Les années 2020 resteront dans les annales comme une décennie d'opportunités gâchées

Quid des perspectives économiques ?


Rédigé par Noureddine Batije le Mardi 23 Janvier 2024



Qu’en est-il des perspectives économiques mondiales ? Quelles attitudes adopter pour en tirer pleinement profit ?

Quoique de manière, relativement, différenciée, ce genre d’interrogation se pose avec acuité un peu partout dans un monde imprégné de fragilité économique presque généralisée.

Chaque espace économique tente d’y répondre en puisant ses éléments de réponse de ses propres calculs, anticipations et capacités de façonner ou de subir le reste du monde.

Le tout est, bien évidemment, sous-tendu par la survenue ou pas d’un certain nombre d'hypothèses afférentes au sens d'évolution de facteurs endogènes pour les uns, exogènes pour les autres.

Ce qui, quelque part, renseigne sur le poids du tribut du contexte fortement mouvementé d’aujourd’hui et de l’amplitude de l’incertitude qui y règne depuis un certain temps déjà.

La récurrence de chocs économiques et géopolitiques, les retombées du resserrement des politiques monétaires, l'escalade de la dette, la poursuite de pressions inflationnistes, la contraction des ressources budgétaires sont autant de risques baissiers inhibant les éventuels développements de demain. 

De l’avis, de nombreux experts, la persistance de l’incertitude devrait, d’une manière ou d’une autre, brider le rythme de croissance escompté et creuser de grandes disparités.

Déjà, à l’écriture de ces lignes, le dernier Global Trade Update de la CNUCED note, outre la recrudescence de mesures non-tarifaires, une certaine tendance à la hausse du "friendshoring " manifesté par le biais des préférences pour des partenaires commerciaux politiquement alignés.

Au lendemain de la publication de ce Global Trade Update, le FMI avait procédé à l’approbation d’une augmentation de 50 % des quotes-parts affectés aux pays au prorata de leurs quotes-parts actuelles.

Et ce, dans la perspective de préserver la stabilité financière mondiale en permettant à cette institution de se doter de plus de ressources permanentes, de devenir moins tributaires de l’emprunt et de répondre aux éventuels besoins de ses pays membres dans un monde qu’elle qualifie d’incertain et en proie à de multiples chocs.

Déjà, une deadline, les pays membres sont tenus de franchir rapidement cette étape, avant la date limite du 15 novembre 2024. Sachant que dans de nombreux cas, cette décision est du ressort du pouvoir législatif.
En attendant, la Banque mondiale livre, ses toutes dernières Perspectives économiques mondiales et signifie, à cet effet, qu’"alors que le monde est à mi-parcours de ce qui devait être une décennie décisive pour le développement, son économie devrait enregistrer un triste record d'ici fin 2024". 

Outre les tensions géopolitiques croissantes engendrant de nouveaux risques à court terme, cette institution met en cause le ralentissement de la croissance dans la plupart des grandes économies, l'atonie du commerce mondial et les conditions financières les plus restrictives depuis des décennies.

Le tout ferait que le taux de croissance projeté à 2,4 % en 2024 consacrerait la troisième année consécutive de ralentissement de l'économie mondiale.

Et c’est sans nul doute, ce qui fait dire à Indermit Gill, économiste en chef et Premier vice-président du Groupe de la Banque mondiale que "faute d'un changement de cap majeur, les années 2020 resteront dans les annales comme une décennie d'opportunités gâchées. "

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Mardi 23 Janvier 2024
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