Le MENA Film Festival : une édition au service du dialogue et de la paix


Rédigé par le Mercredi 8 Juillet 2026

La 9e édition du MENA Film Festival à La Haye met à l’honneur un cinéma engagé pour le dialogue interculturel, la paix et la lutte contre le racisme.



À La Haye, la neuvième édition du « MENA Film Festival » a dépassé le simple cadre d’un événement cinématographique pour s’imposer comme un véritable espace de dialogue culturel et humain. Organisé par la Fondation Mésopotamie, sous la présidence du poète irakien Mohammed Al-Amine et de la journaliste marocaine Khadija Bouachrine, le festival a porté haut un message clair : faire du cinéma un outil de rapprochement et de lutte contre le racisme.

Dès son ouverture, le ton était donné. Loin de se limiter à la projection de films, cette édition a misé sur une approche plus profonde, valorisant la diversité des récits et des regards. L’objectif : déconstruire les stéréotypes et favoriser une culture de paix à travers l’art.

L’un des temps forts du festival a été la place accordée au public, désormais considéré comme un acteur à part entière. Les échanges organisés après les projections ont permis des discussions directes entre réalisateurs, critiques et spectateurs, transformant les salles en véritables laboratoires d’idées autour des questions d’identité, de différence et de justice culturelle.

Cette dynamique s’est particulièrement illustrée lors d’une table ronde réunissant écrivains, poètes et critiques, autour des liens entre littérature et cinéma, ainsi que des défis du cinéma indépendant. Au cœur des débats : le rôle de l’art dans la construction des consciences. Si l’art ne transforme pas immédiatement la réalité, il ouvre néanmoins des espaces essentiels de compréhension et de dialogue.

Côté palmarès, plusieurs œuvres issues de différents pays ont été distinguées pour leur portée humaine et sociale. Le film syrien « Photographia » a reçu le prix de la justice et de la paix, tandis que le documentaire libanais « Anta Al Abir » a été sacré meilleur film documentaire. Le film marocain « Washm », réalisé par Fatima Zahra Obaha, a remporté le prix du jury. Les productions iraniennes « Like Robin Williams » et « Soudad » ont également été récompensées, tandis qu’une mention spéciale a été attribuée au film égyptien « 150 ».

Au-delà des projections, le festival a également investi le champ éducatif à travers des ateliers destinés aux enfants et aux jeunes, visant à développer leur expression artistique et leur regard critique. Un moment particulièrement émouvant a marqué cette édition avec l’hommage rendu à plusieurs figures culturelles, dont le romancier irakien Jamal Haidar et le poète et dramaturge marocain Nasreddine Bouchkif.

Plus qu’un simple rendez-vous cinématographique, le « MENA Film Festival » s’affirme comme un projet culturel porteur de sens. Dans une ville cosmopolite comme La Haye, il rappelle que l’art, lorsqu’il s’adresse à l’humain, dépasse les écrans pour devenir un véritable vecteur de paix et de compréhension mutuelle.




Mercredi 8 Juillet 2026
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