Les importations de biens atteignent 126,41 MMDH, en progression de 1,9 % (+2,33 MMDH). La hausse est principalement tirée par les produits finis d’équipement (+14,5 % ou +3,99 MMDH), incluant les pièces pour avions et véhicules aériens (+1,12 MMDH), les voitures utilitaires (+1 MMDH) et les aéronefs (+846 millions DH).
Les produits finis de consommation augmentent de 9,3 % (+2,74 MMDH), notamment les pièces et voitures de tourisme, respectivement en hausse de 32,7 % et 29,5 %. Ces chiffres soulignent que, malgré un tissu industriel actif, le Maroc importe encore des biens que ses industries locales ne produisent pas en volume suffisant.
Du côté alimentaire, les importations reculent de 14,4 % (-2,37 MMDH), grâce à une baisse des achats de sucre, animaux vivants et dattes, tandis que ceux de blé augmentent légèrement. Cette évolution reflète une meilleure organisation de l’approvisionnement et un soutien à la production locale.
La facture énergétique diminue de 15,7 % (-2,89 MMDH), portée par la baisse des prix internationaux du gas‑oil et fuel‑oil (-16,2 %), malgré une hausse de 2,6 % des volumes importés. Ce recul offre un répit important pour un poste traditionnellement lourd des importations marocaines.
Côté exportations, le Maroc enregistre 74,84 MMDH, en hausse de 2 % (+1,48 MMDH). La branche automobile progresse de 10,3 %, portée par le câblage (+1,37 MMDH) et la construction automobile (+1,19 MMDH), bien que le powertrain marque un léger recul (-401 millions DH). L’aéronautique croît de 16,5 %, soutenue par l’assemblage (+780 millions DH), malgré un léger tassement du segment EWIS (-35 millions DH).
À l’inverse, les phosphates et dérivés voient leurs exportations chuter de 16,5 % (-1,89 MMDH), affectées par la baisse des ventes d’engrais naturels et chimiques (-1,49 MMDH) et d’acide phosphorique (-272 millions DH).
Dans les services, le Maroc tire parti du tourisme et des transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE). Les recettes touristiques s’élèvent à 21,38 MMDH, en hausse de 22,2 % (+3,88 MMDH), tandis que les dépenses de voyages reculent légèrement à 5,11 MMDH (-54 millions DH). Le solde voyages atteint ainsi +16,274 MMDH, en progression de 31,9 %, et les transferts MRE totalisent 18,54 MMDH, en hausse de 4,2 %.
Le déficit de 51,5 MMDH souligne les défis structurels de l’économie marocaine : forte demande intérieure, dépendance aux importations stratégiques et nécessité de renforcer la compétitivité à l’export. Pour transformer cette dynamique en levier de croissance, il faudra soutenir l’industrie locale, encourager la substitution aux importations, et développer l’innovation dans les secteurs porteurs comme l’automobile et l’aéronautique, tout en préservant l’ouverture sur les marchés internationaux.