Alors que le cinéma s’interroge sur l’avenir de ses œuvres face à l’essor des formats verticaux adaptés au scrolling sur smartphone, la réalité virtuelle (VR) impose un défi bien différent : celui de l’exploration d’un espace immersif à 360 degrés. Lors de la 23e édition du Festival international du cinéma d’animation de Meknès (FICAM), la thématique des nouvelles technologies et de leur impact sur l’écriture cinématographique a été au cœur des discussions.
Parmi les moments forts, la rencontre intitulée « Adapter l’écriture pour l’animation aux nouvelles technologies » a réuni Gala Frécon, responsable de projets VR chez Festivals Connexion, et Nawfal Benbennasser, artiste 3D et co-fondateur de Moroccan Game Developer by Daga. Ensemble, ils ont exploré les mutations imposées par une écriture cinématographique repensée pour les univers immersifs.
Écrire à 360 degrés : une grammaire sans limites
La réalité virtuelle, en abolissant les limites du cadre 2D traditionnel, redéfinit profondément l’écriture scénaristique. Dans ce nouveau paradigme, le réalisateur ne guide plus le regard du spectateur. C’est ce dernier qui choisit où poser son attention dans un espace à 360 degrés.
« Le scénario ressemble à un immense tableur à 360 degrés, où chaque zone du décor doit rester active », explique Gala Frécon. Si le spectateur tourne la tête vers la gauche, l’univers doit rester vivant à droite : chute de neige, mouvement d’un personnage, ou encore détails du décor. Cette liberté, qui donne au spectateur un rôle actif, rapproche le film immersif du jeu vidéo narratif, décrit par Nawfal Benbennasser comme « du cinéma à la première personne ». Ce dernier souligne également que cette nouvelle approche exige de concevoir l’image non plus comme un cadre, mais comme un véritable espace à explorer.
L’animation et le documentaire en avant-garde
Face aux coûts encore élevés de la VR pour la fiction en prise de vue réelle, l’animation et le documentaire tirent leur épingle du jeu. Ces genres s’approprient le médium pour son puissant potentiel immersif et empathique. Même des figures emblématiques comme Michel Ocelot (créateur de « Kirikou ») s’essaient à ces nouvelles formes, comme en témoigne son projet en format dôme, « Les Lapins 3 Oreilles ».
Des défis techniques et économiques
Malgré son potentiel créatif, la réalité virtuelle reste confrontée à des obstacles majeurs. Sur le plan technique, la VR impose des standards élevés pour garantir le confort des spectateurs. Les images doivent atteindre une fréquence de 120 images par seconde pour éviter les sensations d’inconfort, ce qui nécessite des équipements informatiques performants.
Sur le plan économique, la diffusion en VR est encore limitée par le faible taux d’équipement des ménages en casques de réalité virtuelle, créant un goulot d’étranglement. Dans le secteur du jeu vidéo, la mention VR est souvent utilisée comme un argument marketing. En revanche, dans le cinéma d’auteur, les créateurs assument pleinement l’expérience immersive en s’affranchissant de formats traditionnels.
Structuration et médiation : des solutions à explorer
Pour surmonter ces défis, les experts réunis au FICAM ont souligné l’importance des financements publics et de la médiation culturelle. En France, des initiatives comme le CNC ou le plan France 2030* la création en VR et favorisent l’installation de dispositifs collectifs en salles. Au Maroc, le réseau des Musées numériques des Instituts français joue un rôle clé dans la diffusion de ces œuvres. Par ailleurs, l’industrie marocaine du jeu vidéo se développe progressivement pour répondre aux standards internationaux.
Une révolution technologique, mais pas inédite
Comme l’ont rappelé les intervenants, ces changements ne sont pas sans précédent dans l’histoire du cinéma. Le passage du muet au son, puis à la couleur, a déjà transformé en profondeur les codes de la création cinématographique. Aujourd’hui, la VR et les technologies immersives posent une question essentielle : comment adapter l’écriture cinématographique à l’ère du numérique et des nouveaux écrans ?
Si la VR est encore perçue comme une technologie transitoire, sa grammaire spatiale oblige déjà les créateurs à redéfinir leur approche de l’image et du récit. Une révolution qui, comme celles qui l’ont précédée, pourrait bien redessiner les contours du 7e art.
Parmi les moments forts, la rencontre intitulée « Adapter l’écriture pour l’animation aux nouvelles technologies » a réuni Gala Frécon, responsable de projets VR chez Festivals Connexion, et Nawfal Benbennasser, artiste 3D et co-fondateur de Moroccan Game Developer by Daga. Ensemble, ils ont exploré les mutations imposées par une écriture cinématographique repensée pour les univers immersifs.
Écrire à 360 degrés : une grammaire sans limites
La réalité virtuelle, en abolissant les limites du cadre 2D traditionnel, redéfinit profondément l’écriture scénaristique. Dans ce nouveau paradigme, le réalisateur ne guide plus le regard du spectateur. C’est ce dernier qui choisit où poser son attention dans un espace à 360 degrés.
« Le scénario ressemble à un immense tableur à 360 degrés, où chaque zone du décor doit rester active », explique Gala Frécon. Si le spectateur tourne la tête vers la gauche, l’univers doit rester vivant à droite : chute de neige, mouvement d’un personnage, ou encore détails du décor. Cette liberté, qui donne au spectateur un rôle actif, rapproche le film immersif du jeu vidéo narratif, décrit par Nawfal Benbennasser comme « du cinéma à la première personne ». Ce dernier souligne également que cette nouvelle approche exige de concevoir l’image non plus comme un cadre, mais comme un véritable espace à explorer.
L’animation et le documentaire en avant-garde
Face aux coûts encore élevés de la VR pour la fiction en prise de vue réelle, l’animation et le documentaire tirent leur épingle du jeu. Ces genres s’approprient le médium pour son puissant potentiel immersif et empathique. Même des figures emblématiques comme Michel Ocelot (créateur de « Kirikou ») s’essaient à ces nouvelles formes, comme en témoigne son projet en format dôme, « Les Lapins 3 Oreilles ».
Des défis techniques et économiques
Malgré son potentiel créatif, la réalité virtuelle reste confrontée à des obstacles majeurs. Sur le plan technique, la VR impose des standards élevés pour garantir le confort des spectateurs. Les images doivent atteindre une fréquence de 120 images par seconde pour éviter les sensations d’inconfort, ce qui nécessite des équipements informatiques performants.
Sur le plan économique, la diffusion en VR est encore limitée par le faible taux d’équipement des ménages en casques de réalité virtuelle, créant un goulot d’étranglement. Dans le secteur du jeu vidéo, la mention VR est souvent utilisée comme un argument marketing. En revanche, dans le cinéma d’auteur, les créateurs assument pleinement l’expérience immersive en s’affranchissant de formats traditionnels.
Structuration et médiation : des solutions à explorer
Pour surmonter ces défis, les experts réunis au FICAM ont souligné l’importance des financements publics et de la médiation culturelle. En France, des initiatives comme le CNC ou le plan France 2030* la création en VR et favorisent l’installation de dispositifs collectifs en salles. Au Maroc, le réseau des Musées numériques des Instituts français joue un rôle clé dans la diffusion de ces œuvres. Par ailleurs, l’industrie marocaine du jeu vidéo se développe progressivement pour répondre aux standards internationaux.
Une révolution technologique, mais pas inédite
Comme l’ont rappelé les intervenants, ces changements ne sont pas sans précédent dans l’histoire du cinéma. Le passage du muet au son, puis à la couleur, a déjà transformé en profondeur les codes de la création cinématographique. Aujourd’hui, la VR et les technologies immersives posent une question essentielle : comment adapter l’écriture cinématographique à l’ère du numérique et des nouveaux écrans ?
Si la VR est encore perçue comme une technologie transitoire, sa grammaire spatiale oblige déjà les créateurs à redéfinir leur approche de l’image et du récit. Une révolution qui, comme celles qui l’ont précédée, pourrait bien redessiner les contours du 7e art.