Toilettes publiques au Maroc : le besoin que la ville préfère cacher
Dans nos villes, on peut acheter un café, prendre un taxi, trouver un écran publicitaire, parfois même recharger son téléphone. Mais trouver des toilettes propres, accessibles et sûres reste souvent une aventure. Sujet embarrassant ? Sans doute. Sujet secondaire ? Certainement pas. Derrière cette gêne collective se cache une question de dignité, de santé publique et de droit à la ville.
Il y a des sujets qui ne font pas de bruit parce qu’ils mettent mal à l’aise. Ils ne déclenchent ni grandes conférences, ni promesses électorales flamboyantes, ni débats télévisés interminables. On les vit, tout simplement. En silence. La question des toilettes publiques en fait partie.
Elle paraît triviale, presque dérisoire, face au chômage, au logement, à l’école ou à l’hôpital. Pourtant, il suffit de passer une journée hors de chez soi à Rabat, Casablanca, Fès, Marrakech, Tanger ou dans une ville moyenne pour comprendre qu’elle n’a rien d’anecdotique. Où va-t-on lorsqu’un besoin naturel devient urgent ? Qui peut pousser la porte d’un café sans commander ? Qui trouve un lieu propre dans une gare, un marché, une promenade, une station de bus, une plage ou près d’un souk ?
La réponse varie selon le quartier, l’heure, le portefeuille, le genre, l’âge et parfois la chance.
Au Maroc, nous avons appris à contourner le problème. Le café devient discrètement une solution sanitaire. La mosquée, avec ses espaces d’ablution et ses toilettes, assure une fonction sociale que l’on évoque rarement mais que tout le monde connaît. Certains commerces rendent service. D’autres refusent, souvent parce qu’ils ont eux-mêmes payé le prix de toilettes dégradées, bouchées ou utilisées sans aucun respect.
C’est là que commence le malaise : un besoin humain élémentaire est traité comme une faveur.
Toilettes publiques : une ville qui accueille, ou une ville qui sélectionne ?
Dans beaucoup de villes marocaines, l’espace public est pensé pour circuler, consommer, stationner, se divertir, prendre une photo ou assister à un événement. Mais il reste insuffisamment conçu pour permettre aux gens d’y rester longtemps avec dignité.
On construit des trottoirs, des jardins, des places, des corniches, des centres commerciaux. On embellit les entrées de ville. On rénove des médinas. On parle de tourisme, d’attractivité, de mobilité douce, de villes intelligentes. Très bien. Mais une ville moderne ne se mesure pas seulement à la qualité de ses façades, de ses ronds-points ou de son éclairage nocturne. Elle se mesure aussi à ce détail concret : peut-on y satisfaire un besoin naturel sans humiliation, sans peur, sans négociation et sans devoir acheter quelque chose ?
C’est précisément là que se joue une part du droit à la ville.
Le citoyen qui se promène avec ses enfants, la personne âgée qui attend un bus, le chauffeur de taxi qui travaille dix heures, la vendeuse dans un marché, l’étudiant qui traverse la ville, le touriste qui découvre une médina, tous n’ont pas le même rapport à cette absence. Pour certains, c’est un désagrément. Pour d’autres, c’est une contrainte qui organise toute la journée.
On connaît ces scènes. Une mère cherche un endroit pour son enfant. Un senior préfère rentrer plutôt que prolonger une sortie. Un livreur limite l’eau qu’il boit. Une personne malade s’éloigne de certains trajets. Un groupe d’amis choisit le café non pas pour le café, mais pour ce qu’il garantit derrière une porte.
Voilà ce que produit une ville qui manque de sanitaires publics : elle réduit la liberté de mouvement sans jamais l’annoncer officiellement.
Le problème n’est donc pas uniquement technique. Il est social. Il révèle une forme d’inégalité urbaine presque invisible parce qu’elle ne se dit pas. Les quartiers touristiques, les grands boulevards et certains espaces rénovés peuvent offrir quelques solutions. Mais dans les zones périphériques, près des marchés populaires, des gares routières, des plages très fréquentées ou des lieux de rassemblement, la situation devient vite plus difficile.
Et l’on finit par accepter l’inacceptable parce que le sujet paraît gênant.
Hygiène urbaine : à charge contre l’abandon, à décharge pour les villes
Il faut le dire clairement : les collectivités territoriales ne peuvent pas être exonérées de leur responsabilité. Une ville qui accueille des milliers, parfois des millions de personnes, doit intégrer les toilettes publiques dans ses équipements de base. Pas comme un accessoire décoratif, pas comme une cabine isolée inaugurée un jour puis abandonnée le lendemain, mais comme un vrai service public.
Certes, on ne peut qu'être contre une culture de l’aménagement qui privilégie parfois le visible au nécessaire. Une fontaine spectaculaire se photographie mieux qu’un bloc sanitaire propre. Une fresque urbaine attire plus d’attention qu’un espace discret mais bien entretenu. Pourtant, dans la vie réelle, ce second équipement est souvent plus utile que le premier.
Mais aussi contre l’idée selon laquelle les toilettes publiques seraient forcément synonymes de saleté, de dégradation ou d’insécurité. Cette vision devient une excuse commode pour ne rien faire. Oui, un équipement public mal géré peut devenir un problème. Mais ce n’est pas une fatalité. C’est une question de conception, de surveillance, de maintenance et de responsabilité.
Car il faut aussi être honnête : ouvrir des toilettes publiques ne suffit pas. Les entretenir coûte de l’argent. Il faut de l’eau, de l’électricité, des produits d’hygiène, du personnel, des réparations, des horaires clairs. Il faut prévoir les dégradations, les comportements irrespectueux, les vols de matériel, les canalisations bouchées. Les agents chargés du nettoyage accomplissent un travail indispensable, souvent invisible et rarement valorisé.
Les communes ne peuvent pas être les seules à porter le poids d’un manque de civisme qui existe bel et bien. Une toilette publique n’est pas un dépotoir. Ce n’est pas un lieu où l’on casse, où l’on vole, où l’on laisse aux autres le soin de nettoyer après soi. Il faut arrêter de réclamer des services publics comme si leur préservation ne nous concernait pas.
Le citoyen exigeant doit aussi être un usager responsable.
Mais attention : invoquer le manque de civisme pour justifier l’absence de services est un raccourci dangereux. On ne ferme pas les écoles parce que certains élèves abîment les tables. On ne renonce pas aux jardins parce que certains y jettent des déchets. On améliore la gestion, on surveille, on sensibilise, on sanctionne quand il le faut. Les toilettes publiques méritent exactement cette même logique.
Femmes, enfants, seniors : l’inégalité discrète dans les espaces publics
Pour les hommes, la ville reste souvent plus permissive, parfois au prix de pratiques qui dégradent elles-mêmes l’espace collectif. Pour les femmes, l’équation est beaucoup plus sévère. Il ne s’agit pas uniquement de trouver une porte ouverte. Il faut un endroit propre, éclairé, sécurisé, doté d’un minimum d’intimité et d’hygiène.
Une femme qui se déplace longtemps, qui voyage, qui accompagne un enfant, qui est enceinte, qui travaille loin de son domicile ou qui participe à un événement de masse ne vit pas la ville de la même manière qu’un homme. Cela ne relève pas d’un débat théorique. C’est du concret. Du quotidien. Parfois de l’angoisse.
Même chose pour les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les enfants ou les malades chroniques. L’absence de sanitaires accessibles impose une sélection silencieuse : ceux qui peuvent rester dehors et ceux qui doivent écourter leur présence.
On parle souvent de rendre les villes marocaines plus inclusives. Très bien. Commençons par les besoins les moins glamour mais les plus fondamentaux.
Les grands événements donnent d’ailleurs une leçon simple. Lorsqu’un festival, un match, une moussem, une foire ou une manifestation culturelle attire des milliers de personnes, la question surgit brutalement. Les files s’allongent. Les plaintes apparaissent. Les espaces deviennent insalubres. Et tout le monde comprend soudain que l’organisation ne se résume ni à une scène, ni à des artistes, ni à un dispositif de sécurité.
Une foule digne a besoin d’eau, d’ombre, de propreté et de toilettes.
Les organisations internationales rappellent que l’assainissement relève de la santé, de la sécurité et de la dignité, notamment pour les femmes, les enfants et les personnes vulnérables. Ce n’est donc pas une revendication luxueuse importée d’ailleurs. C’est une exigence humaine universelle.
Le Maroc a les compétences, les entreprises, les architectes, les ingénieurs et les collectivités capables d’inventer des solutions adaptées : sanitaires payants à tarif symbolique avec gratuité pour les enfants et les personnes vulnérables, gestion déléguée encadrée, modules autonomes économes en eau, signalétique claire, applications de localisation, entretien contrôlé, équipements accessibles aux personnes à mobilité réduite.
Rien de tout cela n’est révolutionnaire. Ce qui manque, c’est la décision d’en faire une priorité assumée.
Il faudra aussi sortir du faux dilemme. Non, réclamer des toilettes publiques ne signifie pas oublier les grandes urgences du pays. Au contraire. C’est comprendre que le développement ne se juge pas uniquement dans les grands chiffres, les mégaprojets ou les rubans coupés. Il se juge dans la manière dont une société traite les besoins simples de ses habitants.
Une ville qui permet à chacun de marcher, travailler, attendre, voyager et se promener sans craindre une urgence intime est une ville plus libre. Plus accueillante. Plus juste.
Les toilettes publiques ne feront pas la une des journaux tous les matins. Elles ne feront pas gagner une élection à elles seules. Elles n’ont rien de prestigieux. Mais elles disent beaucoup de notre rapport à la dignité.
Et, au fond, la vraie question n’est plus de savoir si le Marocain a besoin de toilettes publiques. Tout le monde connaît la réponse. La question est de savoir combien de temps encore nous allons faire semblant que ce besoin n’existe pas.
Il y a des sujets qui ne font pas de bruit parce qu’ils mettent mal à l’aise. Ils ne déclenchent ni grandes conférences, ni promesses électorales flamboyantes, ni débats télévisés interminables. On les vit, tout simplement. En silence. La question des toilettes publiques en fait partie.
Elle paraît triviale, presque dérisoire, face au chômage, au logement, à l’école ou à l’hôpital. Pourtant, il suffit de passer une journée hors de chez soi à Rabat, Casablanca, Fès, Marrakech, Tanger ou dans une ville moyenne pour comprendre qu’elle n’a rien d’anecdotique. Où va-t-on lorsqu’un besoin naturel devient urgent ? Qui peut pousser la porte d’un café sans commander ? Qui trouve un lieu propre dans une gare, un marché, une promenade, une station de bus, une plage ou près d’un souk ?
La réponse varie selon le quartier, l’heure, le portefeuille, le genre, l’âge et parfois la chance.
Au Maroc, nous avons appris à contourner le problème. Le café devient discrètement une solution sanitaire. La mosquée, avec ses espaces d’ablution et ses toilettes, assure une fonction sociale que l’on évoque rarement mais que tout le monde connaît. Certains commerces rendent service. D’autres refusent, souvent parce qu’ils ont eux-mêmes payé le prix de toilettes dégradées, bouchées ou utilisées sans aucun respect.
C’est là que commence le malaise : un besoin humain élémentaire est traité comme une faveur.
Toilettes publiques : une ville qui accueille, ou une ville qui sélectionne ?
Dans beaucoup de villes marocaines, l’espace public est pensé pour circuler, consommer, stationner, se divertir, prendre une photo ou assister à un événement. Mais il reste insuffisamment conçu pour permettre aux gens d’y rester longtemps avec dignité.
On construit des trottoirs, des jardins, des places, des corniches, des centres commerciaux. On embellit les entrées de ville. On rénove des médinas. On parle de tourisme, d’attractivité, de mobilité douce, de villes intelligentes. Très bien. Mais une ville moderne ne se mesure pas seulement à la qualité de ses façades, de ses ronds-points ou de son éclairage nocturne. Elle se mesure aussi à ce détail concret : peut-on y satisfaire un besoin naturel sans humiliation, sans peur, sans négociation et sans devoir acheter quelque chose ?
C’est précisément là que se joue une part du droit à la ville.
Le citoyen qui se promène avec ses enfants, la personne âgée qui attend un bus, le chauffeur de taxi qui travaille dix heures, la vendeuse dans un marché, l’étudiant qui traverse la ville, le touriste qui découvre une médina, tous n’ont pas le même rapport à cette absence. Pour certains, c’est un désagrément. Pour d’autres, c’est une contrainte qui organise toute la journée.
On connaît ces scènes. Une mère cherche un endroit pour son enfant. Un senior préfère rentrer plutôt que prolonger une sortie. Un livreur limite l’eau qu’il boit. Une personne malade s’éloigne de certains trajets. Un groupe d’amis choisit le café non pas pour le café, mais pour ce qu’il garantit derrière une porte.
Voilà ce que produit une ville qui manque de sanitaires publics : elle réduit la liberté de mouvement sans jamais l’annoncer officiellement.
Le problème n’est donc pas uniquement technique. Il est social. Il révèle une forme d’inégalité urbaine presque invisible parce qu’elle ne se dit pas. Les quartiers touristiques, les grands boulevards et certains espaces rénovés peuvent offrir quelques solutions. Mais dans les zones périphériques, près des marchés populaires, des gares routières, des plages très fréquentées ou des lieux de rassemblement, la situation devient vite plus difficile.
Et l’on finit par accepter l’inacceptable parce que le sujet paraît gênant.
Hygiène urbaine : à charge contre l’abandon, à décharge pour les villes
Il faut le dire clairement : les collectivités territoriales ne peuvent pas être exonérées de leur responsabilité. Une ville qui accueille des milliers, parfois des millions de personnes, doit intégrer les toilettes publiques dans ses équipements de base. Pas comme un accessoire décoratif, pas comme une cabine isolée inaugurée un jour puis abandonnée le lendemain, mais comme un vrai service public.
Certes, on ne peut qu'être contre une culture de l’aménagement qui privilégie parfois le visible au nécessaire. Une fontaine spectaculaire se photographie mieux qu’un bloc sanitaire propre. Une fresque urbaine attire plus d’attention qu’un espace discret mais bien entretenu. Pourtant, dans la vie réelle, ce second équipement est souvent plus utile que le premier.
Mais aussi contre l’idée selon laquelle les toilettes publiques seraient forcément synonymes de saleté, de dégradation ou d’insécurité. Cette vision devient une excuse commode pour ne rien faire. Oui, un équipement public mal géré peut devenir un problème. Mais ce n’est pas une fatalité. C’est une question de conception, de surveillance, de maintenance et de responsabilité.
Car il faut aussi être honnête : ouvrir des toilettes publiques ne suffit pas. Les entretenir coûte de l’argent. Il faut de l’eau, de l’électricité, des produits d’hygiène, du personnel, des réparations, des horaires clairs. Il faut prévoir les dégradations, les comportements irrespectueux, les vols de matériel, les canalisations bouchées. Les agents chargés du nettoyage accomplissent un travail indispensable, souvent invisible et rarement valorisé.
Les communes ne peuvent pas être les seules à porter le poids d’un manque de civisme qui existe bel et bien. Une toilette publique n’est pas un dépotoir. Ce n’est pas un lieu où l’on casse, où l’on vole, où l’on laisse aux autres le soin de nettoyer après soi. Il faut arrêter de réclamer des services publics comme si leur préservation ne nous concernait pas.
Le citoyen exigeant doit aussi être un usager responsable.
Mais attention : invoquer le manque de civisme pour justifier l’absence de services est un raccourci dangereux. On ne ferme pas les écoles parce que certains élèves abîment les tables. On ne renonce pas aux jardins parce que certains y jettent des déchets. On améliore la gestion, on surveille, on sensibilise, on sanctionne quand il le faut. Les toilettes publiques méritent exactement cette même logique.
Femmes, enfants, seniors : l’inégalité discrète dans les espaces publics
Pour les hommes, la ville reste souvent plus permissive, parfois au prix de pratiques qui dégradent elles-mêmes l’espace collectif. Pour les femmes, l’équation est beaucoup plus sévère. Il ne s’agit pas uniquement de trouver une porte ouverte. Il faut un endroit propre, éclairé, sécurisé, doté d’un minimum d’intimité et d’hygiène.
Une femme qui se déplace longtemps, qui voyage, qui accompagne un enfant, qui est enceinte, qui travaille loin de son domicile ou qui participe à un événement de masse ne vit pas la ville de la même manière qu’un homme. Cela ne relève pas d’un débat théorique. C’est du concret. Du quotidien. Parfois de l’angoisse.
Même chose pour les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les enfants ou les malades chroniques. L’absence de sanitaires accessibles impose une sélection silencieuse : ceux qui peuvent rester dehors et ceux qui doivent écourter leur présence.
On parle souvent de rendre les villes marocaines plus inclusives. Très bien. Commençons par les besoins les moins glamour mais les plus fondamentaux.
Les grands événements donnent d’ailleurs une leçon simple. Lorsqu’un festival, un match, une moussem, une foire ou une manifestation culturelle attire des milliers de personnes, la question surgit brutalement. Les files s’allongent. Les plaintes apparaissent. Les espaces deviennent insalubres. Et tout le monde comprend soudain que l’organisation ne se résume ni à une scène, ni à des artistes, ni à un dispositif de sécurité.
Une foule digne a besoin d’eau, d’ombre, de propreté et de toilettes.
Les organisations internationales rappellent que l’assainissement relève de la santé, de la sécurité et de la dignité, notamment pour les femmes, les enfants et les personnes vulnérables. Ce n’est donc pas une revendication luxueuse importée d’ailleurs. C’est une exigence humaine universelle.
Le Maroc a les compétences, les entreprises, les architectes, les ingénieurs et les collectivités capables d’inventer des solutions adaptées : sanitaires payants à tarif symbolique avec gratuité pour les enfants et les personnes vulnérables, gestion déléguée encadrée, modules autonomes économes en eau, signalétique claire, applications de localisation, entretien contrôlé, équipements accessibles aux personnes à mobilité réduite.
Rien de tout cela n’est révolutionnaire. Ce qui manque, c’est la décision d’en faire une priorité assumée.
Il faudra aussi sortir du faux dilemme. Non, réclamer des toilettes publiques ne signifie pas oublier les grandes urgences du pays. Au contraire. C’est comprendre que le développement ne se juge pas uniquement dans les grands chiffres, les mégaprojets ou les rubans coupés. Il se juge dans la manière dont une société traite les besoins simples de ses habitants.
Une ville qui permet à chacun de marcher, travailler, attendre, voyager et se promener sans craindre une urgence intime est une ville plus libre. Plus accueillante. Plus juste.
Les toilettes publiques ne feront pas la une des journaux tous les matins. Elles ne feront pas gagner une élection à elles seules. Elles n’ont rien de prestigieux. Mais elles disent beaucoup de notre rapport à la dignité.
Et, au fond, la vraie question n’est plus de savoir si le Marocain a besoin de toilettes publiques. Tout le monde connaît la réponse. La question est de savoir combien de temps encore nous allons faire semblant que ce besoin n’existe pas.
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