Le Maroc s’impose dans la révolution verte de la BERD à l’horizon 2030


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Lundi 9 Mars 2026

Avec l’adoption de sa nouvelle Stratégie de transition vers une économie verte 2026‑2030, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) ambitionne de mobiliser au moins 150 milliards d’euros pour accélérer les investissements climatiques dans ses pays partenaires — parmi lesquels le Maroc se distingue comme acteur stratégique et engagé, prêt à transformer les défis écologiques en moteurs de croissance durable.



Le Maroc est souvent cité dans les cercles économiques comme un pays pionnier des politiques vertes en Afrique du Nord. Cette fois encore, la nouvelle stratégie GET 2026‑2030 votée par la BERD met le Royaume en position de partenaire privilégié dans la transition climatique, grâce à ses engagements politiques forts et à la maturité de ses marchés financiers verts.
 

L’objectif affiché de la BERD est ambitieux : atteindre un seuil minimal de 150 milliards d’euros de financements verts cumulés d’ici à 2030, chiffre qui inclut à la fois les fonds propres de la banque et les capitaux privés qu’elle entend mobiliser. Pour mesurer l’ampleur du cap fixé, il faut savoir que ce montant représente une hausse d’environ un tiers par rapport à la période précédente (2021‑2025), ce qui montre l’accélération des ambitions climatiques dans les pays où opère l’institution.
 

Ce plan vert ne se limite pas à une question de mots ou de rhétorique : il s’inscrit dans une logique systémique qui touche six grands systèmes économiques : énergie, industrie, agroalimentaire, transport, urbain et finance. Pour chacun, la BERD a posé des objectifs quantitatifs et stratégiques par exemple tripler la capacité énergétique renouvelable qu’elle finance par rapport à la période 2010‑2022 ou encore accroître d’au moins 50 % le nombre de projets intégrant une composante de résilience climatique.
 

À l’intérieur de cette vision, le Maroc n’est pas un simple bénéficiaire. Dans plusieurs passages du document, il est cité comme un pays à fortes perspectives climatiques et financières. Le Royaume a soumis sa Contribution déterminée au niveau national (NDC), ainsi que ses stratégies à long terme et de planification climatique aux Nations unies, témoignant d’une feuille de route cohérente autour de la neutralité carbone, l’hydrogène vert, l’économie circulaire et la digitalisation.
 

Sur le volet des marchés financiers, Rabat est explicitement reconnu pour son potentiel à émettre des instruments verts tels que des obligations vertes, sociales et de durabilité (GSSS). Ce type de titres, déjà émis sur les marchés locaux, contribue à structurer un écosystème financier durable, capable d’attirer des capitaux internationaux tout en soutenant des projets locaux.
 

Concrètement, cette dynamique se traduit déjà par des financements ciblés, comme les lignes de crédit vertes accordées aux grandes banques marocaines pour soutenir les petites et moyennes entreprises dans leurs investissements verts ou encore des prêts importants pour des projets d’irrigation durable et de conservation d’eau dans des régions sensibles. Ces initiatives illustrent une réalité plus large : la transition écologique peut rimer avec développement humain et inclusion économique, une leçon que le Maroc s’emploie à mettre en pratique.
 

Toutefois, le Royaume n’est pas exempte de défis. Le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) de l’Union européenne, qui vise à taxer les importations à forte intensité carbone, pourrait peser sur les exportations industrielles marocaines. Plutôt que de voir cette contrainte comme un handicap, plusieurs analystes y voient une incitation pour moderniser et décarboner les secteurs manufacturiers et exportateurs, ce qui pourrait renforcer leur compétitivité sur les marchés européens.
 

En parallèle, le Maroc poursuit sa propre transformation énergétique. Selon les données récentes, les énergies renouvelables représentent près de 46 % de la capacité électrique nationale, avec un objectif d’au moins 52 % d’ici 2030, portée par des projets solaires, éoliens et d’hydrogène vert déjà en cours.
 

Plus qu’un simple partenaire, le Maroc s’érige aujourd’hui en pilier régional de la révolution verte portée par la BERD. Une transformation qui ne se limite pas à des engagements sur papier, mais s’enracine dans des actions concrètes et des visions politiques ambitieuses — une réponse forte aux défis climatiques et une opportunité de croissance inclusive et durable pour les prochaines années.





Lundi 9 Mars 2026
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