Le cuivre zambien veut briller à nouveau face à la RDC


Rédigé par PATRICIA GOMBO BOKI le Mercredi 18 Février 2026

La Zambie, ancien numéro un africain du cuivre, veut rattraper son retard sur la République démocratique du Congo (RDC) et vise une production record de 3 millions de tonnes par an d’ici 2031.



Un plan ambitieux pour relancer la production

Lundi 16 février 2026, Prospect Resources a levé 45 millions de dollars australiens (31,8 millions USD) pour le développement du projet de cuivre Mumbezhi. L’entreprise prévoit une étude de préfaisabilité d’ici le second semestre 2027, étape clé pour la construction d’une mine capable de booster la production nationale.
 
La production zambienne a déjà progressé de 8 % en 2025, atteignant 890 346 tonnes, mais reste loin derrière la RDC, qui a exporté 3,4 millions de tonnes la même année. La Zambie, qui avait dominé le marché africain jusqu’aux années 2010, cherche désormais à retrouver son lustre d’antan.
 
Réformes et investissements pour séduire les investisseurs
 
Depuis l’arrivée au pouvoir du président Hakainde Hichilema en 2021, le gouvernement zambien a mis en œuvre des réformes pour améliorer le climat des affaires dans le secteur minier. Ces mesures ont permis d’attirer 10 milliards de dollars d’investissements au cours des quatre dernières années.
 
Selon le ministre des Mines, Paul Kabuswe, ces fonds doivent soutenir l’extension des mines existantes, la relance de sites en difficulté et le développement de nouveaux projets. La moitié de l’objectif de 3 millions de tonnes devrait provenir de nouvelles découvertes, tandis que l’extension des mines existantes, plus rapide à mettre en œuvre, fournirait l’essentiel du surcroît de production.
 
Défis techniques et environnementaux
 
Pour réussir, la Zambie doit assurer une capacité de fonderie suffisante, une alimentation électrique stable et des procédures administratives fiables. L’exploitation des résidus miniers pourrait fournir 150 000 tonnes supplémentaires, tandis que la production artisanale contribuerait à hauteur de 50 000 tonnes par an d’ici 2030.
 
Le pays doit aussi composer avec des incidents comme l’effondrement d’un barrage de résidus miniers en février 2025, qui a suspendu les activités de Sino-Metals et contaminé la rivière Kafue. Les experts soulignent que la croissance ne doit pas se faire au détriment de l’environnement et de la santé publique.
 
Une ambition surveillée de près
 
La Zambie combine désormais volumes ambitieux et exigences de durabilité. L’atteinte des 3 millions de tonnes annuelles dépendra autant de l’efficacité technique et financière des projets que de la capacité du pays à gérer les impacts environnementaux. Les prochains mois seront déterminants pour confirmer si le pays peut retrouver sa place parmi les leaders mondiaux du cuivre.





Mercredi 18 Février 2026
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