Le grand retour des jeunes en politique


Par Marwane El Bouzdaini, Economiste et Auditeur.

Il est devenu presque banal de constater la distance qui s’est installée entre la jeunesse marocaine et la politique. Abstention, défiance, désengagement : autant de symptômes d’un malaise profond qui traverse les nouvelles générations.

Pourtant, derrière ce constat souvent répété, un mouvement plus discret mais bien réel s’opère : celui d’une réappropriation progressive de la politique, sous des formes renouvelées.



Car la jeunesse marocaine n’a jamais véritablement déserté le débat public. Elle l’a déplacé.

Marwane El Bouzdaini
Des mobilisations spontanées aux dynamiques numériques, en passant par les initiatives associatives ou les espaces de réflexion alternatifs, elle redessine les contours de l’engagement.

Le défi, pour les formations politiques, n’est donc plus seulement de mobiliser, mais de comprendre et d’accompagner ces nouvelles formes d’implication.

Dans ce contexte, plusieurs partis ont entrepris de repenser leur rapport aux jeunes.

Le Parti Authenticité et Modernité, à travers son initiative « Jeel 2030 », s’inscrit dans cette volonté de renouvellement en cherchant à structurer une offre politique en phase avec les attentes générationnelles.


Mais c’est du côté du Parti de l’Istiqlal que la démarche apparaît la plus aboutie.

En lançant la Charte du 11 janvier, véritable « contrat » avec la jeunesse, la formation dirigée par Nizar Baraka repositionne les jeunes non plus comme une cible électorale, mais comme des acteurs à part entière du projet politique.

Cette dynamique ne relève ni de l’effet d’annonce ni du simple registre communicationnel. Elle s’inscrit dans une architecture cohérente, articulée autour du « Mitaq Chabab » et de l’Académie de l’Istiqlal (Istiqlal Youth Academy), un espace structuré de réflexion, d’expression et d’action.

Les jeunes y débattent, élaborent des propositions de politiques publiques, portent des projets au service de leurs communautés et accèdent à des responsabilités réelles au sein des différentes structures du parti.
 

Le Parti de l’Istiqlal opère ainsi un changement de paradigme clair : passer d’une logique de transmission descendante à une logique de co-construction, où les jeunes ne sont plus considérés comme un public cible, mais comme des acteurs de la transformation démocratique.

À travers des dispositifs concrets de formation, d’encadrement et de responsabilisation, il structure, forme et intègre une nouvelle génération politique.

Ce choix stratégique traduit une transformation plus profonde : celle d’un parti historique qui assume pleinement sa modernisation sans renier son socle.

En affirmant que la jeunesse n’est pas seulement l’avenir mais une force d’action immédiate, Nizar Baraka inscrit clairement cette orientation dans une trajectoire nationale.

Car cette dynamique entre en parfaite résonance avec les orientations impulsées au plus haut niveau de l’État. La centralité de la jeunesse, sa montée en responsabilité et son intégration dans les dynamiques de développement constituent aujourd’hui des piliers de la vision portée par le Souverain.
 

Dès lors, la question n’est plus de savoir si la jeunesse doit participer à la vie politique, mais à quelles conditions cette participation devient crédible, utile et durable.

Entre initiatives de repositionnement et stratégies de fond, un tri naturel s’opère.

Le Parti de l’Istiqlal, lui, a fait le choix de la profondeur.

En structurant un véritable écosystème d’engagement, en investissant dans la formation et en assumant une logique de transmission, il répond à une exigence centrale : reconstruire un lien de confiance entre la jeunesse et la politique.
 

La jeunesse marocaine formule aujourd’hui à l’égard de la politique une exigence nouvelle : celle de cohérence, de crédibilité et d’efficacité, mais aussi d’une participation réelle à la définition des orientations et à la conduite de l’action publique.

Une exigence qui s’inscrit dans les formes renouvelées d’engagement observées ces dernières années, et qui traduit moins une rupture qu’une redéfinition des modalités de participation et des attentes à l’égard des acteurs politiques.

PAR MARWANE EL BOUZDAINI / HESPRESS.COM



Mardi 24 Mars 2026

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