Monsieur Boualem Sansal,
La lettre que vous avez adressée aux Marocains mérite une réponse. Non pour vous donner la réplique, mais pour prendre part au dialogue que vous appelez de vos vœux.
J'ai lu avec beaucoup d'attention votre « Lettre aux Marocains ». Au-delà de l'émotion qu'elle suscite, elle invite à une réflexion profonde sur notre histoire, notre avenir et la responsabilité qui incombe à chacun de nous.
En tant que Marocain, je tiens à vous remercier pour ces mots empreints de lucidité et d'espérance. Ils rappellent une vérité simple : nos peuples ont une histoire plus ancienne que leurs différends, une culture plus forte que leurs divisions et un destin qui gagnerait à être partagé plutôt qu'opposé.
Vous avez eu le courage de distinguer le peuple algérien du régime qui le gouverne. Cette distinction est essentielle. Les Marocains n'ont jamais confondu leurs frères algériens avec les choix de ceux qui parlent en leur nom. Nos liens sont tissés de familles, de souvenirs, de langue, de musique, de littérature et d'une histoire commune qui résiste aux crises diplomatiques.
Votre appel au dialogue mérite d'être entendu. Mais un dialogue véritable suppose aussi le courage de regarder les faits en face, de reconnaître les blessures infligées, les occasions perdues et les responsabilités de chacun. La réconciliation ne peut être le fruit de l'oubli ; elle naît de la vérité, de la justice et du respect mutuel.
Vous écrivez que « les gouvernements passent, les peuples demeurent ». Cette pensée résume peut-être le mieux l'espérance maghrébine. Les générations futures nous jugeront moins sur nos querelles que sur notre capacité à leur transmettre un Maghreb ouvert, prospère et apaisé.
Votre parcours personnel, marqué par l'épreuve de la prison puis de l'exil, donne à vos paroles une force particulière. Elles ne sont pas celles d'un observateur lointain, mais d'un homme qui a payé le prix de sa liberté de conscience. Cela impose le respect, même lorsque le débat conduit à des désaccords.
Le Maroc vous accueillera, j'en suis convaincu, avec cette hospitalité qui fait partie de son identité. Vous y trouverez des lecteurs prêts à débattre, à vous contredire parfois, mais toujours à échanger librement. C'est ainsi que vivent les idées.
Puissent votre voix et celles de tous les hommes libres contribuer à rapprocher les consciences, là où les calculs politiques ont trop souvent éloigné les peuples.
Vous avez choisi d'ouvrir une conversation. J'espère que d'autres voix, des deux côtés de la frontière, s'y joindront.
Les peuples du Maghreb ont davantage à gagner en s'écoutant qu'en se tournant le dos.
Avec considération et fraternité.
Bouznika, le 23 juillet 2026
Rida Lamrini
J'ai lu avec beaucoup d'attention votre « Lettre aux Marocains ». Au-delà de l'émotion qu'elle suscite, elle invite à une réflexion profonde sur notre histoire, notre avenir et la responsabilité qui incombe à chacun de nous.
En tant que Marocain, je tiens à vous remercier pour ces mots empreints de lucidité et d'espérance. Ils rappellent une vérité simple : nos peuples ont une histoire plus ancienne que leurs différends, une culture plus forte que leurs divisions et un destin qui gagnerait à être partagé plutôt qu'opposé.
Vous avez eu le courage de distinguer le peuple algérien du régime qui le gouverne. Cette distinction est essentielle. Les Marocains n'ont jamais confondu leurs frères algériens avec les choix de ceux qui parlent en leur nom. Nos liens sont tissés de familles, de souvenirs, de langue, de musique, de littérature et d'une histoire commune qui résiste aux crises diplomatiques.
Votre appel au dialogue mérite d'être entendu. Mais un dialogue véritable suppose aussi le courage de regarder les faits en face, de reconnaître les blessures infligées, les occasions perdues et les responsabilités de chacun. La réconciliation ne peut être le fruit de l'oubli ; elle naît de la vérité, de la justice et du respect mutuel.
Vous écrivez que « les gouvernements passent, les peuples demeurent ». Cette pensée résume peut-être le mieux l'espérance maghrébine. Les générations futures nous jugeront moins sur nos querelles que sur notre capacité à leur transmettre un Maghreb ouvert, prospère et apaisé.
Votre parcours personnel, marqué par l'épreuve de la prison puis de l'exil, donne à vos paroles une force particulière. Elles ne sont pas celles d'un observateur lointain, mais d'un homme qui a payé le prix de sa liberté de conscience. Cela impose le respect, même lorsque le débat conduit à des désaccords.
Le Maroc vous accueillera, j'en suis convaincu, avec cette hospitalité qui fait partie de son identité. Vous y trouverez des lecteurs prêts à débattre, à vous contredire parfois, mais toujours à échanger librement. C'est ainsi que vivent les idées.
Puissent votre voix et celles de tous les hommes libres contribuer à rapprocher les consciences, là où les calculs politiques ont trop souvent éloigné les peuples.
Vous avez choisi d'ouvrir une conversation. J'espère que d'autres voix, des deux côtés de la frontière, s'y joindront.
Les peuples du Maghreb ont davantage à gagner en s'écoutant qu'en se tournant le dos.
Avec considération et fraternité.
Bouznika, le 23 juillet 2026
Rida Lamrini