Leïla Benali : le Maroc dispose de stocks de diesel suffisants pour 51 jours


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Jeudi 2 Avril 2026

Dans un contexte de tensions géopolitiques et de flambée des cours, Rabat assure la couverture énergétique à court terme tout en s’efforçant de protéger transporteurs et consommateurs.



La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leïla Benali, a confirmé cette semaine que le Royaume dispose de réserves de diesel couvrant 51 jours de consommation et 55 jours pour l’essence une marge jugée essentielle face aux perturbations internationales sur les marchés des hydrocarbures.
 

Cette annonce intervient alors que les prix du gasoil et de l’essence ont grimpé d’environ 30 % depuis fin février, sous l’effet d’une flambée des cours du pétrole liée aux tensions au Moyen‑Orient, notamment après les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran.
 

Pour de nombreux Marocains, les files d’attente devant certaines stations‑service ou les alertes ponctuelles de rupture montrent à quel point cette situation pèse sur la vie quotidienne. La hausse des prix à la pompe, bien que partiellement filtrée par des mécanismes de fixation bi‑mensuels, exerce une pression croissante sur les budgets des ménages.
 

Face à ces défis, le gouvernement a réintroduit des aides ciblées pour les transporteurs professionnels taxis, bus et camions  afin d’atténuer l’impact des hausses sur les coûts logistiques et sur les biens de première nécessité.
 

Le Maroc reste fortement dépendant des importations de carburants raffinés depuis la fermeture de sa seule raffinerie en 2015, ce qui rend toute volatilité des marchés internationaux particulièrement sensible pour l’économie nationale.
 

Outre les carburants, le pays a sécurisé ses approvisionnements en charbon et en gaz naturel jusqu’à fin juin, garantissant ainsi une certaine stabilité pour la production électrique et les industries consommant de l’énergie.
 

Sur le plan stratégique, les autorités insistent sur une diversification des sources d’approvisionnement, en s’ouvrant notamment à des flux depuis l’Europe et les États‑Unis, pour réduire les risques liés à la concentration des importations.
 

Alors que les marchés mondiaux restent sous pression et que le budget 2026 a été construit sur un baril autour de 60 $, bien en deçà des niveaux actuels, l’équation reste complexe. Le défi pour est désormais de transformer ces marges de sécurité en une résilience durable, qui protège à la fois l’économie nationale et le pouvoir d’achat des citoyens marocains.





Jeudi 2 Avril 2026
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