L'alliance avec la Chine, ligne rouge de Washington pour Ottawa


Rédigé par le Lundi 26 Janvier 2026



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Les relations commerciales nord-américaines traversent une nouvelle zone de turbulences. Le président Donald Trump a lancé un avertissement cinglant au gouvernement canadien : tout rapprochement commercial significatif avec Pékin entraînera une riposte immédiate sous forme de lourds droits de douane. Une déclaration qui ravive les tensions et place Ottawa dans une position diplomatique intenable.

Le spectre d'une guerre commerciale régionale refait surface

Le protectionnisme américain est de retour avec une virulence renouvelée, et cette fois, c'est le voisin et allié historique, le Canada, qui se trouve dans le collimateur. Donald Trump, fidèle à sa doctrine de "l'Amérique d'abord", a clairement signifié qu'il ne tolérerait pas que le Canada devienne une porte d'entrée déguisée pour les produits chinois sur le marché nord-américain. La menace est précise : si Ottawa finalise un accord commercial ou technologique majeur avec la Chine, notamment dans les secteurs stratégiques comme les véhicules électriques ou les minerais critiques, Washington imposera des tarifs douaniers punitifs sur les exportations canadiennes.

Cette sortie médiatique intervient alors que le Canada cherche désespérément à diversifier ses partenariats économiques pour réduire sa dépendance quasi-totale envers les États-Unis. Cependant, l'intégration profonde des économies au sein de l'accord USMCA (ou ACEUM) rend cette émancipation périlleuse. Pour l'administration Trump, tout accord entre le Canada et la Chine est perçu comme une brèche dans la forteresse économique nord-américaine, permettant à Pékin de contourner les barrières douanières américaines. L'argumentaire de la Maison Blanche repose sur la sécurité nationale et la protection des emplois manufacturiers américains.

Pour le gouvernement canadien, le dilemme est cornélien. Céder à la pression américaine reviendrait à abdiquer une part de sa souveraineté commerciale et à se priver des opportunités offertes par la deuxième économie mondiale. Résister, c'est risquer de voir des secteurs vitaux comme l'automobile, l'acier ou l'aluminium frappés par des taxes qui pourraient déstabiliser l'économie nationale. Les analystes craignent que cette rhétorique belliqueuse ne soit que le prélude à une renégociation forcée de certains termes de l'accord de libre-échange continental.

Cette escalade verbale rappelle la volatilité des relations transfrontalières sous l'ère Trump. Elle oblige les diplomates et les négociateurs canadiens à une gymnastique complexe : rassurer l'allié américain sur l'étanchéité des frontières économiques tout en tentant de maintenir une marge de manœuvre sur la scène internationale. L'issue de ce bras de fer déterminera non seulement l'avenir des relations Ottawa-Washington, mais aussi la cohésion du bloc nord-américain face au géant asiatique.




Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la… En savoir plus sur cet auteur
Lundi 26 Janvier 2026
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