Leur atelier ne se limite plus à quelques mètres carrés.
Il s'étend désormais à un véritable atelier numérique accessible depuis le monde entier.
Ces plateformes leur permettent naturellement de faire connaître leur métier, d'attirer de nouveaux clients et, pour certains, de compléter leurs revenus lorsque leur communauté devient suffisamment importante.
Mais leur apport est bien plus profond. Elles rendent visible une connaissance longtemps restée invisible. Ce que transmettent ces artisans n'est pas seulement une succession de gestes.
C'est une connaissance tacite, acquise au fil des années par l'observation, l'expérience, les erreurs corrigées et le learning by doing. Une intelligence du geste que l'on retrouve dans de nombreux métiers d'art marocains.
Ces plateformes leur permettent naturellement de faire connaître leur métier, d'attirer de nouveaux clients et, pour certains, de compléter leurs revenus lorsque leur communauté devient suffisamment importante.
Mais leur apport est bien plus profond. Elles rendent visible une connaissance longtemps restée invisible. Ce que transmettent ces artisans n'est pas seulement une succession de gestes.
C'est une connaissance tacite, acquise au fil des années par l'observation, l'expérience, les erreurs corrigées et le learning by doing. Une intelligence du geste que l'on retrouve dans de nombreux métiers d'art marocains.
Pendant longtemps, cette richesse est restée enfermée dans les ateliers ou transmise oralement d'un Maâlam à son apprenti.
Aujourd'hui, une partie de cette mémoire est progressivement numérisée grâce aux contenus qu'ils publient eux-mêmes. Je plaide pour que cette connaissance soit considérée comme une ressource stratégique nationale.
Les gestes, les raisonnements, les choix esthétiques, les séquences de fabrication et les savoir-faire accumulés depuis des générations constituent un patrimoine que le Maroc aurait intérêt à préserver, structurer et valoriser.
Il devient nécessaire de réfléchir à la manière dont ces connaissances pourraient être documentées, organisées et, lorsque les artisans le souhaitent et en gardent la maîtrise, intégrées dans des outils d'intelligence artificielle capables d'aider à leur transmission et à leur préservation.
Les gestes, les raisonnements, les choix esthétiques, les séquences de fabrication et les savoir-faire accumulés depuis des générations constituent un patrimoine que le Maroc aurait intérêt à préserver, structurer et valoriser.
Il devient nécessaire de réfléchir à la manière dont ces connaissances pourraient être documentées, organisées et, lorsque les artisans le souhaitent et en gardent la maîtrise, intégrées dans des outils d'intelligence artificielle capables d'aider à leur transmission et à leur préservation.
J'appelle le ministère de la Culture, le ministère de l'Industrie et du Commerce, le ministère de l'Économie et des Finances, le secrétariat d'État chargé de l'Artisanat, la délégation chargée de la Transition numérique ainsi que l'ensemble des acteurs concernés à intégrer les Snahia et les Maâlam dans la stratégie numérique du Maroc.
L'inclusion numérique ne concerne pas uniquement les administrations, les entreprises ou les grandes écoles. Elle concerne aussi ceux qui créent de leurs mains une part essentielle de notre identité culturelle et économique.
La gouvernance numérique du Maroc ne devrait pas seulement s'appuyer sur les technologies importées. Elle devrait également s'appuyer sur les savoirs que notre pays possède déjà.
La gouvernance numérique du Maroc ne devrait pas seulement s'appuyer sur les technologies importées. Elle devrait également s'appuyer sur les savoirs que notre pays possède déjà.
Dans un monde où l'intelligence artificielle tend à uniformiser les productions, le Maroc dispose d'un avantage concurrentiel rare :
La richesse de ses savoir-faire artisanaux, de ses gestes, de ses motifs, de ses traditions et de ses Maâlam.
Notre stratégie ne devrait pas chercher à reproduire celle des grandes puissances numériques.
Elle devrait suivre une stratégie de niche, fondée sur ce qui nous distingue réellement.
Transformer les savoir-faire artisanaux en patrimoine numérique vivant, les préserver grâce aux technologies de l'IA, permettre aux artisans d'en rester les premiers bénéficiaires et faire de cette richesse un moteur de création de valeur représenterait une contribution originale du Maroc à l'économie mondiale de l'intelligence artificielle.
Notre stratégie ne devrait pas chercher à reproduire celle des grandes puissances numériques.
Elle devrait suivre une stratégie de niche, fondée sur ce qui nous distingue réellement.
Transformer les savoir-faire artisanaux en patrimoine numérique vivant, les préserver grâce aux technologies de l'IA, permettre aux artisans d'en rester les premiers bénéficiaires et faire de cette richesse un moteur de création de valeur représenterait une contribution originale du Maroc à l'économie mondiale de l'intelligence artificielle.
L'avenir de l'IA ne se construira pas uniquement dans les centres de calcul ou les laboratoires de recherche.
Il se construit aussi dans les ateliers des Snahia, là où des générations d'artisans ont accumulé une intelligence du geste qu'aucun algorithme ne peut inventer seul. C'est peut-être là que se trouve l'une des véritables singularités du Maroc à l'ère de l'intelligence artificielle.