Depuis des décennies, les grandes institutions internationales, au premier rang dont l'ONU, peinent à résoudre des conflits prolongés.
Le Conseil de la paix a voulu par Donald Trump s'inscrire lui dans une logique de rupture. Il ne cherche ni à produire du droit international ni à imposer des normes universelles, mais à créer un cadre informel de négociation directe entre acteurs influents, y compris ceux que le système onusien peine à intégrer de manière opérationnelle.
Dans ce contexte, le Maroc est sûrement un acteur de stabilité et un médiateur discret, crédible et efficace.
La présence du Roi du Maroc dans cette instance reflète une reconnaissance internationale d'un modèle diplomatique fondé sur la stabilité, la continuité et le pragmatisme.
Le Maroc s'est imposé comme un acteur capable de dialoguer avec des partenaires aux intérêts divergents, tout en maintenant une ligne stratégique claire et chacun sait que c'est Sa Majesté lui même qui à a initié cette vision et qui conduit cette diplomatie distinguée. C'est ce qui explique le caractère particulier de l'invitation envoyée au souverain.
À l’inverse, l’exclusion de certains États révèle les limites d’une diplomatie fondée sur la conflictualité permanente et la posture idéologique aveugle.
La question est alors de comprendre si dans ce contexte l'ONU est marginalisée ou poussée à la réforme ?
Ce Conseil ne signe pas la fin de l'ONU pour l'immédiat en tout cas, mais en exposant la crise existentielle. Si une instance parallèle parvient à, rapidement, des résultats tangibles, comme cela est revendiqué sur certains dossiers africains entre autres, alors la question de la légitimité fonctionnelle du système onusien se posera avec acuité.
L'initiative du Président Trump peut ainsi être interprétée comme un déclenchement : soit d'un affaiblissement progressif de l'ONU qu'il n'affectionne pas trop, soit d'une réforme profonde de ses mécanismes décisionnels, notamment du Conseil de sécurité.
Et comme le président Trump est déjà à mi mandant et qu'il ne peut en briguer un autre, alors il faut comprendre que les choses vont aller très vite.
Le contexte est aussi très particulier avec une fracture transatlantique révélatrice d'un malaise qui couve depuis le premier mandant de Trump qui n'accepte plus de défendre une Europe hostile et de plus en plus tributaire des budgets américains pour cette défense.
Le refus de pays européens, dont la France, de rejoindre cette nouvelle instance traduit une divergence stratégique croissante entre l'Europe et les États-Unis.
Son hypocrisie diplomatique et ses deux poids deux mesures sur pas mal de questions sont ici mis à nu. Sa position et son enlisement en Ukraine témoignent bien de la situation anachronique de sa stratégie.
L'invitation de Vladimir Poutine, accentue cette fracture, notamment dans le contexte des conflits en Ukraine et des tensions géopolitiques en Arctique. L'Europe ne sait plus sur quel terrain aller avec le Président Trump.
Comment interpréter la proposition du Président Macron qui, à Davos, dit qu'il n'acceptait pas la loi du plus fort sans le nommer.
C'est qui le plus fort dès lors que celui à qui il fait illusion est bien l'initiateur du nouveau Conseil...Ne s'agit il pas ici véritablement d'un partage de puissance ? Pourquoi alors refuser d'en faire partie ! Et puis à Trump de répondre à Macron en refusant une invitation à une réunion du G7...
Le Conseil de Paix de Donald Trump pour l'instant, n'est ni une alternative institutionnelle complète à l'ONU ni une simple initiative conjoncturelle. Il est le symptôme d’un monde impatient face à l’inefficacité des cadres traditionnels.
Dans ce contexte, le rôle qui sera celui du Roi du Maroc illustre la montée en puissance d'acteurs capables d'articuler pragmatisme, stabilité et crédibilité internationale.
Plus qu'un changement d'architecture, cette initiative révèle une transformation profonde des règles implicites de la gouvernance mondiale.
Le Maroc deviendrait ainsi le centre névralgique de la Paix dans le monde.
PAR AZIZ DAOUDA/BLUWR.COM