Le Maroc vise 7,4 milliards d’investissements


Rédigé par PATRICIA GOMBO BOKI le Mercredi 29 Avril 2026

Un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale révèle que le Maroc pourrait attirer jusqu’à 7,4 milliards de dollars d’investissements privés et générer plus de 166.000 emplois en misant sur quatre filières stratégiques. Cette projection intervient dans un contexte où le Royaume cherche à accélérer sa transformation économique.



Quatre secteurs au cœur du potentiel

Le diagnostic identifie quatre domaines prioritaires : l’énergie solaire décentralisée, le textile bas carbone, les cosmétiques à base d’argan et l’aquaculture marine. Ensemble, ces filières concentrent un potentiel important, à condition de lever plusieurs blocages.
 

L’énergie solaire décentralisée arrive en tête, avec un potentiel estimé à 2,9 milliards de dollars. Le textile bas carbone pourrait capter 1,9 milliard, tandis que l’aquaculture marine atteindrait 1,96 milliard. Le segment des cosmétiques naturels, lié à l’argan, représenterait environ 0,6 milliard de dollars.
 
Une économie solide mais freinée  

Le rapport souligne que le Maroc dispose d’atouts structurels. Sa stabilité politique, sa gestion macroéconomique et son positionnement stratégique entre l’Europe et l’Afrique ont permis une progression du PIB réel d’environ un quart entre 2014 et 2024.
 

Cependant, plusieurs indicateurs révèlent des limites. L’investissement privé reste insuffisant, ne représentant qu’environ un tiers de la formation brute de capital fixe. Les flux d’investissements étrangers demeurent également en retrait, avec une moyenne de 1,3 % du PIB entre 2019 et 2023.
 

La productivité progresse lentement, tandis que plus de 77 % de l’emploi reste informel, pesant sur la compétitivité globale.
 
Des freins persistants à lever  

Plusieurs obstacles structurels continuent de freiner l’investissement. Le rapport pointe notamment la complexité administrative, les contraintes fiscales, ainsi que les difficultés d’accès au financement pour les PME, qui captent moins de 15 % des crédits bancaires.
 

Le manque de main-d’œuvre qualifiée et la concurrence du secteur informel figurent également parmi les principaux défis. À cela s’ajoute le poids des entreprises publiques, représentant environ 22 % du PIB, qui peut limiter la concurrence dans certains secteurs.
 
Des réformes jugées décisives  

Pour libérer ce potentiel, des réformes ciblées sont jugées nécessaires. Elles concernent la simplification des procédures, l’amélioration du cadre réglementaire et le renforcement des compétences.
 

Le rapport insiste aussi sur le rôle structurant de l’énergie, notamment solaire, pour soutenir l’ensemble des filières industrielles. L’accès au marché européen, exigeant en matière de durabilité, apparaît à la fois comme une contrainte et une opportunité.
 
Un moment charnière  

Le Maroc se trouve à un tournant stratégique. Si les réformes engagées se concrétisent, elles pourraient accélérer la mobilisation de l’investissement privé et soutenir une croissance plus inclusive.





Mercredi 29 Avril 2026
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