.
Une élection n'est pas une fête de mariage
Une candidate entre dans une salle des fêtes au milieu des you-yous, des « zgharit », des applaudissements et d'une ambiance qui ressemble davantage à une cérémonie de mariage qu'à une rencontre politique.
Pourquoi pas ? La joie et la convivialité ont leur place dans une campagne.
Mais une élection n'est pas un mariage.
Le citoyen ne cherche pas seulement une ambiance festive.
Il veut connaître un projet : santé, éducation, emploi, transport, logement, administration, environnement, développement local.
La politique ne devrait pas être une compétition de décibels, mais une compétition de projets, de compétences, d'intégrité et de résultats.
Le citoyen n'est pas un simple spectateur d'une fête électorale.
Il est celui qui confie temporairement une partie de son pouvoir à un élu.
*Une candidature ne devrait pas être une question de Tazkiya*
Autre situation : un candidat sollicite l'investiture de son parti. Il ne l'obtient pas.
Il change alors d'étiquette et se présente sous les couleurs d'une autre formation.
La liberté de candidature existe, mais une question politique demeure :
Les convictions changent-elles réellement, ou est-ce la place sur la liste qui change, Tazkiya ?
Un parti ne devrait pas considérer un candidat comme sa propriété. Mais un candidat ne devrait pas non plus considérer un parti comme un simple véhicule électoral interchangeable.
La démocratie a besoin de compétition, mais elle a surtout besoin de convictions.
Le citoyen est donc en droit de demander : qu'est-ce qui motive cette candidature ?
Un projet politique ou une ambition personnelle ?
Où est le bilan du mandat précédent ?
C'est peut-être la question essentielle.
Un mandat parlementaire arrive à son terme.
L'élu sollicite à nouveau le suffrage des citoyens.
Mais quel bilan présente-t-il ?
Combien de propositions de loi a-t-il déposées ? Combien de questions a-t-il posées ?
Quels dossiers de sa circonscription a-t-il défendus ?
Quels problèmes a-t-il contribué à résoudre ?
Quelles promesses ont été tenues ?
Lesquelles ne l'ont pas été ?
Et pourquoi ?
Où est le document qui permet au citoyen de juger objectivement le travail accompli ?
Un élu ne devrait pas attendre la campagne suivante pour revenir demander des voix.
La reddition des comptes devrait accompagner tout le mandat.
Le citoyen ne devrait pas seulement entendre : « Votez pour moi. »
Il devrait également entendre : « Voici ce que j'ai fait de votre vote. »
Voter n'est pas donner un blanc-seing
Le vote est un acte de confiance.
Mais la confiance ne se décrète pas.
Elle se construit par la proximité, la compétence, la transparence et les résultats.
Pendant les campagnes électorales, les candidats vont à la rencontre des citoyens, serrent des mains, visitent les quartiers et présentent leurs promesses.
Mais que se passe-t-il après l'élection ?
Le véritable contrat démocratique devrait commencer le lendemain du scrutin.
L'élu devrait rester accessible, rendre compte de son action et expliquer ses décisions.
Un mandat public n'est pas une propriété personnelle. C'est une mission temporaire confiée par les citoyens.
Bulletin blanc ou abstention : deux messages différents
Il existe une différence entre ne pas aller voter et aller voter blanc.
L'abstention peut signifier : « Je ne participe pas. »
Le bulletin blanc peut signifier : « Je participe, mais aucune des offres qui me sont proposées ne me convainc suffisamment pour recevoir ma voix. »
Cette nuance mérite d'être entendue.
Le citoyen qui se déplace jusqu'au bureau de vote montre qu'il considère l'élection comme importante. Mais il peut également considérer que l'offre politique proposée ne répond pas à ses attentes.
Le bulletin blanc peut ainsi devenir un signal d'alarme adressé à la classe politique.
« Convainquez-moi »
Le bulletin blanc ne devrait pas être un geste de colère aveugle.
Il devrait être précédé d'un effort de réflexion.
Lire les programmes.
Écouter les candidats.
Examiner leurs bilans.
Comparer leurs propositions.
Connaître les enjeux de sa circonscription.
Et ensuite décider. Car le bulletin blanc n'a de véritable sens que lorsqu'il résulte d'un choix réfléchi.
Et si chaque élu présentait son bilan ?
Imaginons une nouvelle culture politique.
Avant chaque élection, chaque élu sortant présenterait un document simple : « Mon mandat en chiffres. »
Ses propositions de loi, ses questions parlementaires, ses interventions, les dossiers défendus, les engagements réalisés, ceux qui ne l'ont pas été et les raisons des éventuels échecs.
Le citoyen pourrait alors comparer les candidats sur autre chose que leur nom, leur notoriété, leur appartenance politique ou leur capacité à mobiliser une foule.
Il pourrait voter sur la base d'un bilan et d'un projet.
Je ne vote pas contre quelqu'un
Si je vote blanc, je ne vote pas nécessairement contre un candidat.
Je ne cherche pas à humilier.
Je ne cherche pas à boycotter la démocratie.
Je dis simplement : « Aucun de vous ne m'a suffisamment convaincu. »
Et cette phrase devrait être entendue.
Car une démocratie saine ne doit pas seulement compter les voix obtenues.
Elle doit également comprendre pourquoi certains citoyens ne trouvent personne à qui accorder leur confiance.
Alors oui, je vais voter.
Parce que je crois au vote.
Mais je pourrais voter blanc.
Parce que je crois également que mon vote n'est pas un cadeau.
C'est une responsabilité.
Et la confiance, elle, se mérite.
Un bulletin blanc n'est pas nécessairement un bulletin vide.
Il peut contenir un message très clair : « Convainquez-moi. Rendez-moi des comptes. Donnez-moi des résultats. Et alors, peut-être, je vous donnerai ma voix. »