Le plan Trump qui cherche à restructurer Gaza


Rédigé par La rédaction le Samedi 17 Janvier 2026

La Maison-Blanche a officialisé ce vendredi la formation d’un organe international de supervision baptisé “Board of Peace” (Conseil de paix), censé diriger la phase de transition après des années de conflit, appuyé par une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies (Résolution 2803). Ce conseil jouera un rôle stratégique dans l’application du plan de paix de Trump, un ensemble de 20 points ambitionnant la reconstruction, la stabilisation et l’administration temporaire de Gaza après la guerre.



Donald Trump lui-même se présente comme président du Conseil de paix, ce qui pose déjà des interrogations sur l’équilibre des pouvoirs entre Washington et les acteurs locaux ou régionaux.

 

Une composition controversée et internationale
 

La composition annoncée aujourd’hui du conseil exécutif fondateur mêle personnalités politiques, diplomates, financiers et conseillers. Parmi les noms confirmés figurent :

Marco Rubio, secrétaire d’État des États-Unis ;

Steve Witkoff, envoyé spécial de Trump pour le Moyen-Orient ;

Jared Kushner, conseiller proche et gendre de Trump ;

Sir Tony Blair, ancien Premier ministre britannique ;

Marc Rowan, chef d’un grand groupe financier ;

Ajay Banga, président de la Banque mondiale ;

Robert Gabriel, conseiller politique.


À côté de ce conseil exécutif, deux conseillers de haut rang, Ari Littstone et Josh Grunbaum, ont été nommés pour piloter la stratégie et l’opérationnel quotidien du conseil.
 

Cette configuration soulève des critiques stratégiques : la présence de figures américaines dominantes, un ancien dirigeant européen et des acteurs économiques privés suscite des questions sur l’équilibre entre intérêts internationaux et besoins réels de la population gazouie.
 
Rôles clés : stabilité, diplomatie et gouvernance locale  

Trois nominations supplémentaires ancrent ce dispositif dans la réalité sur le terrain :
 

Nikolay Mladenov est désigné « Représentant suprême pour Gaza », chargé de relier le Conseil de paix à l’administration locale et de superviser la coordination civil-sécurité. Ancien coordinateur spécial des Nations Unies pour le Proche-Orient, son profil est censé apporter une légitimité diplomatique.

Le général majeur Jasper Jeffers est nommé commandant de la Force internationale de stabilisation, une force multinationale mandatée par l’ONU pour aider la sécurité, la démilitarisation et l’ordre public dans la bande de Gaza.

À l’intérieur même de Gaza, une « Commission nationale palestinienne pour l’administration de Gaza » est créée, dirigée par Ali Shaath, un technocrate palestinien. Elle aura la charge des fonctions civiles quotidiennes (services publics, institutions, reconstruction), sous supervision internationale.


Un conseil exécutif élargi pour Gaza est également prévu, associant des représentants régionaux (Turquie, Égypte, Émirats arabes unis, UE) — une dimension qui tente d’équilibrer la domination américaine annoncée.
 
Impacts immédiats et réactions en chaîne  

L’annonce intervient deux jours après le lancement de la phase 2 du cessez-le-feu fragile entre Israël et le Hamas, et dans un contexte où la communauté internationale cherche à éviter une reprise des hostilités.
 

Plusieurs points de tension se dégagent d’emblée :
 

Légitimité politique : confier la supervision de Gaza à une structure dominée par des acteurs extérieurs — en particulier américains — est perçu par certains observateurs comme une forme d’administration temporaire à défaut de gouvernement palestinien souverain.

Critiques historiques : la présence de Tony Blair, liée à son rôle controversé en Irak, alimente le débat sur les modèles de reconstruction post-conflit et leur efficacité réelle.

Rapports de force régionaux : l’intégration d’États arabes et d’acteurs internationaux dans le Conseil de paix devra être validée par les parties locales pour éviter un rejet sur le terrain.


Cet ensemble de nominations et de structures crée un écosystème de gouvernance inédit pour Gaza, qui mêle supervision internationale directe, présence militaire multinationalement mandatée et administration technocratique palestinienne. Il reste à voir comment ces institutions fonctionneront simultanément et comment elles seront perçues par la population gazouie et les acteurs régionaux.

 





Samedi 17 Janvier 2026
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