L’Afrique va doubler sa flotte aérienne : derrière les avions, une industrie de plusieurs milliards à capter


Rédigé par le Vendredi 4 Septembre 2026

L’Afrique ne va pas seulement avoir besoin de davantage d’avions. Elle aura besoin de pilotes pour les faire voler, de techniciens pour les entretenir, de pièces pour les réparer, de simulateurs pour former les équipages et d’ateliers pour maintenir toute cette flotte. Boeing estime que le parc commercial africain dépassera 1.600 appareils d’ici 2045. Pour le Maroc, la véritable opportunité pourrait donc se trouver autour des avions autant que dans les avions.



Les chiffres publiés par Boeing ce 4 septembre donnent une idée de l’ampleur du marché.

La flotte commerciale africaine devrait passer d’environ 755 appareils en 2025 à 1.625 en 2045.

Les compagnies du continent auront besoin de près de 1.200 nouveaux avions durant cette période, dont environ 75 % de monocouloirs.

Mais un autre chiffre est probablement encore plus intéressant pour le Maroc.

Boeing estime que la croissance de l’aviation africaine nécessitera 75.000 nouveaux professionnels : pilotes, techniciens et personnels de cabine.

Voilà où commence l’industrie cachée derrière l’avion.

Un avion ne vole pas seul

Lorsqu’une compagnie achète un appareil, elle crée immédiatement toute une économie autour de lui. Maintenance. Pièces détachées. Réparation des moteurs. Électronique. Formation. Simulateurs. Logiciels. Ingénierie. Services aéroportuaires. Cette activité revient chaque année pendant plusieurs décennies.

Le marché intéressant n’est donc pas uniquement celui de la vente des appareils.

C’est celui de leur cycle de vie.

Le Maroc possède déjà une base

Le Royaume n’arrive pas les mains vides.

Il dispose d’un écosystème aéronautique développé autour de Casablanca et de plusieurs implantations internationales, avec des activités allant du câblage aux structures, à l’électronique et à l’ingénierie.

Royal Air Maroc prépare parallèlement l’expansion de sa flotte et Casablanca ambitionne de renforcer son rôle de hub continental.

Ces deux dynamiques peuvent se rejoindre.

Le Maroc pourrait chercher à devenir non seulement une porte d’entrée aérienne vers l’Afrique, mais aussi l’un de ses centres de maintenance, de formation et de services aéronautiques.

La bataille des compétences

Le chiffre des 75.000 professionnels est ici essentiel.

Former un pilote ou un technicien aéronautique demande du temps.

Les pays qui investiront aujourd’hui dans écoles, simulateurs, certifications et centres de maintenance pourront demain vendre ces compétences à l’ensemble du continent.

C’est exactement le type d’industrie que le Maroc recherche : forte valeur ajoutée, exportatrice, intensive en compétences et connectée aux chaînes internationales.

L’Afrique devrait connaître l’une des plus fortes progressions mondiales du trafic aérien au cours des vingt prochaines années.

La question n’est donc pas seulement de savoir combien d’avions Royal Air Maroc achètera.

Elle est de savoir combien des avions africains de demain seront entretenus, réparés, équipés ou servis depuis le Maroc.

Car dans l’aéronautique, celui qui vend le billet gagne une fois. Celui qui entretient l’avion peut gagner pendant vingt-cinq ans.




Vendredi 4 Septembre 2026
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