L’ONEE et l’AFD lancent un programme pour la qualité de l’eau en Afrique


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mercredi 15 Avril 2026

À Rabat, un partenariat stratégique prend corps autour d’un enjeu devenu central : la qualité de l’eau potable. L’ONEE, en collaboration avec l’AFD, engage un programme de coopération à l’échelle africaine, avec en ligne de mire le renforcement des capacités techniques des opérateurs du continent.



Le Directeur général de l’ONEE, Tarik Hamane, a ouvert la session consacrée à un programme de coopération centré sur la qualité de l’eau. À ses côtés, Catherine Bonnaud, directrice de l’AFD au Maroc, ainsi que des représentants de la SONES (Sénégal) et de la SNDE (Mauritanie).

La qualité de l’eau s’impose aujourd’hui comme une priorité stratégique. Santé publique, équité sociale, durabilité : les lignes se croisent et obligent à agir vite, mais surtout mieux. « Il faut une mobilisation collective à l’échelle africaine », a insisté Tarik Hamane, sans détour. Le constat est connu, mais ici, il se traduit en mécanismes concrets.
 

L’Office revendique une expertise technique solide, appuyée par un laboratoire central accrédité ISO 17025 et certifié ISO 9001. À cela s’ajoute un maillage de plus de 100 laboratoires à travers le Royaume et plus de 300 agents spécialisés. Sur le terrain, cette infrastructure permet une surveillance continue de la qualité de l’eau potable un point souvent sous-estimé dans les politiques publiques.
 

Le programme, formalisé par un mémorandum signé en décembre 2025 avec l’AFD, s’étalera jusqu’en septembre 2026. Il bénéficiera notamment à des opérateurs africains comme la SONES, la SNDE et CAMWATER au Cameroun. L’idée est simple, mais ambitieuse : partager une expertise opérationnelle, renforcer les compétences locales et, au passage, installer un réflexe de qualité durable.

Pour l’AFD, il s’agit d’une configuration encore peu courante : l’expertise n’est plus seulement descendante, elle est portée par un acteur public africain. Un signal qui s’inscrit dans la Vision africaine de l’eau à l’horizon 2063, adoptée en février dernier à Addis-Abeba par le Conseil des ministres africains de l’eau.
 

Le partenariat s’inscrit dans une continuité assumée. « Depuis plus de trente ans, nos financements ont permis à 4 millions de personnes d’accéder à un service d’eau potable amélioré au Maroc », a rappelé Catherine Bonnaud. Mais la nouvelle étape va plus loin : elle projette cette dynamique au-delà des frontières, au bénéfice direct d’autres populations africaines.
 

Dans les faits, les équipes de l’AFD, de Rabat à Yaoundé en passant par Dakar et Nouakchott, accompagneront les échanges techniques engagés lors de cet atelier des 14 et 15 avril. Un travail de fond, loin des annonces spectaculaires, mais souvent plus décisif.
 

Ce mouvement s’inscrit aussi dans une vision plus large. Sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, le Maroc renforce depuis plusieurs années sa coopération Sud-Sud. L’ONEE en est l’un des bras opérationnels, avec une stratégie articulée autour du transfert de compétences et de l’assistance technique. En filigrane, les initiatives atlantiques portées par le Royaume dessinent une ambition : connecter, structurer et soutenir un développement africain plus intégré.
 

Cet atelier n’aura peut-être pas fait la une. Pourtant, il marque une inflexion intéressante : celle d’un Maroc qui ne se contente plus de gérer ses propres défis hydriques, mais qui commence, méthodiquement, à exporter des solutions. Sur un continent où l’accès à une eau de qualité reste inégal, ce type d’initiative pourrait bien faire école.





Mercredi 15 Avril 2026
Dans la même rubrique :