La guerre en direct


Rédigé par le Lundi 2 Mars 2026

Des centaines d’avions israéliens frappent l’Iran et le Liban et même sans Khamenei, le régime reste obsédé par sa survie



Le jour d'après

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique et épicentre des tensions pétrolières, au centre de l'attention
Après des frappes menées ce week-end contre l’Iran, le conflit se propage à d’autres régions du Moyen-Orient. Ce lundi matin, des centaines d’avions israéliens mènent des frappes simultanément sur le Liban et l’Iran.
 
L’armée israélienne avait , en effet , annoncé tôt lundi matin mener « des frappes à grande échelle » sur Téhéran, et l’agence de presse iranienne Tasnim a fait état d’explosions dans la capitale. L’armée israélienne a également annoncé frapper des cibles du Hezbollah « à travers le Liban », en riposte à des tirs du mouvement chiite libanais en direction d’Israël, les premiers depuis le début de l’intervention contre l’Iran. 

L’Iran confirme la mort de Khamenei

Téhéran avait confirmé dimanche la mort de son Guide suprême Ali Khamenei, tué dans l’opération militaire lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, lequel a riposté en visant Israël et plusieurs pays arabes. Malgré la joie qui s'exprime en Iran et au sein de la diaspora, des voix critiquent une opération américaine « illégale » et contraire au droit international.


Aux États-Unis, Donald Trump impose un nouveau conflit à une population réticente

Avant l’attaque américaine et israélienne du samedi 28 février, cette intervention militaire en Iran était largement impopulaire dans l’opinion outre-Atlantique, mais pas au sein de la base trumpiste.

« Les États-Unis et Israël veulent un changement de régime en Iran »
 
La nouvelle guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran ce samedi matin a un air d’attendu et de déjà-vu. Néanmoins, l’objectif est différent de celui affiché pendant l’offensive précédente de juin 2025. Cette fois, la cible est le régime lui-même.

« Les bombardements n’entraînent jamais de changement de régime positif »
 
Pour Robert Pape, politiste à l’université de Chicago, auteur du livre de référence sur les effets des attaques aériennes dans l’histoire, le tapis de bombes qui s’abat aujourd’hui sur l’Iran n’atteindra pas ses buts, même si le régime a été décapité. « Les bombardements n’entraînent jamais de changement de régime positif »

Vers un choc pétrolier !? 

La guerre au Moyen-Orient va-t-elle faire flamber les prix de l'essence à la pompe ?

La guerre entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran pourrait aussi avoir des conséquences économiques. L'Iran a en effet bloqué le détroit d'Ormuz par lequel transite 20% de la consommation mondiale de pétrole. Les automobilistes  s'inquiètent.

La guerre contre l'Iran fait s'envoler les prix du pétrole sur le marché international  et une répercussion des prix serait possible d'ici "une semaine à quinze jours" !

Dimanche 1er mars, les principaux pays producteurs de pétrole se sont réunis en urgence en visioconférence. Ils pourraient annoncer dans la journée une hausse de leur production pour amortir le choc
 

Au Moyen-Orient, la loi du plus fort suscite un profond malaise

Flagrantes divergences entre le Pentagone et la Maison Blanche !

L'administration Trump a justifié les frappes massives contre l'Iran en coordination avec Israël , comme une action préventive face à des « indicateurs » d'une attaque imminente iranienne contre les forces américaines au Moyen-Orient. Trump a même affirmé, sans preuves, que Téhéran était proche de pouvoir frapper directement les États-Unis avec des missiles balistiques.

Cependant, lors de briefings confidentiels au Congrès le 1er mars 2026, des responsables du Pentagone ont explicitement déclaré qu'il n'existait aucune indication d'intelligence montrant que l'Iran préparait une attaque préventive contre les États-Unis et ses forces navales . Ils ont insisté sur les menaces persistantes des missiles balistiques iraniens et des proxies, mais ont nié toute preuve d'une frappe imminente iranienne en premier.

Cette contradiction directe sape la justification principale de Trump, qui présentait l'opération comme une défense nécessaire plutôt qu'une « guerre de choix » , un terme utilisé par les démocrates.

Le timing est crucial : ces révélations arrivent alors que l'opération est en cours, avec déjà des pertes américaines (cinq soldats tués, plusieurs blessés), des avions de combat abattus, et juste après l'abandon apparent de pourparlers de paix prometteurs avec  médiation d' Oman.

En informant le Congrès , y compris des républicains,  de cette absence de preuves, le Pentagone semble se distancier publiquement de la décision présidentielle, potentiellement pour se protéger légalement ou politiquement face à une guerre impopulaire.

Dans un contexte où l'approbation de Trump est faible (environ 39 % selon un sondage Reuters/Ipsos récent, avec seulement 27 % soutenant les frappes), cette dissonance renforce l'image d'une administration divisée. Historiquement marqué par des tensions avec l'appareil militaire (Mattis, Milley, etc.), Trump voit ici le Pentagone refuser d'endosser ou de couvrir ses allégations les plus alarmistes sur l'imminence de la menace.

En résumé, cette position du Pentagone met en lumière un fossé entre les faits rapportés par l'intelligence militaire et la rhétorique belliqueuse de Trump, affaiblissant sa crédibilité et potentiellement isolant l'administration dans un contexte de guerre impopulaire.

Cela pourrait être vu comme une forme de rébellion institutionnelle, où les militaires ont pour priorité  la vérité factuelle et non pas  la loyauté politique.

Avec Reuters 




Hafid Fassi Fihri est un journaliste atypique , un personnage hors-normes . Ce qu'il affectionne, le… En savoir plus sur cet auteur
Lundi 2 Mars 2026
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