Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, l’instance européenne estime que la FIFA « a franchi une ligne rouge » en revenant sur une suspension automatique prévue par les règlements.
« Le football, comme tout autre sport, repose sur des règles, qui sont le fondement d’une compétition équitable, honnête et transparente. Parfois, les règles sont sujettes à interprétation. En l’occurrence, ce n’est pas le cas », souligne l’UEFA.
L’organisation rappelle qu’une suspension automatique d’au moins un match après un carton rouge constitue une disposition réglementaire obligatoire et ne relève pas du pouvoir discrétionnaire des instances dirigeantes. Selon elle, cette règle « ne peut souffrir aucune exception », d’autant plus que plusieurs joueurs ont déjà purgé une suspension similaire durant le tournoi.
L’UEFA met également en garde contre les conséquences d’une telle décision sur l’intégrité de la compétition. Elle estime que remettre en cause l’application uniforme des règlements affaiblit la crédibilité du tournoi et crée un précédent susceptible d’imposer un traitement identique dans de futurs cas similaires.
L’affaire a également suscité une réaction au sein des institutions européennes. Le commissaire européen chargé des questions sportives, Glenn Micallef, a rappelé sur le réseau social X que « les règles du sport doivent être décidées par les instances sportives, pas par les responsables politiques ». Il a ajouté que toute influence politique sur les décisions sportives porterait atteinte à l’autonomie du sport.
Cette polémique fait suite à l’expulsion de Folarin Balogun lors du seizième de finale opposant les États-Unis à la Bosnie-Herzégovine, après un contact avec le défenseur bosnien Tarik Muharemović. L’attaquant américain avait lui-même reconnu après la rencontre qu’il devait « simplement accepter » cette sanction.
La décision de la FIFA de suspendre ce carton rouge, annoncée dimanche et intervenue après une intervention attribuée au président américain Donald Trump, a déclenché une vive controverse et ravivé les interrogations sur l’indépendance des instances dirigeantes du football mondial.