Liquidité bancaire au Maroc : le marché monétaire maintient son équilibre sous l’impulsion de Bank Al-Maghrib


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Lundi 19 Janvier 2026

Durant la semaine du 12 au 16 janvier, le marché monétaire marocain a affiché une stabilité apparente. Mais sous cette surface lisse, se dessine un tableau nuancé où la banque centrale, Bank Al-Maghrib (BAM), navigue entre soutien aux banques et tentatives de normalisation de la liquidité. Une dynamique qui mérite qu’on s’y attarde, tant pour les investisseurs que pour le citoyen lambda, affecté à terme par la liquidité, les taux et l’accès au crédit.



La Banque centrale a maintenu, selon Attijari Global Research, son soutien au marché monétaire en injectant de la liquidité centrale à travers des avances à court terme. Les sommes allouées à l’opération dite des avances à 7 jours ont augmenté de manière sensible, passant de niveaux déjà élevés à 57,8 milliards de dirhams. Ce chiffre, significatif, traduit la persistance d’un besoin structurel de liquidité dans le système bancaire marocain. Parallèlement, l’intervention globale de BAM — qui regroupe l’ensemble de ses opérations de refinancement — s’est stabilisée à 90,0 milliards de dirhams pour la cinquième semaine consécutive, portant le cumul total des injections à 147,8 milliards de dirhams. Ces montants confirment que la banque centrale joue, encore et toujours, un rôle de pivot pour assurer le bon fonctionnement du marché monétaire.

Taux interbancaires et MONIA : une stabilité trompeuse ?

Sur le marché interbancaire, les taux restent calés sur les niveaux de référence. Le taux interbancaire s’est maintenu autour de 2,25%, aligné sur le taux directeur de la BAM, qui n’a pas bougé ces derniers mois dans un contexte de politique monétaire prudente et d’inflation encore sous contrôle. Le MONIA (Moroccan Overnight Index Average), indice clé des transactions de financement au jour le jour, s’est stabilisé à 2,24% au cours de la même période. Cette stabilité des taux reflète une situation où les banques, malgré des besoins de liquidité persistants, trouvent encore un accès relativement aisé au financement à court terme.
 

Cependant, cette apparente tranquillité ne doit pas masquer certaines tensions. Par exemple, d’autres sources récentes montrent que le déficit de liquidité bancaire moyen s’est allégé mais reste très élevé autour de 135 à 140 milliards de dirhams, selon différentes estimations pour des périodes proches de janvier. Ce niveau reste nettement supérieur à ce qu’il était il y a quelques années et continue d’influencer les décisions de la banque centrale et des acteurs privés sur le financement, le crédit et les taux d’intérêt sur l’ensemble de l’économie marocaine.


Placements du Trésor : un flux en forte hausse

Un autre point saillant de cette semaine est le comportement du Trésor public sur le marché monétaire. Les placements des excédents du Trésor, par le biais d’opérations de pension livrée ou à blanc, ont plus que doublé par rapport à la semaine précédente, atteignant 8,6 milliards de dirhams contre 4,0 milliards auparavant. Ce mouvement indique que l’État, au moment où il gère ses propres excédents de trésorerie, devient un acteur plus actif sur le marché des liquidités. Cela peut refléter une meilleure planification budgétaire, mais aussi une adaptation aux conditions financières plus serrées.

 

En définitive, ce tableau riche en chiffres et en signaux indique que le marché monétaire marocain n’est pas en crise, mais loin d’être complètement normalisé. La stabilité des taux masque encore des besoins structurels importants de liquidité et une forte présence de Bank Al-Maghrib dans l’ajustement des flux monétaires. Pour les entreprises, les banques et les ménages marocains, cela signifie que si l’accès au crédit reste relativement stable aujourd’hui, les défis de fond notamment la réduction progressive du déficit de liquidité bancaire continuent d’influencer l’environnement financier national.





Lundi 19 Janvier 2026
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