Par Mohammed Yassir Mouline
Car lorsqu’une capitale étrangère commence à intégrer Rabat dans ses stratégies électorales, diplomatiques ou sécuritaires, le phénomène mérite d’être regardé avec davantage de hauteur… Ce n’est plus seulement le Maroc qui observe le monde et ses rapports de force… C’est désormais le monde politique qui observe le Maroc et mesure les conséquences de ses choix à l’égard du Royaume… Le changement est profond… Il ne tient pas à une modification de la géographie, mais à une transformation du rapport de force…
Au cours des dernières années, le Royaume du Maroc a progressivement consolidé ses positions diplomatiques, économiques, sécuritaires et stratégiques… Il a diversifié ses partenariats, multiplié ses ouvertures vers l’Afrique, l’Europe, les États-Unis, le monde arabe et les puissances émergentes, tout en affirmant davantage ses intérêts nationaux… Le Maroc n’est donc plus cette capitale qui attend de connaître les décisions prises ailleurs pour ensuite s’y adapter… Rabat est devenue une capitale avec laquelle il faut compter… Et c’est précisément ce changement qui explique certaines crispations…
Quand le Maroc entre dans les urnes des autres
Le phénomène est révélateur… dans plusieurs débats politiques étrangers, la relation avec le Maroc tend à devenir un sujet électoral… On ne parle plus seulement de Rabat dans les chancelleries… On en parle dans les parlements, dans les programmes politiques, dans les débats entre majorité et opposition et, parfois, dans les stratégies de conquête électorale… Cela ne signifie évidemment pas que le Maroc intervient dans les élections des autres pays… Cela signifie quelque chose de beaucoup plus intéressant sur le plan géopolitique… le Maroc est devenu suffisamment important pour que la manière de traiter avec lui puisse rapporter des voix… ou en coûter…
Voilà le véritable indicateur de puissance… Une puissance n’est pas seulement celle qui possède des moyens militaires, une économie dynamique ou une diplomatie active… C’est aussi celle dont les décisions, les alliances et les réactions sont intégrées aux calculs des autres… Et c’est exactement ce qui est en train de se produire avec le Royaume…
La « comédie espagnole » et le paradoxe de Madrid
C’est dans ce contexte qu’il faut regarder certaines campagnes de surenchère autour de Sebta et Melilla… Lorsque des responsables politiques espagnols transforment la question marocaine en instrument de mobilisation électorale, il serait tentant pour Rabat de répondre immédiatement, de monter à son tour le ton et d’entrer dans la bataille des slogans… Mais la diplomatie d’État ne fonctionne pas comme une campagne électorale… Un gouvernement pense en années et en décennies... Un candidat pense en sondages… La différence est fondamentale…
Ce qui peut sembler spectaculaire dans un Parlement, ce qui peut faire quelques titres dans la presse ou provoquer quelques applaudissements dans une réunion partisane, peut parfaitement être considéré à Rabat comme un épisode supplémentaire d’une compétition politique intérieure… Le Maroc connaît suffisamment son voisin espagnol pour savoir qu’entre la rhétorique électorale et la gestion gouvernementale, il existe parfois un fossé particulièrement profond… Les déclarations passent… Les intérêts demeurent…
Le silence de Rabat n’est pas forcément une faiblesse
C’est là que certains commentateurs commettent une erreur classique… confondre le silence avec l’absence de stratégie… Or, en diplomatie, ne pas répondre immédiatement est parfois une manière de répondre… Rabat n’a aucun intérêt à offrir gratuitement à une polémique intérieure espagnole la dimension internationale que certains de ses protagonistes recherchent… Entrer dans chaque provocation, répondre à chaque déclaration et commenter chaque polémique reviendrait à accepter le calendrier politique des autres…
Le choix marocain peut donc être lu autrement… laisser la politique espagnole suivre son propre cycle électoral, tandis que la relation bilatérale demeure soumise à une logique beaucoup plus froide… celle des intérêts, de la sécurité, de l’économie, de la migration, de l’énergie, du commerce et de la stabilité régionale… La politique spectacle a besoin de bruit… La géopolitique, elle, travaille souvent dans le silence…
Le jour où les slogans rencontreront les intérêts
C’est ici que se trouve le paradoxe espagnol… On peut parfaitement utiliser le Maroc comme thème électoral pendant une campagne… Mais une fois les élections terminées, les slogans doivent laisser place aux réalités… L’Espagne devra toujours gérer ses frontières, ses intérêts économiques, ses échanges commerciaux, ses enjeux sécuritaires, ses relations avec l’Afrique et sa position dans un environnement méditerranéen en pleine recomposition… Et sur chacun de ces dossiers, le Maroc est un partenaire incontournable… C’est pourquoi le véritable rapport de force ne se mesure pas au nombre d’insultes prononcées dans un Parlement… Il se mesure au nombre de dossiers sur lesquels les deux pays ont besoin l’un de l’autre… Voilà la différence entre une polémique électorale et une réalité géopolitique…
Le Maroc avance pendant que les autres débattent
Le plus remarquable, finalement, n’est peut-être même pas le ton de certains responsables politiques étrangers… C’est le fait que le Maroc continue d’avancer… Il construit ses infrastructures, développe ses ports, renforce ses partenariats africains, diversifie ses alliances, modernise ses capacités et consolide sa position diplomatique… Pendant que certains cherchent encore la meilleure formule pour parler du Maroc devant leurs électeurs, Rabat travaille déjà à la prochaine étape… C’est probablement là que réside la véritable leçon géopolitique… Un pays qui dépend du regard des autres passe son temps à répondre… Un pays qui construit son propre poids finit par imposer aux autres de tenir compte de son regard… Et le Maroc est précisément en train de passer de l’un à l’autre…
La patience stratégique de Rabat
Il ne faut donc pas confondre le calme marocain avec de l’indifférence, ni la retenue avec de la faiblesse… Le Royaume n’a aucun besoin de participer à toutes les batailles verbales qu’on lui propose… Sa véritable réponse se trouve ailleurs… dans la constance de sa diplomatie, dans la défense de ses intérêts nationaux, dans la diversification de ses partenariats et dans la construction patiente d’un rapport de force fondé sur les réalités plutôt que sur les slogans… Rabat n’a pas besoin de crier pour être entendue… Plus le Maroc devient important, plus ses voisins et ses partenaires sont contraints de l’intégrer dans leurs équations… Et c’est peut-être cela qui explique certaines nervosités… le Maroc n’est plus seulement un pays dont on parle… Il devient un pays dont il faut tenir compte… La géographie n’a pas changé… Le poids du Maroc, lui, a changé…
La réponse marocaine est dans l’avenir
Au fond, la véritable réponse du Maroc ne se trouve ni dans les invectives, ni dans les polémiques, ni dans les surenchères électorales… Elle se trouve dans une vision… Une vision qui consiste à construire plutôt qu’à commenter, à consolider plutôt qu’à provoquer, à diversifier plutôt qu’à dépendre et à préparer l’avenir plutôt qu’à courir derrière les crises du présent… C’est précisément ce qui donne toute sa portée à la démarche de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste… inscrire l’action du Royaume dans le temps long, défendre avec constance ses intérêts fondamentaux et faire du Maroc un pays dont la stabilité, la crédibilité et les choix stratégiques parlent plus fort que toutes les campagnes de circonstance…
Le Maroc n’a pas besoin que ses voisins reconnaissent chaque matin son poids… Il lui suffit de continuer à le construire… Car lorsqu’un pays transforme patiemment sa diplomatie en influence, ses infrastructures en puissance, ses partenariats en profondeur stratégique et sa stabilité en crédibilité, il finit inévitablement par modifier le comportement de ceux qui l’entourent… Voilà pourquoi certains doivent désormais recalculer…
Rabat ne court plus derrière les équations des autres… elle est devenue l’une des données de ces équations… Et dans le grand échiquier méditerranéen, africain et international, le Maroc n’attend plus que les autres écrivent son histoire… Sous la conduite éclairée de SM Le Roi, le Royaume écrit désormais la sienne… avec patience, avec confiance et avec cette tranquille détermination d’un pays qui sait où il va… Le Maroc avance… Les autres peuvent continuer à recalculer… Wa Assalamou Alaikoum wa Rahmatou Allah.
Au cours des dernières années, le Royaume du Maroc a progressivement consolidé ses positions diplomatiques, économiques, sécuritaires et stratégiques… Il a diversifié ses partenariats, multiplié ses ouvertures vers l’Afrique, l’Europe, les États-Unis, le monde arabe et les puissances émergentes, tout en affirmant davantage ses intérêts nationaux… Le Maroc n’est donc plus cette capitale qui attend de connaître les décisions prises ailleurs pour ensuite s’y adapter… Rabat est devenue une capitale avec laquelle il faut compter… Et c’est précisément ce changement qui explique certaines crispations…
Quand le Maroc entre dans les urnes des autres
Le phénomène est révélateur… dans plusieurs débats politiques étrangers, la relation avec le Maroc tend à devenir un sujet électoral… On ne parle plus seulement de Rabat dans les chancelleries… On en parle dans les parlements, dans les programmes politiques, dans les débats entre majorité et opposition et, parfois, dans les stratégies de conquête électorale… Cela ne signifie évidemment pas que le Maroc intervient dans les élections des autres pays… Cela signifie quelque chose de beaucoup plus intéressant sur le plan géopolitique… le Maroc est devenu suffisamment important pour que la manière de traiter avec lui puisse rapporter des voix… ou en coûter…
Voilà le véritable indicateur de puissance… Une puissance n’est pas seulement celle qui possède des moyens militaires, une économie dynamique ou une diplomatie active… C’est aussi celle dont les décisions, les alliances et les réactions sont intégrées aux calculs des autres… Et c’est exactement ce qui est en train de se produire avec le Royaume…
La « comédie espagnole » et le paradoxe de Madrid
C’est dans ce contexte qu’il faut regarder certaines campagnes de surenchère autour de Sebta et Melilla… Lorsque des responsables politiques espagnols transforment la question marocaine en instrument de mobilisation électorale, il serait tentant pour Rabat de répondre immédiatement, de monter à son tour le ton et d’entrer dans la bataille des slogans… Mais la diplomatie d’État ne fonctionne pas comme une campagne électorale… Un gouvernement pense en années et en décennies... Un candidat pense en sondages… La différence est fondamentale…
Ce qui peut sembler spectaculaire dans un Parlement, ce qui peut faire quelques titres dans la presse ou provoquer quelques applaudissements dans une réunion partisane, peut parfaitement être considéré à Rabat comme un épisode supplémentaire d’une compétition politique intérieure… Le Maroc connaît suffisamment son voisin espagnol pour savoir qu’entre la rhétorique électorale et la gestion gouvernementale, il existe parfois un fossé particulièrement profond… Les déclarations passent… Les intérêts demeurent…
Le silence de Rabat n’est pas forcément une faiblesse
C’est là que certains commentateurs commettent une erreur classique… confondre le silence avec l’absence de stratégie… Or, en diplomatie, ne pas répondre immédiatement est parfois une manière de répondre… Rabat n’a aucun intérêt à offrir gratuitement à une polémique intérieure espagnole la dimension internationale que certains de ses protagonistes recherchent… Entrer dans chaque provocation, répondre à chaque déclaration et commenter chaque polémique reviendrait à accepter le calendrier politique des autres…
Le choix marocain peut donc être lu autrement… laisser la politique espagnole suivre son propre cycle électoral, tandis que la relation bilatérale demeure soumise à une logique beaucoup plus froide… celle des intérêts, de la sécurité, de l’économie, de la migration, de l’énergie, du commerce et de la stabilité régionale… La politique spectacle a besoin de bruit… La géopolitique, elle, travaille souvent dans le silence…
Le jour où les slogans rencontreront les intérêts
C’est ici que se trouve le paradoxe espagnol… On peut parfaitement utiliser le Maroc comme thème électoral pendant une campagne… Mais une fois les élections terminées, les slogans doivent laisser place aux réalités… L’Espagne devra toujours gérer ses frontières, ses intérêts économiques, ses échanges commerciaux, ses enjeux sécuritaires, ses relations avec l’Afrique et sa position dans un environnement méditerranéen en pleine recomposition… Et sur chacun de ces dossiers, le Maroc est un partenaire incontournable… C’est pourquoi le véritable rapport de force ne se mesure pas au nombre d’insultes prononcées dans un Parlement… Il se mesure au nombre de dossiers sur lesquels les deux pays ont besoin l’un de l’autre… Voilà la différence entre une polémique électorale et une réalité géopolitique…
Le Maroc avance pendant que les autres débattent
Le plus remarquable, finalement, n’est peut-être même pas le ton de certains responsables politiques étrangers… C’est le fait que le Maroc continue d’avancer… Il construit ses infrastructures, développe ses ports, renforce ses partenariats africains, diversifie ses alliances, modernise ses capacités et consolide sa position diplomatique… Pendant que certains cherchent encore la meilleure formule pour parler du Maroc devant leurs électeurs, Rabat travaille déjà à la prochaine étape… C’est probablement là que réside la véritable leçon géopolitique… Un pays qui dépend du regard des autres passe son temps à répondre… Un pays qui construit son propre poids finit par imposer aux autres de tenir compte de son regard… Et le Maroc est précisément en train de passer de l’un à l’autre…
La patience stratégique de Rabat
Il ne faut donc pas confondre le calme marocain avec de l’indifférence, ni la retenue avec de la faiblesse… Le Royaume n’a aucun besoin de participer à toutes les batailles verbales qu’on lui propose… Sa véritable réponse se trouve ailleurs… dans la constance de sa diplomatie, dans la défense de ses intérêts nationaux, dans la diversification de ses partenariats et dans la construction patiente d’un rapport de force fondé sur les réalités plutôt que sur les slogans… Rabat n’a pas besoin de crier pour être entendue… Plus le Maroc devient important, plus ses voisins et ses partenaires sont contraints de l’intégrer dans leurs équations… Et c’est peut-être cela qui explique certaines nervosités… le Maroc n’est plus seulement un pays dont on parle… Il devient un pays dont il faut tenir compte… La géographie n’a pas changé… Le poids du Maroc, lui, a changé…
La réponse marocaine est dans l’avenir
Au fond, la véritable réponse du Maroc ne se trouve ni dans les invectives, ni dans les polémiques, ni dans les surenchères électorales… Elle se trouve dans une vision… Une vision qui consiste à construire plutôt qu’à commenter, à consolider plutôt qu’à provoquer, à diversifier plutôt qu’à dépendre et à préparer l’avenir plutôt qu’à courir derrière les crises du présent… C’est précisément ce qui donne toute sa portée à la démarche de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste… inscrire l’action du Royaume dans le temps long, défendre avec constance ses intérêts fondamentaux et faire du Maroc un pays dont la stabilité, la crédibilité et les choix stratégiques parlent plus fort que toutes les campagnes de circonstance…
Le Maroc n’a pas besoin que ses voisins reconnaissent chaque matin son poids… Il lui suffit de continuer à le construire… Car lorsqu’un pays transforme patiemment sa diplomatie en influence, ses infrastructures en puissance, ses partenariats en profondeur stratégique et sa stabilité en crédibilité, il finit inévitablement par modifier le comportement de ceux qui l’entourent… Voilà pourquoi certains doivent désormais recalculer…
Rabat ne court plus derrière les équations des autres… elle est devenue l’une des données de ces équations… Et dans le grand échiquier méditerranéen, africain et international, le Maroc n’attend plus que les autres écrivent son histoire… Sous la conduite éclairée de SM Le Roi, le Royaume écrit désormais la sienne… avec patience, avec confiance et avec cette tranquille détermination d’un pays qui sait où il va… Le Maroc avance… Les autres peuvent continuer à recalculer… Wa Assalamou Alaikoum wa Rahmatou Allah.