Quand le Maroc manque de sardines, certains supermarchés allemands finissent eux aussi par le ressentir. Plusieurs enseignes signalent des difficultés d’approvisionnement alors que les captures marocaines ont fortement reculé ces dernières années. Derrière une simple boîte de sardines apparaît une question beaucoup plus sérieuse : lorsqu’une ressource alimentaire devient rare, faut-il continuer à privilégier l’exportation ou d’abord nourrir son marché intérieur ?
La sardine marocaine voyage beaucoup. Elle se retrouve en France, en Espagne, en Allemagne et dans de nombreux autres marchés.
Mais depuis quelques semaines, certains consommateurs européens commencent à découvrir ce qui se produit lorsque le premier maillon de cette chaîne se fragilise.
Des enseignes allemandes connaissent des tensions sur leurs approvisionnements en sardines. Les informations publiées ce week-end font notamment état d'indisponibilités dans certains magasins.
Et le Maroc apparaît au centre de l’équation.
Presque deux fois moins de captures
Le problème n’est pas né hier. Les captures marocaines de sardines seraient passées d’environ 965.000 tonnes en 2022 à quelque 525.000 tonnes en 2024.
Une chute spectaculaire.
Réchauffement des eaux, déplacement des bancs, pression sur la ressource et évolution des écosystèmes marins font partie des facteurs étudiés pour expliquer cette situation.
Face aux tensions sur l’offre et aux prix intérieurs, Rabat a décidé cette année de limiter certaines exportations, notamment de sardines congelées.
La logique est compréhensible : lorsque la ressource devient insuffisante, le consommateur marocain ne peut pas systématiquement être mis en concurrence avec le pouvoir d’achat européen.
Une petite leçon de souveraineté alimentaire
Le phénomène allemand permet pourtant de regarder le dossier autrement.
Pendant des années, la mondialisation alimentaire a donné l’impression que les produits seraient toujours disponibles quelque part.
Un fournisseur manque ? On en trouve un autre.
Mais lorsque le fournisseur concerné occupe une place importante dans une filière mondiale, le remplacement devient beaucoup plus compliqué.
La sardine révèle alors une forme discrète de puissance commerciale marocaine.
Mais il serait dangereux d’en tirer une satisfaction excessive.
Le problème reste dans l’océan
Si l’Europe manque de sardines parce que le Maroc en exporte moins, c’est une chose.
Si le Maroc en exporte moins parce que ses stocks s’affaiblissent durablement, c’en est une autre.
La priorité ne peut donc pas être seulement de répartir différemment une ressource qui diminue. Il faut surtout s’assurer qu’elle se reconstitue.
Cela suppose connaissance scientifique des stocks, périodes de repos biologique, contrôle des captures et lutte contre la pêche illégale.
La boîte absente d’un rayon allemand raconte ainsi une histoire beaucoup plus grande.
Celle d’une ressource naturelle marocaine devenue suffisamment stratégique pour que sa raréfaction traverse les frontières.
Protéger la sardine marocaine ne consiste donc pas seulement à choisir qui la mangera aujourd’hui. Il s’agit surtout de faire en sorte qu’il en reste demain.
La sardine marocaine voyage beaucoup. Elle se retrouve en France, en Espagne, en Allemagne et dans de nombreux autres marchés.
Mais depuis quelques semaines, certains consommateurs européens commencent à découvrir ce qui se produit lorsque le premier maillon de cette chaîne se fragilise.
Des enseignes allemandes connaissent des tensions sur leurs approvisionnements en sardines. Les informations publiées ce week-end font notamment état d'indisponibilités dans certains magasins.
Et le Maroc apparaît au centre de l’équation.
Presque deux fois moins de captures
Le problème n’est pas né hier. Les captures marocaines de sardines seraient passées d’environ 965.000 tonnes en 2022 à quelque 525.000 tonnes en 2024.
Une chute spectaculaire.
Réchauffement des eaux, déplacement des bancs, pression sur la ressource et évolution des écosystèmes marins font partie des facteurs étudiés pour expliquer cette situation.
Face aux tensions sur l’offre et aux prix intérieurs, Rabat a décidé cette année de limiter certaines exportations, notamment de sardines congelées.
La logique est compréhensible : lorsque la ressource devient insuffisante, le consommateur marocain ne peut pas systématiquement être mis en concurrence avec le pouvoir d’achat européen.
Une petite leçon de souveraineté alimentaire
Le phénomène allemand permet pourtant de regarder le dossier autrement.
Pendant des années, la mondialisation alimentaire a donné l’impression que les produits seraient toujours disponibles quelque part.
Un fournisseur manque ? On en trouve un autre.
Mais lorsque le fournisseur concerné occupe une place importante dans une filière mondiale, le remplacement devient beaucoup plus compliqué.
La sardine révèle alors une forme discrète de puissance commerciale marocaine.
Mais il serait dangereux d’en tirer une satisfaction excessive.
Le problème reste dans l’océan
Si l’Europe manque de sardines parce que le Maroc en exporte moins, c’est une chose.
Si le Maroc en exporte moins parce que ses stocks s’affaiblissent durablement, c’en est une autre.
La priorité ne peut donc pas être seulement de répartir différemment une ressource qui diminue. Il faut surtout s’assurer qu’elle se reconstitue.
Cela suppose connaissance scientifique des stocks, périodes de repos biologique, contrôle des captures et lutte contre la pêche illégale.
La boîte absente d’un rayon allemand raconte ainsi une histoire beaucoup plus grande.
Celle d’une ressource naturelle marocaine devenue suffisamment stratégique pour que sa raréfaction traverse les frontières.
Protéger la sardine marocaine ne consiste donc pas seulement à choisir qui la mangera aujourd’hui. Il s’agit surtout de faire en sorte qu’il en reste demain.