Le Mondial 2026.


Par Bargach Larbi.

La « Coupe du monde de Trump », comme se plaisent à le dire un certain nombre de commentateurs, commence officiellement ce soir au Mexique. Il est vrai que le contexte de ce tournoi est très lourd, avec les guerres qui se sont multipliées depuis 2022.

Comme pour le Qatar, cette coupe est largement critiquée pour son empreinte carbone, le comportement des autorités, dont les décisions sécuritaires souveraines sont pointées du doigt, et surtout pour le prix des billets et du séjour. Pour le Qatar, c'était la question des droits de l'homme qui avait été mise en avant, avec un focus sur les droits LGBT+.



Bizarrement, en 2026 comme en 2022, ces critiques émanent surtout des médias européens, centre névralgique du football mondial.

Les médias du Sud global sont beaucoup plus mesurés. Le contraste avec leurs délires haineux qui ont accompagné l'organisation de la dernière CAN au Maroc est surprenant.

On peut comprendre l'Europe : elle a peur de perdre ses privilèges et son leadership. Que d'autres contrées lui contestent le savoir‑faire organisationnel de ce tournoi peut la déranger.

Mais l'attitude des médias du Sud global est incompréhensible et dénote que, si la décolonisation politique est réelle depuis 70 ans, celle des esprits est en retard. On ne s'attaque qu'aux avancées des pays qui nous ressemblent ; c'est triste. Sur le plan sportif, cette décolonisation commence, et c'est tant mieux.

Le Maroc, en brillant au Qatar, a tracé le chemin. En effet, sur le plan des résultats, il a porté haut les couleurs africaines et arabes. Il a sauvé, grâce à son public, la compétition de la morosité.

Le mondial du Qatar avait été lâchement boycotté par les supporters européens. Les Marocains ont mis le feu, au bon sens du terme, à Doha et ont fait de cette coupe une fête sportive, ce à quoi elle est destinée en réalité.

Ils sont prêts à renouveler l'exploit. Haaland ne s'y est pas trompé lorsqu'il a applaudi l'engouement des supporters et la force avec laquelle ils chantent l'hymne national, et son final avec la devise « Allah, Al Watan, Al Malik ».

Sur le plan sportif aussi, les Marocains semblent prêts (les blessures et les retours de blessures peuvent inquiéter) et, cette fois-ci, ils ne sont pas seuls.

Les Algériens aussi sont prêts ; ils ont impressionné lors des matchs de préparation. Leur entraîneur a privilégié l'émulation — c'est‑à‑dire faire mieux que les concurrents — à la rivalité stérile qui consiste à critiquer et dénigrer l'autre, un cycle dans lequel s'étaient enfermés les médias algériens pendant au moins deux ans.

Cette émulation est source de progrès, tandis que la rivalité stérile détruit de la valeur. On espère que cette émulation Maroc–Algérie sera privilégiée à l'avenir, dans tous les domaines : la rivalité stérile imposée à la région depuis 50 ans a trop fait de dégâts.

Le Sénégal, le Congo, le Ghana, l'Afrique du Sud, l'Égypte et la Côte d'Ivoire semblent aussi bien préparés et leur futur parcours est prometteur.

Les autres pays semblent un peu en dessous, notamment la Tunisie, qui nous a habitués à mieux, mais on n'est pas à l'abri d'une bonne surprise.

Le Qatar, l'Arabie saoudite et la Jordanie (surtout la Jordanie pour des raisons évidentes) seront également suivis par le public marocain, un public qui sera focalisé sur ses Lions de l'Atlas, avec un œil sur les sélections qui bénéficieront de sa sympathie, sportive ou politique.

Par Bargach Larbi.


Jeudi 11 Juin 2026

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